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dimanche 5 février 2023

Sur le chemin d'Hélène Dutrieu, en passant par Barcelone

Peinture de Sol Vidal Massaguer
Sol Vidal est une artiste peintre catalane. En 2019,  elle s’est penchée fortuitement sur l’histoire de deux jeunes frères mécaniciens, Virgil et Josep Novell qui ont travaillé dans les ateliers Farman.

Elle retrouve toute une correspondance et des cartes postales dans une boite appartenant à son mari décédé. Des documents qui retracent l'époque des pionniers de l’aéronautique et du développement de cette  industrie nouvelle. Toute une ambiance de travail entre 1909 à 1914 qui ressuscite.

Sol Vidal Massaguer s’est immergée dans cette atmosphère de l'aviation et la vie de ces jeunes. Des travaux mis en relief, de leurs essais concluants et non concluants, de la construction des moteurs,  des hélices, et leurs participations aux  Concours aériens.

C’est la vie d’une équipe Farman avec leurs défis, leurs angoisses et cette volonté de vaincre et de voler. Les frères Novell sont revenus en Espagne, hâte de transmettre leur savoir à leurs concitoyens, à tel point qu'une commission a été formée pour la construction d'un aérodrome à Manresa mais qui n'a pas pu voir le jour.

A partir de ces documents, nous avons, en 2019, monté une vidéo en version espagnole qui a été projetée au Musée de l’air de Barcelone en 2020 ainsi qu’au centre culturel de Mansera en 2022. (Les liens sont ci-dessous.)

En 2023, nous les publions au travers d’une vidéo en version française. Ce sera notre introduction au prochain, celle d’une grande pionnière : Hélène Dutrieu, car il s’est avéré que les frères Novell étaient les mécaniciens de l’égérie de Farman. Représentante de la marque, Hélène Dutrieu a sillonné les continents et marqué de son empreinte, le monde de l’aviation.


       



Articles associés :

Avec Sol Vidal Massaguer, embarquement pour un voyage talentueux, dans le temps   2019



mardi 22 mars 2022

Ils avaient des ailes pour voler

Centre culturel "El Casino"
Manresa - Barcelone
Le centre culturel « El Casino » de Manresa à Barcelone, accueillera du 25 mars au 18 avril l’exposition « Ils avaient des ailes pour voler »  réalisée par l’artiste peintre Sol Vidal Massaguer.

Une exposition qui a inauguré l’ouverture au Parc Aeronàutic de Catalunya (Barcelone) en 2021.

Cette exposition c’est le cheminement des cartes postales et des diverses correspondances des frères Novell à leurs parents à Barcelone et en Angleterre. Des photos remises à Aeriastory, par Sol Vidal, artiste peintre catalane. Une collection qui dévoile les prémisses de l’aviation en péninsule Ibérique. Un engouement pour cette industrie en Catalogne alors que les Madrilènes y démontraient un grand scepticisme.  Une histoire qui prend ses sources en Ile de France et à Toussus le Noble.

Affiche de l'Exposition Sol Vidal
avec logo d'Aériastory
C’est l’époque des merveilleuses machines et de ces fous volants dont comptaient aussi des femmes. 
Pour citer la belge Hélène Dutrieu, jeune sportive, championne cycliste, motocycliste et automobile de classe internationale. Pilote d’essai elle devint l’image de Farman. Elle fut détentrice du premier brevet féminin attribué en Belgique; deuxième aviatrice au niveau mondial, Infirmière et ambulancière volontaire pendant la première guerre mondiale, Journaliste et administratrice de publications éditées en France, honorée de plusieurs distinctions belges et françaises, titulaire de la Croix d’officier de la Légion d’Honneur, membre associée fondatrice des Vieilles Tiges belges. Décédée à Paris le 26 juin 1961, c’était la pilote d’essai chevronnée et l’Image des avions Farman.
Les frères Novell l’accompagnèrent dans ses tournées mondiales et ses compétitions aériennes. Ils racontent leurs quotidiens en acteurs de leur époque.

Sol Vidal, inspirée des cartes de Virgil et Joseph Novell, s'y imprègne, s'attache et façonne ses œuvres. Elle les présente, cette année à son exposition thématique au centre culturel « El Casino » de Manresa.

vendredi 11 juin 2021

Des ailes pour voler

Suite de l'article précédent, avec les frères Novell, nos premiers pilotes Catalans formés chez Farman.

L'artiste peintre Sol Vidal propose ses œuvres et continue son développement, autour d'une nouvelle exposition thématique "Des ailes pour voler" appuyée par la projection de la vidéo réalisée par Aeriastory sur les frères Novell.

Une exposition qui a eu lieu aux Archives Régionales d'Anoia Igualda, en Espagne, durant le mois de Mai.
Elle sera programmée au "Casino" de Manresa pour l'année prochaine.

L'association Aeriastory est fière et heureuse de prendre part et de contribuer à cette évolution artistique autour d'une promotion culturelle aéronautique. 

lien à l'article : Sol Vidal Massaguer




mardi 1 juin 2021

Les premiers vols, Toussus et Farman, testés par des Catalans, les frères Novell

Virgil Novell et son équipe, chez Farman
à Toussus le Noble
L'histoire commence quand, en 2018, la Catalane, Sol Vidal rend visite au Centre Cultural Aeronàutic. C’est le musée de l’aviation que la Fundació Parc Aeronàutic de Catalunya a inauguré à l’aéroport de Barcelone.

Elle informe les responsables, être en possession de cartes postales de 1909 à 1914 rédigées par deux frères catalans à leur oncle. Ils écrivent avoir été pilotes et ont travaillé dans des ateliers de fabrication d’avions en France.
Quand à Sol Vidal, elle se présente comme artiste-peintre, ayant une vague connaissance de l’histoire de l’aviation et se demandait si ces cartes postales et cette correspondance auraient un intérêt pour la Fondation. 

En 1909, aucun aéroplane n’avait volé encore en Espagne. Des essais sans succès avaient été réalisés mais il faudra attendre l’année suivante quand le pilote français Julien Mamet sur un Blériot XI vola à Barcelone.

Quand aux frères catalans Virgilio et Joseph Novell, dont il était question, ils n'étaient évoqués que brièvement dans le livre "Història de l’Aviació Catalana" de Josep Canudas, comme ayant travaillé aux ateliers de Farman, Lioré et Caillaux entre 1909 et 1914.

Virgil Novell
Construction d'un avion Grégoire - 1909
Leur première carte postale, remise par Sol Vidal,  date  du 16 d’octobre de 1909, envoyée par Virgilio à son oncle à Barcelone. On le voit au côté d’un aéroplane Grégoire GYP en construction. Il travaille dans un atelier qui vient d’ouvrir à Suresnes et construit des aéroplanes. Il en est maintenant à son troisième.

Il a de bonnes rentrées et se prépare en vue de «l’Exposition ».  
Très vraisemblablement, il s’agirait du 1er Salon de la Locomotion Aérienne au Grand Palais à Paris.

Virgil aurait trouvé du travail chez le constructeur Grégoire, probablement au travers d’un contact avec cette société à Barcelone. Grégoire y vendait ses voitures et moteurs.

Une autre carte  du 17 décembre, informe qu’ils font souvent des vols d'essais. En effet, à cette époque les mécaniciens testaient les avions comme le font les mécaniciens d’automobiles, lors des réparations de voitures.
Il a pu faire embaucher son frère Joseph à l’atelier, qui se rend en France de suite.  

12 mai 1910 :  Virgil envoie une carte-photo de Courbevoie dans laquelle les deux frères sont présents. Ils ont déjeuné avec des mécaniciens de Blériot. 
Jan Olieslagers (1) et toute l’équipe transmettent leurs salutations. II est aussi, mention de Poillot.

Lors de la Semaine de l’Aviation à Barcelone, du 1er au 8 mai, Jean Oslieslagers (1)  gagna plusieurs prix. Y ont participé Louis Blériot,  Jacques de Lesseps (2) et Poillot (3) .

Sans nul doute, les frères Novell étaient connus par le gratin des aviateurs. 

En 1911 les frères Novell travaillent chez Farman. 
Sur un aéroplane H.Farman III,  la belge Hélène Dutrieu entame exhibitions et compétitions. A Barcelone, c’est la première femme pilote, avec aussi premier vol avec passager. Hélène Dutrieu (4), pilote d’essais, devient l’image de Farman. 
Virgil et un autre mécanicien la suivent partout, avec un camion de pièces de rechange pour assurer maintenances et services.

Hélène Dutrieu
Toile de Sol Vidal Massaguer
Compétitions aériennes à Florence du 7 au 14 de mai. le 14, Dutrieu gagne la Copa del Re, une course de vitesse et d’endurance, en compétition avec Védrines (5) et Tabuteau (6), deux des grands aviateurs du moment. Virgilio est là.

Le 27 mai Virgilio est en tournée en Italie, pour vendre des aéroplanes Farman au gouvernement italien.

Puis le 25 juin il envoie une carte de Gröningen (Allemagne). Des compétitions ont lieu et où a participé Hélène Dutrieu. Virgilio rate un atterrissage. 

Le 19 juillet, il est à Roubaix, le 28 à Cherbourg où il fait quelques vols de démonstrations à la Marine.

Par celle du 23 octobre il se trouve à bord du transatlantique Chicago. Il revient des États-Unis avec Hélène Dutrieu qui y a fait un tour de compétitions et présentations commerciales des avions Farman. Elle gagne la coupe Femina et á Nassau Boulevard, le prix de résistance féminine. 

Toile de Sol Vidal Massaguer

Fin 1911 Virgilio envoie une carte postale de Mourmelon, il travaille beaucoup pour des avions à livrer aux italiens, en guerre en Afrique du Nord.

3 mars 1912,  Virgilio envoie une carte-photo prise à l’atelier Farman de Toussus le Noble. Il est en cravate, avec son frère et des mécaniciens. Il est chef d’une équipe de douze mécaniciens.

Il envoie des cartes de différents lieux et voyage beaucoup. Verdun, Angleterre, Montpellier, Vienne, Bordeaux… il livre des avions et fait de vols de promotions et démonstrations.

Sa carte avec la photo d’un aéroplane est celle d'un Farman MF7. Cet avion sera acheté par l’armée espagnole et sera utilisé à la guerre au Maroc. Au cours de la Grande Guerre, le Farman MF7 sera aussi fabriqué sous licence, en Espagne.

Les voyages de Virgilio se suivent, le Royaume-Uni, Lyon, Verdun, Montpellier, Bar-le Duc, et selon une carte de son frère Joseph, Bucarest, la Serbie, Budapest.

1913 est l’année des hydravions. La guerre est aux portes.

Le 5 mars des manœuvres militaires ont lieu à Bordeaux, quelques jours après il est à Shermess au Royaume-Uni où il fait quelques essais sur hydravion.

A Monaco lors d’une présentation et à l’amerrissage, un coup de vent l’envoie à l’eau. Il a failli mourir. La frayeur de sa vie.

Mourmelon
Toile de Sol Vida Massaguer

Le 12 juin 1913  Virgilio envoi une carte de Mailly le Camp où un Farman MF7 est stationné. Certains jours dans ce camp on peut voir évoluer plus de vingt avions en même temps.

A la fin de l’année il est a Boulogne sur Mer et préparant cinq hydravions équipés de télégraphie sans fis pour l’armée du Royaume-Uni. Ils seront livrés par air.

1914, début de Guerre. Sa dernière carte postale celle de la Tour Eiffel. Les deux frères reviennent à leur ville natale de Manresa, au nord de Barcelone. Ils ouvrent un atelier de carrosserie de voitures, camions et bus, leur séjour en France ne sera plus qu’un beau souvenir.

Sol Vidal, notre peintre aéronautique, de ces cartes postales et de cette correspondance, elle en a fait des jolis tableaux, peignant l’air du monde, des frères Novell.

Nous avons eu l'occasion, en 2020 d'en faire une vidéo en Catalan, envoyée à la Fondation. Une version française sera disponible sous peu.

Texte de Jaume Alonso – traduction de sa conférence "Els primers vols"

Lien pour l'article de référence du 18 mai 2020
Fundació Parc Aeronàutic de Catalunya


(1) Jan Olieslagers (4 mai 18831 à Anvers - 23 mars 1942 à Anvers) était un as de l'aviation belge de la Première Guerre mondiale, un pionnier de moto. Dans sa jeunesse, il se passionne pour le vélo et devient coureur cycliste, puis passe à la moto et accumule les records, premier à passer les 100 km en une heure, champion du monde en 1902. Il  gagna plusieurs prix lors de la deuxième édition de la Grande Semaine d'aviation de la Champagne en 1910.

(2) Jacques de Lesseps est un pionnier français de l'aviation, né le 5 juillet 1883 à Paris, mort dans le Saint-Laurent le 18 octobre 1927. Il était le fils de Ferdinand de Lesseps, le diplomate qui fit creuser le canal de Suez. il devint le deuxième pilote (près d'un an après Blériot, 25 juillet 1909) à traverser la Manche (Les Baraques - Sainte-Margaret) avec un appareil de type monoplan Blériot, préparé par l'ingénieur Léon Lemartin.  Peu après, il gagna l'Amérique du Nord et devint le premier pilote à survoler Montréal (le 2 juillet 1910), puis Toronto (le 13 juillet).

(3) Edmond Poillot naît le 28 janvier 1888   il débute à L’Auto, dans le journalisme sportif Il y était fort bien préparé par sa connaissance pratique de presque tous les sports. Bon cavalier, fleurettiste entraîné, il avait fait aussi de l’aviron, du tennis, du patinage.
Il est surtout excellent boxeur et représente plusieurs fois la France dans des compétitions internationales de boxeurs amateurs. Les sports mécaniques l’attirent et, après s’être occupé de yachting automobile, il se voit confier la rubrique aéronautique de L’Auto. Il collabore aussi à La Vie au grand air et à L'Aérophile.
Une courte envolée en qualité de passager avec Louis Blériot le décide à abandonner le journalisme et à devenir aviateur à son tour. En 1909 il effectue ses premiers vols au camp de Châlons sur un biplan Voisin. En 1910 il quitte le journal l’Auto pour faire son apprentissage à l’école de pilotage Voisin de Mourmelon (Marne).
Au printemps 1910 il effectue pendant deux mois une série d’exhibitions publiques en Espagne, en particulier à Barcelone le 28 mars et au Portugal. Le 6 août 1910 il est engagé par Robert Savary pour diriger son école de pilotage à Chartres (Eure-et-Loir).

(4) Hélène Dutrieu , née à Tournai le 10 juillet 1877. Jeune sportive, championne cycliste, motocycliste et automobile de classe internationale. Pilote d’avion, détentrice du premier brevet féminin attribué en Belgique; deuxième aviatrice au niveau mondial. Infirmière et ambulancière volontaire pendant la première guerre mondiale. Journaliste et administratrice de publications éditées en France. Honorée de plusieurs distinctions belges et françaises. Titulaire de la Croix d’officier de la Légion d’Honneur. Membre associée fondatrice des Vieilles Tiges belges. Membre d’honneur à titre posthume de la Société royale Les Vieilles Tiges de l’Aviation belge. Décédée à Paris le 26 juin 1961.

(5) Jules Védrines est un personnage à la fois inclassable et pourtant très caractéristique des débuts de l’aviation. Né à Saint-Denis en 1881, il obtient non sans mal un brevet de pilote en 1910. Cette discipline nouvelle, en plein essor, correspondait aux attentes d’un personnage comme Védrines, sportif et aventurier, gouailleur et persévérant. Entre 1910 et 1914, il participe aux grandes courses aériennes en France puis en Europe. En 1912, il participe pour la première fois à la course Paris-Madrid, qu’il remporte en terminant seul concurrent. L’année suivante, il part aux Etats-Unis conquérir pour la France la coupe de vitesse Godron Bennet. En 1913, enfin, il effectue plusieurs raids en Europe centrale puis un Paris-Le Caire. Védrines est une immense vedette de l’aviation d’avant-guerre, qui déplace des dizaines de milliers de personnes lorsqu’il est annoncé sur un terrain. Mobilisé en 1914 dans la nouvelle armée aérienne, ses talents vont lui permettre de développer de nouvelles pratiques aériennes.

(6) Maurice Tabuteau est né à Paris dans une famille aisée Après des études classiques il entre à l’Ecole Supérieure d’Electricité, mais d’un caractère indépendant et bien trempé, passionné de sports et de compétition il quitte rapidement l’Ecole pour entrer dans la société Griffon comme metteur au point et essayeur de motocyclettes.

Très familier du milieu de la construction automobile en pleine expansion on le retrouve Directeur Technique des taxis de Dion Bouton, puis concessionnaire des carburateurs J.R.A., qui deviendront les carburateurs Solex. Mais sa passion des sports mécaniques va l’amener tout naturellement vers l’Aviation. Pour apprendre à piloter il fallait à l’époque posséder l’appareil, et comme cela était très coûteux Maurice Tabuteau s’associa en avril 1909 avec Frank Barra pour faire l’acquisition d’un aéroplane « Maurice FARMAN » à moteur Renault.

Après un vol d’essai comme passager fin 1909 la commande est confirmée le 9 février 1910.  Engagé dès août 1910 pour la semaine d’aviation de Biarritz - Bayonne Maurice Tabuteau y gagne de nombreux prix et beaucoup d’argent même s’il casse son moteur. Le moteur changé il s’inscrit fin septembre au meeting de San Sebastian et, contrairement aux autres participants qui y emmènent leur machine par voie terrestre, lui rallie en vol le 28 septembre 1910 Biarritz à San Sebastian où il se pose devant le roi et la reine d’Espagne réalisant la première liaison aérienne France-Espagne.

 



lundi 18 mai 2020

Els Primers Vols


Sol Vidal Massaguer dans son atelier 🔍
 Après le Centenaire de l’aviation civile c'est avec l’artiste peintre Sol Vidal Massaguer,que nous nous dirigerons en 2021 vers le Parc Aeronàutic de Catalunya (Barcelone), pour une exposition de 2020 retardée, pandémie covid-19 oblige.
Le partage, en 2019, des cartes postales et des diverses correspondances des frères Novell et de leurs parents à Barcelone et en Angleterre, remises par Sol Vidal, nous ont dévoilé les prémisses de l’aviation en Espagne et son engouement en Catalogne alors que les Madrilènes démontraient un grand scepticisme à cette nouvelle industrie.

C'est cette main d'oeuvre que nous avions souhaité honorer dans l’un de nos 17 panneaux du Centenaire.
En mai 2021, à Barcelone, nous nous attarderons sur ces échanges de correspondance et sur les débuts de l’aviation en Espagne. Une page de l’histoire de l’immigration en France et les besoins d'une main-d’œuvre à ces industries naissantes. 
Principalement mineurs ou ouvriers du textile au XIXe S, les ouvriers espagnols intègrent l’industrie française au début du XXe siècle.  Cette immigration, au départ frontalière, est principalement employée aux secteurs d’activité liés à la première révolution industrielle. Des centaines de milliers d’Espagnols émigrèrent en France à la recherche de meilleures conditions de vie. Beaucoup intégrèrent les nouvelles industries, dans un élan euphorique, afin de construire ces machines volantes, des "plus lourds que l’air".

Affiche de Sol Vidal Massaguer 2021 🔍
L’artiste peintre Sol Vidal Massaguer, résidente à Barcelone, avait trouvé dans le grenier de sa famille, de vieilles boîtes de cartes postales et toute une correspondance de l’époque. Elle découvre ainsi l’histoire de deux jeunes mécaniciens devenus pilotes d'essais, Virgil et Josep Novell  Pujol.
Ils ont travaillé en France, dans les ateliers Farman de 1909 à 1914. 

    Réalisation Sol Vidal Massaguer 🔍
C’est l’époque des pionniers de l’aéronautique. 
Elle se passionne pour leurs histoires et nous les fait partager.

C'est une immersion dans leur vie et leurs travaux, dans la construction des moteurs, des hélices et des différentes pièces destinées à ces machines volantes.

Une correspondance dans laquelle ils dévoilent leur expertise de mécaniciens qui les conduit à devenir pilotes d’essais et instructeurs ; de participer à des Grands Concours aériens en France et en Europe, et de partager leur passion. Des échanges qui redonnent vie et dessine l'ambiance dans laquelle ont baigné  ces jeunes pilotes. 

A leur retour au pays, enthousiastes, ils ont voulu transmettre leur savoir et construire un aérodrome à Manresa (Espagne).

Un projet qui n’a pas abouti avec la Grande Guerre à la porte du Monde. 
Réalisation Sol Vidal Massaguer 🔍

Leurs noms sont cependant restés dans l’Histoire de l’aviation Catalane. Un sujet que développera Jaume Alonso Morejón lors d'une conférence au musée du Parc Aeronàutic de Catalunya (FPAC).
Des photos remises par Sol Vidal Massaguer ont été utilisées lors de notre exposition Farman du centenaire de l’aviation civile et commerciale en 2019.

L'association Aeriastory sera heureuse et fière de continuer sur ce chemin avec Sol Vidal Massaguer  et ses partenaires, où l'Histoire sera aussi en étroite connivence avec l'Art.

C'est pour Aeriastory une porte qui s'ouvre au Parc Aéronautique Catalan et dont nous vous tiendrons au courant.

vendredi 8 mars 2019

Avec Sol Vidal Massaguer, embarquement pour un voyage talentueux, dans le temps


Tableau de Sol Vidal Massaguer - Barcelone

Pour le Centenaire de l'aviation civile, quand la magie d’internet s’opère, regroupe et développe les synergies ; c’est donc cette fois-ci, entre autres,  avec des artistes peintres que nos chemins se croisent pour marcher vers les pistes de la construction de ce projet qui met en valeur l'image de notre patrimoine local et son rayonnement à l'international
Sol Vidal est une artiste peintre résidente à  Barcelone.
Parmi ses sujets de recherches, elle s’est penchée sur l’histoire de deux jeunes frères mécaniciens catalans, Virgil et Josep Novell. Ils ont travaillé dans les ateliers Farman, en France et à Toussus-le-Noble. 
C'est l'époque des pionniers de l’aéronautique et du développement de cette industrie nouvelle que nous découvrons.
C'est les photos et les courriers retrouvés dans une boite appartenant à son mari décédé, qui l'ont
Aviation
de Sol Vidal Massaguer
poussés à remonter le temps ; s'inspirer et nager dans l’ambiance de travail de ces jeunes ouvriers attachants, au travers d’une correspondance avec leur oncle José Pujol resiant à Barcelone dans un échange régulier de courriers et de cartes postales de 1911 à 1914. 


Ces frères Novell sont revenus en Espagne, euphoriques et avec une hâte de transmettre leur enthousiasme et leurs connaissances à leurs concitoyens, à tel point qu'une commission a été formée pour la construction d'un aérodrome à Manresa mais qui n'a pas pu voir le jour. 
Les frères Novell ont été cité à plusieurs reprises dans le livre de José Canuda "Histoire de l'aviation Catalane"

Plonger dans cette correspondance a permis à Sol Vidal Massaguer de s'immerger dans cette aviation balbutiante et la vie de ces jeunes. Une période mise en relief, de leurs travaux, des essais multiples, concluants et non concluants de la construction des moteurs,  des hélices et autres pièces nécessaires pour construire ces machines volantes et à participer aux Grand Concours aériens.
Ateliers Farman - Toussus le Noble  coll. privée Sol Vidal
C’est la vie de l’Equipe Farman et des pionniers de l’époque qui défile dans ces échanges, autour des défis, des angoisses et de cette volonté de vaincre, celle de voler.
Des émotions et des échanges qui prennent au cœur Sol Vidal Massaguer, cette artiste catalane, pour en développer un art : peindre et créer sur fond de toile et de documents d’époque, l'industrie aéronautique en pleine effervescence.
C’est finalement un retour aux sources où elle puise les informations nécessaires et utiles à ses créations. Par ce biais, elle eut connaissance de l’ouvrage d’Azur et d’Or que nous avions sorti à l’occasion du centenaire de l’aéroport de Toussus avec une photo des locaux Farman qui ressemblait à s'y méprendre aux cartes postales en sa possession.
Sur cette artiste de talent, un journaliste et critique d’art écrit :
« Tout a son origine. Pour commencer,  la voie fut un trait. Une trace faite sur le sable par une branche aurait pu être la première expression artistique.  Le trait c’est l’essence. Et depuis l’origine des  temps, ces essences furent saisies par la magie du dessin, qui n’est plus qu’une séquence de traits avec lesquels on conduit une image une pensée ou un souhait.
Sol Vidal Massaguer
dans son atelier à Barcelone
Ce geste ancestral et tellurique  s’est maintenu pendant des milliers d’années. Il a fait son chemin jusqu’à nos jours. L’artiste n’est qu’une personne qui décide  de ne plus jamais abandonner cet élan. On n’a besoin de rien de plus pour être un créateur. Soledad Vidal  Massaguer prit ce train avec une volonté de ne plus jamais s’arrêter. Le dessin l’ensorcela  très jeune. Ses premiers pas dessinant  à main levée dans le marché de Palamos furent le début d’une trajectoire dans laquelle la simplicité du trait commença à prendre forme avec l’importance de la matière.  Une matière qu’en plus des pigments et de l’objet représenté, prenait corps avec la parole. Fragments poétiques qui sautaient des livres à la toile transformés dans un nouveau langage, dans lequel la couleur n’était pas une référence mentale mais une vibration destinée à frapper le sens. Un voyage du cœur au pinceau et du pinceau au cœur. »
Sol Vidal Massaguer a eu l’amabilité et la gentillesse de nous scanner certains de ses documents.  Nous les mettrons en valeur au travers d’une vidéo, comme nous l’avions fait précédemment à l’occasion des divers sujets.



Vidéos que nous vous invitons à voir et à revoir sur la page vidéo du blog Aériastory.  (lien)