mercredi 11 mars 2026

Trappes : Quand le Patrimoine devient un Pont entre les Générations

Aïcha Borges et Gérard Finan
Aériastory
En novembre dernier, l’équipe d’Aeriastory a eu le plaisir de s’envoler vers une destination voisine, riche de récits et de promesses : l’événement « L’Envol de Trappes ». Organisée par le service Histoire et Patrimoine de la ville, cette manifestation fut bien plus qu’une simple exposition ; ce fut un moment de partage authentique au cœur du Centre de ressources documentaires Mémoire de Trappes.

Des rencontres qui donnent des ailes

Au fil des échanges, nous avons été admiratifs du travail colossal abattu par les éducateurs et formateurs locaux. Accompagner la jeunesse dans un environnement parfois complexe demande une énergie et une abnégation qui forcent le respect.

C’est dans cette ambiance de transmission que nos chemins ont à nouveau croisé celui d’Aïcha Borges. Résidente passionnée et amie de longue date, Aïcha a immédiatement vibré pour nos projets. Son enthousiasme s'est concrétisé par un geste fort : elle a choisi de soutenir notre projet de résurrection du premier aérodrome au monde, Port-Aviation. Son nom figurera ainsi aux côtés de nos donateurs dans le générique de cette aventure historique, unique et innovante, qui sera lancée prochainement.

Un joyau à réveiller : l’Observatoire Léon Teisserenc de Bort

Impossible de parler du patrimoine de Trappes sans évoquer une figure mondiale de la science : Léon Teisserenc de Bort. C’est ici même, dans son observatoire fondé en 1896, qu’il a découvert la stratosphère.

Ce site, véritable berceau de la météorologie moderne, traverse aujourd'hui une zone de turbulences et voit ses activités se réduire. Pourtant, pour des citoyens engagés comme Aïcha Borges, ce lieu possède un potentiel immense. Son ambition ? Imaginer ce site historique réhabilité en un pôle culturel dynamique : un Musée de l'Air et du Climat qui accueillerait écoles, chercheurs et curieux, au sein d'un parc aménagé pour la ville.

Transformer cet observatoire en un centre de ressources permettrait non seulement de sauvegarder une mémoire scientifique unique, mais aussi d'offrir à Trappes un rayonnement culturel et touristique nouveau. C’est un projet de « renaissance » pour une commune qui en a le désir et le besoin.

Un regard neuf sur la ville

Quelques mois plus tard, nos retrouvailles à Trappes nous ont permis une immersion totale. Loin des clichés médiatiques, nous avons découvert une ville de contrastes, vibrante de diversité, où la volonté de renouveau est portée par une jeunesse qui ne demande qu'à faire briller son image.

Accompagnés par Aïcha, qui nous a partagé son attachement profond pour sa commune et sa vision d'une ville plus ouverte, nous avons posé un regard neuf sur ce territoire. À travers nos projets associatifs et notre expertise, nous avons voulu lui offrir une perspective différente sur sa ville, comme elle nous la décrivait.

Car au-delà des avions, des ballons sondes et des archives, c'est bien l'humain et la culture qui restent le plus beau des patrimoines à préserver et à transmettre.

                

lundi 9 mars 2026

Quand la Scène Rencontre le Ciel : Bernard Oechsli rejoint l’Aventure Aeriastory !

Bernard Oechsli
Aeriastory
Chez Aeriastory, l'aviation ne se résume pas à la mécanique ou à la simple chronologie des faits. Notre vision s'appuie sur un système de développement anthropique : un écosystème vivant où l'humain, ses relations et ses passions sont au cœur de chaque projet. Aujourd'hui, cette approche s'enrichit d'une nouvelle dimension où se croisent la culture, le théâtre et la musique.

C’est dans cet esprit de partage que nous avons le plaisir d'accueillir un nouveau visage (et surtout une nouvelle voix !) au sein de l'équipe : Bernard Oechsli.

Un passionné aux multiples facettes

Professionnel dans la finance et l’immobilier, Bernard est aussi un homme de scène. On le croise souvent là où les émotions s'expriment : sur les planches d’un théâtre ou lors de performances musicales. Mais Bernard est aussi un voisin privilégié de l’aéronautique.

Castelfortain et mitoyen de l'aérodrome de Toussus-le-Noble, il vit au rythme des décollages. Amateur d'avions et habitué des balades en famille sur la plateforme, il connaît intimement l'âme de ce lieu emblématique.

Une voix pour faire revivre l’Histoire

La rencontre s'est faite naturellement, dans notre environnement, au détour d'une de ses représentations. Alors qu'Aeriastory cherchait la voix idéale — celle capable de porter avec justesse et émotion les scripts de nos futures vidéos en réalité virtuelle — Bernard s'est imposé comme une évidence.

L'objectif ? Faire revivre ces aérodromes disparus qui ont fait de notre région le berceau mondial de l'aviation, en y injectant la force de la narration.

Premier arrêt : Port-Aviation

Sans hésiter, Bernard a mis son talent de narrateur et son charisme au service de notre premier projet commun : une immersion dans la renaissance de Port-Aviation, le tout premier aérodrome organisé au monde.

Grâce à son interprétation, l'histoire ne se contente plus d'être lue : elle s'écoute et se vit. Cette vidéo est la première d'une série que nous avons hâte de vous partager. Ne manquez pas cette envolée culturelle ! 

Nous vous invitons à suivre de près nos prochaines publications pour découvrir le travail de Bernard et plonger, avec nous, dans l'histoire de nos cieux.

jeudi 5 mars 2026

Hispano-Suiza : De l’Élite Automobile à l'Excellence Aéronautique

Dans la suite du regard international, sur l'histoire du patrimoine aéronautique français, un deuxième article de Viktor Horvàth dans la revue d'aéronautique hongroise "Aranysas"

Bien avant le règne de SEAT, Hispano-Suiza incarnait le summum de l'automobile espagnole. Entre les deux guerres, la marque de Barcelone (fondée en 1904) dominait le marché du luxe, rivalisant directement avec Rolls-Royce ou Maybach.

Ses voitures d'exception étaient propulsées par des moteurs colossaux de 6 à 12 cylindres (7 à 11 litres de cylindrée). Cette démesure technique venait du ciel : les ingénieurs de la firme concevaient également les moteurs des célèbres avions de chasse SPAD durant la Grande Guerre.

Une mutation historique : Initialement espagnole, la branche française de l'entreprise a été nationalisée en 1937. Aujourd'hui intégrée au groupe Safran, Hispano-Suiza est devenue un fleuron de l'industrie aéronautique française, marquant la transition d'un prestige automobile ibérique vers une souveraineté technologique tricolore.

L'article de Viktor Horvàth dans la revue d'aéronautique hongroise Aranysas,  au lien : HISPANO-SUIZA


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lundi 2 mars 2026

Avec une précision d'horlogerie : Le Breguet, par Viktor Hovàrth (traduit du hongrois)

L'article de Viktor Horváth sur Breguet, paru dans la revue aéronautique hongroise Aranysas, offre un regard hongrois sur l'aéronautique française.

Aujourd'hui, la France, à l'instar de la Grande-Bretagne, est considérée comme un pays « mono-entreprise » dans l'industrie aérospatiale. Hormis quelques fournisseurs, Dassault domine désormais le marché. Pourtant, par le passé — à commencer par l'époque des pionniers de l'hydraviation — de nombreuses entreprises, petites et grandes, se partageaient les commandes de guerre.

Pendant près de soixante ans, Breguet fut l'un de ces fleurons. Elle a profondément marqué l'industrie, s'imposant, pour ainsi dire, comme une véritable « machine à fabriquer des avions »..

Traduit du hongrois, le fichier PDF en français : Avec une précision d'horlogerie : Breguet


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mercredi 25 février 2026

De la Boussole au Sextant : L’Épopée de la Première Traversée de l’Atlantique Sud

Stèle Cabral et Coutinho - Fairey III
Aériastory
Alors que nous célébrions en 2019 le centenaire des premières liaisons aériennes civiles, un détour en 2026 par les rives du Tage à Lisbonne nous rappelle que l’aventure aéronautique fut d’abord une affaire de courage pur et d’innovation scientifique. Retour sur l’exploit de 1922 : la liaison Lisbonne-Rio de Janeiro.

À l’heure où les voyageurs traversent les océans dans le confort feutré des A380 ou des Boeing 777, connectés au Wi-Fi et installés dans des cabines pressurisées, il est difficile d’imaginer l’audace qu’il fallut, il y a un siècle, pour défier l’immensité atlantique. Pourtant, face à l’historique Tour de Belém — là même d’où partirent jadis Vasco de Gama et les grands navigateurs — une stèle singulière attire le regard : la réplique d’un hydravion Fairey III B, le « Santa Cruz ».

Un défi à la mesure des Grandes Découvertes

En 1922, le Portugal cherche une reconnaissance internationale sur la scène aéronautique. L'objectif est titanesque : relier Lisbonne à Rio de Janeiro, au Brésil, pour marquer les 500 ans de la découverte du pays. Aux commandes de cette mission, deux hommes d'exception : le pilote Sacadura Cabral, formé à l'école militaire de Chartres, et le navigateur Gago Coutinho.

Si l’enjeu mécanique est de taille, c’est sur le plan de la navigation que l’exploit va devenir historique. À l’époque, retrouver un point précis au milieu de l’océan relève du miracle. Gago Coutinho va alors révolutionner l'aviation en perfectionnant un sextant de son invention, adapté à la navigation aérienne. C’est la naissance du sextant aéronautique moderne.

Le « Pot au noir » et les récifs de l’Atlantique

Le périple, entamé le 30 mars 1922, ne fut pas un long fleuve tranquille. Après des escales aux Canaries et au Cap-Vert, les aviateurs s'attaquent à la portion la plus périlleuse : rallier les îlots Penedos de San Pedro et San Paulo, de minuscules rochers perdus à 1 500 kilomètres des côtes brésiliennes.

Entre la météo capricieuse et le redoutable « Pot au noir », la précision de Coutinho fait merveille : il débusque ces « cailloux » dans l’immensité. Mais l’amerrissage est brutal. La houle arrache un flotteur, et le premier appareil, le Lusitania, est perdu. Loin de renoncer, les deux héros poursuivront leur périple avec deux autres appareils envoyés en renfort, bravant les pannes moteurs et les amerrissages forcés.

62 heures de vol pour l’Histoire

C’est finalement à bord du troisième Fairey, baptisé « Santa Cruz », qu’ils atteignent Rio de Janeiro le 17 juin 1922. Le bilan est éloquent : 8 380 kilomètres parcourus à une vitesse moyenne de 130 km/h, pour un temps de vol total de 62 heures et 26 minutes.

Aujourd'hui, un vol Lisbonne-Rio ne prend que 10 heures dans une sécurité absolue. Mais le monument de Belém est là pour nous rappeler que cette fluidité moderne repose sur les épaules de géants comme Cabral et Coutinho. Le « Santa Cruz », après avoir terminé sa carrière à Macao, repose désormais au Musée de la Marine de Lisbonne, témoin éternel d'une époque où l'avion n'était pas un transport de masse, mais un instrument de conquête et de bravoure portugaise.

samedi 21 février 2026

Farman et les Magyars : Enquête sur une aile française en terre de Hongrie

Maurice Farman MF.11 Shorthorn
Colorisation AeriastorIA

L’histoire de l’aviation est souvent faite de rencontres fortuites et de curiosités partagées. 

Tout a commencé par un message inattendu du rédacteur en presse d’un magazine d'aviation de Budapest, désireux d’utiliser nos archives photographiques. Cette sollicitation a été le catalyseur d’une plongée passionnée dans un contexte historique particulier : celui de la Première Guerre mondiale et de l'immédiat après-guerre.  

Durant la Première Guerre mondiale, alors que la Hongrie fait partie intégrante de l'Empire austro-hongrois, l'usage des appareils Farman se fait de manière indirecte. Bien que l'Empire produise ses propres machines, comme les Hansa-Brandenburg ou les célèbres Lloyd, il n'hésite pas à intégrer à sa flotte des appareils capturés. Ces Farman de fabrication française ou italienne (produits sous licence par SIA en Italie) sont récupérés sur les fronts de l'Est et de l'Isonzo. 

Une fois aux mains des mécaniciens impériaux, ils sont reversés aux unités de l'aviation impériale et royale, la fameuse K.u.K. Luftfahrtruppen. Ces avions de prise servent alors à des missions de reconnaissance ou d'entraînement, l'exemple en photo étant le Farman utilisé par la Flik 16 en 1917. 

Après 1918, la donne change. La Hongrie devient indépendante mais se retrouve soumise aux dures restrictions du Traité de Trianon. Pourtant, l'aviation civile permet de maintenir un lien avec le constructeur français. 
La compagnie aérienne des frères Farman (SGTA) exploite alors des lignes à travers toute l'Europe. Si les liaisons directes vers Budapest sont principalement assurées par la CIDNA, l'ancêtre d'Air France, le matériel Farman devient une vision familière sur les pistes hongroises. Le mythique Farman Goliath, géant des airs dédié au transport de passagers, devient alors l'ambassadeur du savoir-faire de Billancourt dans la région. 

Cette fascination hongroise pour Farman n'est d'ailleurs pas née de la guerre. Dès les prémices de l'aviation, entre 1910 et 1912, les pionniers magyars tournaient déjà leurs regards vers la France. Nombre d'entre eux achetèrent des appareils ou s'inspirèrent des plans du Farman III, qui représentait à l'époque la référence mondiale absolue pour l'apprentissage du vol. 

Cependant, malgré cette influence évidente, la Hongrie n'a jamais franchi le pas de la production sous licence industrielle, contrairement à la Belgique ou au Japon. Elle a préféré privilégier ses propres conceptions nationales ou se tourner vers des licences allemandes comme Albatros et Fokker. Cette collaboration aujourd'hui avec nos confrères de Budapest, par le biais de l'échange de photos d'époque, fait revivre une boucle historique. 

En partageant nos clichés de Farman arborant les marques hongroises, Aeriastory redonne vie à une épopée où l'ingénierie française et l'audace des pilotes magyars se sont croisées, au sol comme dans les airs, prouvant que la passion pour le ciel ne connaît aucune frontière.

mardi 17 février 2026

Un Regard International vers le Patrimoine Aéronautique français

Revue aéronautique hongroise
Aeriastory franchit une nouvelle étape dans son ouverture européenne. Après une collaboration, démarrée en 2019, avec l'Espagne autour des Barcelonais, les frères Novell, c'est au tour de la Hongrie de poser son regard sur nos archives. Sous l’impulsion de Viktor Hovárth, rédacteur pour la revue aéronautique Aranysas, notre patrimoine traverse les frontières et nourri un dialogue.

L’Extérieur comme Levier de Rayonnement

Chez Aeriastory, l'ouverture internationale n'est pas une simple formalité, mais un moteur de croissance. Grâce à la visibilité offerte par les outils numériques et le soutien de la commission Mémoire de la DGAC, notre fonds historique devient un vecteur de partage mondial. Cette stratégie repose sur deux piliers  au travers d’un échange de flux  comme le partage de documents, photographies et le rayonnement afin de porter la voix, prouvant que notre patrimoine possède une résonance universelle.

Une Mosaïque de Regards : L'Exemple Hongrois

L’arrivée de Viktor Hovárth dans notre écosystème nous apportera une perspective nouvelle. Ce "miroir hongrois" nous permet de redécouvrir notre propre histoire à travers une analyse neutre : Comment un expert étranger perçoit-il nos fleurons technologiques ? Et une esthétique différente : La publication en France des articles de Hovárth, conservant leur mise en page originale, permet de confronter nos approches documentaires à une vision éditoriale étrangère.

Cultiver l'Altérité pour Mieux se Construire

Au travers de la plume d’un rédacteur hongrois pour explorer l'héritage de Farman,  c’est une dimension plus vaste qui s’ouvre. Nos traductions croisées et nos échanges de documents deviennent le gage d'une mémoire vivante et résiliente.

Aériastory choisit d’ajouter le regard de l’extérieur pour enrichir ses propres structures et transformer l'histoire locale en une épopée partagée.