samedi 21 février 2026

Farman et les Magyars : Enquête sur une aile française en terre de Hongrie

Maurice Farman MF.11 Shorthorn
Colorisation AeriastorIA

L’histoire de l’aviation est souvent faite de rencontres fortuites et de curiosités partagées. 

Tout a commencé par un message inattendu du rédacteur en presse d’un magazine d'aviation de Budapest, désireux d’utiliser nos archives photographiques. Cette sollicitation a été le catalyseur d’une plongée passionnée dans un contexte historique particulier : celui de la Première Guerre mondiale et de l'immédiat après-guerre.  

Durant la Première Guerre mondiale, alors que la Hongrie fait partie intégrante de l'Empire austro-hongrois, l'usage des appareils Farman se fait de manière indirecte. Bien que l'Empire produise ses propres machines, comme les Hansa-Brandenburg ou les célèbres Lloyd, il n'hésite pas à intégrer à sa flotte des appareils capturés. Ces Farman de fabrication française ou italienne (produits sous licence par SIA en Italie) sont récupérés sur les fronts de l'Est et de l'Isonzo. 

Une fois aux mains des mécaniciens impériaux, ils sont reversés aux unités de l'aviation impériale et royale, la fameuse K.u.K. Luftfahrtruppen. Ces avions de prise servent alors à des missions de reconnaissance ou d'entraînement, l'exemple en photo étant le Farman utilisé par la Flik 16 en 1917. 

Après 1918, la donne change. La Hongrie devient indépendante mais se retrouve soumise aux dures restrictions du Traité de Trianon. Pourtant, l'aviation civile permet de maintenir un lien avec le constructeur français. 
La compagnie aérienne des frères Farman (SGTA) exploite alors des lignes à travers toute l'Europe. Si les liaisons directes vers Budapest sont principalement assurées par la CIDNA, l'ancêtre d'Air France, le matériel Farman devient une vision familière sur les pistes hongroises. Le mythique Farman Goliath, géant des airs dédié au transport de passagers, devient alors l'ambassadeur du savoir-faire de Billancourt dans la région. 

Cette fascination hongroise pour Farman n'est d'ailleurs pas née de la guerre. Dès les prémices de l'aviation, entre 1910 et 1912, les pionniers magyars tournaient déjà leurs regards vers la France. Nombre d'entre eux achetèrent des appareils ou s'inspirèrent des plans du Farman III, qui représentait à l'époque la référence mondiale absolue pour l'apprentissage du vol. 

Cependant, malgré cette influence évidente, la Hongrie n'a jamais franchi le pas de la production sous licence industrielle, contrairement à la Belgique ou au Japon. Elle a préféré privilégier ses propres conceptions nationales ou se tourner vers des licences allemandes comme Albatros et Fokker. Cette collaboration aujourd'hui avec nos confrères de Budapest, par le biais de l'échange de photos d'époque, fait revivre une boucle historique. 

En partageant nos clichés de Farman arborant les marques hongroises, Aeriastory redonne vie à une épopée où l'ingénierie française et l'audace des pilotes magyars se sont croisées, au sol comme dans les airs, prouvant que la passion pour le ciel ne connaît aucune frontière.

mardi 17 février 2026

Un Regard International vers le Patrimoine Aéronautique français

Revue aéronautique hongroise
Aeriastory franchit une nouvelle étape dans son ouverture européenne. Après une collaboration, démarrée en 2019, avec l'Espagne autour des Barcelonais, les frères Novell, c'est au tour de la Hongrie de poser son regard sur nos archives. Sous l’impulsion de Viktor Hovárth, rédacteur pour la revue aéronautique Aranysas, notre patrimoine traverse les frontières et nourri un dialogue.

L’Extérieur comme Levier de Rayonnement

Chez Aeriastory, l'ouverture internationale n'est pas une simple formalité, mais un moteur de croissance. Grâce à la visibilité offerte par les outils numériques et le soutien de la commission Mémoire de la DGAC, notre fonds historique devient un vecteur de partage mondial. Cette stratégie repose sur deux piliers  au travers d’un échange de flux  comme le partage de documents, photographies et le rayonnement afin de porter la voix, prouvant que notre patrimoine possède une résonance universelle.

Une Mosaïque de Regards : L'Exemple Hongrois

L’arrivée de Viktor Hovárth dans notre écosystème nous apportera une perspective nouvelle. Ce "miroir hongrois" nous permet de redécouvrir notre propre histoire à travers une analyse neutre : Comment un expert étranger perçoit-il nos fleurons technologiques ? Et une esthétique différente : La publication en France des articles de Hovárth, conservant leur mise en page originale, permet de confronter nos approches documentaires à une vision éditoriale étrangère.

Cultiver l'Altérité pour Mieux se Construire

Au travers de la plume d’un rédacteur hongrois pour explorer l'héritage de Farman,  c’est une dimension plus vaste qui s’ouvre. Nos traductions croisées et nos échanges de documents deviennent le gage d'une mémoire vivante et résiliente.

Aériastory choisit d’ajouter le regard de l’extérieur pour enrichir ses propres structures et transformer l'histoire locale en une épopée partagée.


mercredi 11 février 2026

La France Aérienne : Quand les Capillaires Régionaux Éviteraient l'Infarctus des Hubs

Aérodromes Régionaux : L'irrigation stratégique
AériastorIA
L'image d'une économie française performante est souvent associée à ses grands pôles d'excellence. Pourtant, nous sommes dans la conviction que depuis notre participation à la création du 100/24 le secret de sa fluidité logistique et de sa connexion européenne ne réside pas uniquement dans la puissance de ses «artères» — les hubs comme Roissy-CDG — mais dans la vitalité de ses «capillaires» : les petits et moyens aéroports régionaux. Loin d'être de simples annexes, ils sont les garants de l'irrigation économique, assurant une circulation vitale qui préserve le cœur du système.

De notre proposition économique démarrée en 2009 qui s’est terminée en sport ludique couteux dont certains se rappelleront, nous avions rédigé plusieurs articles à ce sujet : 

2009 : Aeriapole: Toussus présent à la conférence 100/24 du Salon du Bourget

2010 : Aeriapole: Avenir de l'aéroport de Toussus - Vision d'Aeriapole

2012 : Aeriapole: le 100/24 et le maillage aéroportuaire français

2019 : Aeriapole: 1919 – 2019, David chez Goliath

 

I. L'Interdépendance du Ciel : Du Local au Global

Le réseau aérien français fonctionne sur une logique d'interdépendance biologique. Les grands hubs sont essentiels pour les liaisons intercontinentales massives, mais ils ne peuvent opérer sans être alimentés. C'est ici qu'interviennent les aéroports et aérodromes régionaux, véritables «spokes» (rayons), qui collectent le trafic au plus près des sources industrielles et des bassins de population. Ils sont le bras armé du désenclavement des territoires.

Toutefois, leur rôle va au-delà de la simple collecte. L'établissement de liaisons directes entre aéroports et aérodromes régionaux est une manœuvre stratégique. Cette interconnexion latérale permet d'acheminer passagers et fret entre pôles économiques sans solliciter la capitale. En agissant comme une irrigation supplémentaire, ces liaisons ciblées évitent de faire «traverser le cœur» du réseau aérien (les hubs parisiens) pour des flux non nécessaires, améliorant la fluidité globale et libérant les artères principales pour leur mission prioritaire : le long-courrier. Ignorer ce maillage équivaut à un risque d'hyper-congestion et de défaillance systémique.

II. Le Fret Aérien, Moteur de la Mosaïque Industrielle

La France est une mosaïque de clusters spécialisés, et chacun dépend de la rapidité du transport aérien. Le fret aérien est ainsi le soutien direct des industries à haute valeur ajoutée. L'écosystème de l'Aéronautique et du Spatial en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, par exemple, repose sur un maillage régional performant pour l'acheminement ultra-rapide des pièces détachées critiques. De même, les secteurs du luxe et de la pharmaceutique (Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes) exigent la sécurité et la vitesse que seul l'avion peut garantir, justifiant l'importance stratégique des plateformes régionales logistiques.

Quant au trafic passager, il est le miroir et le catalyseur des services et du commerce. Les lignes aériennes régionales facilitent le déplacement des investisseurs, des chercheurs et des dirigeants vers les pôles de compétitivité Lyon, Grenoble, Toulouse), renforçant l'attractivité des territoires pour l'Investissement Direct Étranger (IDE). L'existence de ces connexions est un facteur déterminant pour l'implantation des entreprises internationales.

III. Un Maillage Régional au Cœur de la Compétitivité Européenne

Le maillage des petits et moyens aéroports est la clé de voûte de l'intégration française au marché unique européen. En facilitant les liaisons point-à-point directes vers les villes européennes majeures (Londres, Francfort, Milan, Munich...), les régions françaises s'intègrent plus rapidement dans les chaînes de valeur transfrontalières. Pour l'industrie automobile du Grand Est ou la mécanique de l'AURA, des liaisons rapides avec l'Allemagne ou l'Italie sont essentielles à leur compétitivité.

Ce développement n'est pas seulement un atout local, mais un investissement stratégique national. Il permet à la France de se positionner face à ses voisins en offrant une meilleure accessibilité à ses pôles d'activité. En fluidifiant la circulation des biens et des personnes dès l'échelon régional, la France assure non seulement l'équité territoriale, mais garantit surtout l'efficacité et la vitesse d'une économie moderne, solidement arrimée au cœur de l'Europe. L'équilibre entre les grandes artères et les petits capillaires est, en définitive, la garantie d'une croissance saine et résiliente, tant pour l'industrie que pour le tourisme, à la découverte d'un territoire.

mercredi 4 février 2026

Immersion au Cœur de l’Excellence : Le BIA à la Base Aérienne 107

Elèves du BIA Collège Maryse Bastié 
à la base 107 Velizy-Villacoublay
Le Brevet d'Initiation Aéronautique (BIA) ne se résume pas à des formules de mécanique de vol ou à l’étude de la météorologie dans des salles de classe. C’est avant tout une aventure humaine et une porte ouverte sur des vocations. 
C’est dans cet esprit qu’Aeriastory a accompagné Mélanie Brugny Robillard et ses 26 élèves du Collège Maryse Bastié pour une immersion exceptionnelle sur la Base Aérienne 107 de Vélizy-Villacoublay.

Un Haut-Lieu Stratégique et un Accueil d’Exception

Dès notre arrivée, le ton est donné. Nous sommes accueillis par le Colonel Pierre Cornetto, commandant de la base. Loin de la distance que pourrait imposer son rang, le Colonel a manifesté un engagement sincère envers la jeunesse et la transmission.

En prenant le temps de retracer l’historique de cette base prestigieuse, il a dévoilé aux élèves les coulisses d'un site unique : une plateforme militaire de haute sécurité, centre névralgique des déplacements gouvernementaux, parfaitement intégrée dans un tissu urbain dense. Un équilibre complexe que le Colonel et ses équipes maintiennent avec une rigueur exemplaire.

Le Choc du Réel : Entre Déminage et Passion

Un autre moment intense de la journée fut sans conteste la visite du centre de déminage. Quitter la théorie pour se retrouver face à une collection d'explosifs — de la grenade historique aux missiles air-air les plus sophistiqués — a provoqué une prise de conscience immédiate chez les élèves.

Ici, les élèves ont découvert un univers souvent redouté, mais qui constitue le quotidien de ces hommes « forgés d’une autre trempe ». Ce qui a frappé l’assistance, c’est la disponibilité de ces experts. Malgré la dangerosité de leur métier, ils ont répondu à chaque question avec une pédagogie et une humilité qui forcent le respect.

Un Final au Pied des Falcon

La visite s'est achevée en apothéose sur le parterre des avions officiels. Les élèves ont pu échanger à bâtons rompus, avec des pilotes, autour d'un Falcon médicalisé, véritable hôpital volant. La magie a opéré jusqu’aux derniers instants, alors que l’arrivée imminente de l’avion présidentiel venait clore cette journée hors du temps.

Un Souvenir Gravé

Plus qu'une simple sortie scolaire, cette journée à la BA 107 restera gravée dans les mémoires comme une rencontre entre des professionnels passionnés et des jeunes dont les yeux se sont tournés vers l'avenir.

Aeriastory salue la générosité de l'armée de l'Air et de l'Espace et la logistique impeccable mise en œuvre par les équipes de la base.  Pour ces 26 élèves, l'aviation n'est plus seulement une matière à étudier, c'est désormais un horizon à atteindre.

Si le succès de cette journée repose sur l'accueil des militaires, il n'aurait pas été possible sans le travail  des enseignants. 
Aeriastory tient à saluer l'engagement des instituteurs et professeurs qui, tout au long de l'année, transmettent avec patience et expertise ces savoirs complexes. Par leur pédagogie, ils transforment des notions de physique et de géographie en une passion concrète, préparant ainsi les élèves à franchir les grilles d'une base aérienne avec les clés de compréhension nécessaires.


dimanche 1 février 2026

Le génie méconnu de Toussus-le-Noble : AIR TOURIST, du ciel à la mer en passant par la route

Kay Harris et Una Deton en entrainement sur Avocette
Coll Donald le Bihan - Colorisation AeriastorIA
Air Tourist, la société basé sur l'aérodrome de Toussus le Noble, connue pour ses avions et qui fabriquait les microcars Avolette, prouve sa polyvalence en faisant traverser la Manche par un Water-Scooter !

Si le nom de Toussus-le-Noble évoque l'aviation et l'histoire des pionniers français, c'est une entreprise locale, AIR TOURIST, qui s'illustre une fois de plus par une audace technique remarquée, et ce, par-delà les airs.

Loin de se cantonner à la commercialisation d'appareils aériens comme les Cessna et Aéro Commander, la Société AIR TOURIST -constituée en 1947-  s'est également lancée dans la fabrication d'engins terrestres et maritimes. Nous l'avions commenté dans notre précédent article pour ses microcars Avolette.
C'est son Water-Scooter AVOCETTE qui attire notre attention cette fois-ci, faisant sensation en réécrivant l'histoire de la traversée de la Manche.

Du hangar à l'exploit maritime

AIR TOURIST, dont les installations étaient un acteur clé de l'aérodrome de Toussus-le-Noble — alors un pôle en plein essor pour l'aviation privée et l'industrie aéronautique —, a réussi le pari de la diversification. 
Le 9 septembre 1956, cet esprit d'innovation a été spectaculairement validé lorsque deux jeunes danseuses anglaises, Kay Harris et Una Deton, ont franchi le redoutable bras de mer à bord de deux Avocette.
L'exploit met en lumière la qualité de fabrication et l'ingénierie de l'engin, conçu sous licence LEPEL. Les machines, équipées de moteurs de 150 cm³ et capables d'atteindre 20 nœuds, ont démontré leur stabilité et leur maniabilité à toute épreuve, y compris face aux vents froids et à la mer agitée en vue des côtes anglaises, lors de cette traversée.

L'Avocette : Le triomphe de la simplicité et de l'innovation

L'Avocette est bien plus qu'un simple water-scooter;  il incarne la philosophie d'ingénierie d'AIR TOURIST : proposer des produits à la fois performants et d'une simplicité désarmante :

  • Coque 100% Plastique : Fini les soucis de corrosion ! Cette coque moderne assure une durabilité maximale.
  • Sécurité Révolutionnaire : Grâce à un dispositif spécial, en cas de chute accidentelle du pilote, l'engin est forcé de tourner lentement en cercles, facilitant la récupération. L'insubmersibilité est garantie.
  • Légèreté et Praticité : Pesant environ 40 kg, le Water-Scooter est facilement transportable sur le porte-bagages d'une voiture, ou remorqué par un simple vélomoteur.

Coll Donald le Bihan 
Colorisation AeriastorIA
Que ce soit pour la promenade (version 50/78 cm³) ou le ski individuel (version 150 cm³), l'Avocette, avec son faible entretien et sa consommation "insignifiante", a suscité un véritable engouement international, de l'Europe à l'Amérique.

AIR TOURIST n’a pas fait que participer à l'histoire de l'aviation ; elle a aussi apporter sa touche au transport, au sport et aux loisirs nautiques.

Une nouvelle fois, un grand merci à Donald le Bihan pour ces informations et documents qu’il nous fait découvrir sur Air Tourist, l'Avolette et maintenant l'Avocette.

vendredi 16 janvier 2026

2026 : Entre bilan et nouveaux horizons à Toussus-le-Noble

Voeux 2026 - Toussus le Noble
Crédit  Aériastory
La traditionnelle présentation des vœux de la mairie avait une saveur particulière cette année. À l'aube de la fin de ce mandat, l'heure est au bilan et aux perspectives d'avenir.

Au nom de l'équipe Aeriastory, je tiens à saluer le travail accompli avec Madame le Maire Vanessa Auroy et son équipe. Ces six années de partenariat ont été marquées par un dialogue de confiance et une volonté commune de faire rayonner nos projets aéronautiques et historiques.

Ravi d'avoir pu échanger lors de cette soirée avec nos partenaires stratégiques — l'aéroport de Toussus (ADP), la BGTA, les élus des communes limitrophes et le tissu associatif local. Ces rencontres renforcent nos liens et dessinent déjà les contours de nos futures réalisations.

Nous abordons 2026 avec enthousiasme et détermination. Que cette année nous apporte l'énergie nécessaire pour mener à bien de grandes ambitions !

mercredi 14 janvier 2026

AeriastorIA, le fil d'Ariane de l'image

AeriastorIA - le fil d'Ariane de l'image
L’histoire de l’humanité ne s’est pas seulement écrite à la pointe de la plume. Bien avant que l’alphabet ne vienne structurer notre pensée, le dessin fut notre premier langage universel. Sur les parois des grottes, nos ancêtres n’ont pas simplement laissé des traces ; ils ont inventé une nécessité vitale : celle de fixer le temps et de transmettre les secrets de la survie. Bien avant le verbe, il y eut le trait, la couleur et la forme comme fondements d’une mémoire collective.

Le projet AeriastorIA est une invitation à remonter ce fil d’Ariane qui relie les premiers chasseurs-cueilleurs aux bâtisseurs du numérique. C’est un voyage à travers une « grammaire du regard » qui n’a cessé de se complexifier. Des cathédrales médiévales, véritables livres de verre et de lumière où le vitrail dictait la morale aux fidèles, jusqu’à la naissance de la presse satirique au XIXe siècle, l’image a toujours été plus qu’une simple illustration : elle a été un outil de pouvoir, un instrument de révolte et un vecteur d’empathie.

Au cœur de cette épopée visuelle se dresse un monument de l’esprit : la Tapisserie de Bayeux. En parcourant ses soixante-dix mètres de broderie, on découvre, avec une émotion presque vertigineuse, que les artisans du XIe siècle utilisaient déjà les codes de la bande dessinée moderne et du storyboard de cinéma. À travers la « case virtuelle » et la décomposition du mouvement, ils ont inventé le reportage de guerre et la propagande visuelle, prouvant que notre besoin de « voir » l’histoire pour y croire est une constante de notre psyché.

Le XXe siècle et la photo ont achevé cette révolution en brisant la fixité du trait. Du 9ème art, miroir de nos espoirs et de nos angoisses contemporaines, au souffle de l’animation qui donne vie à l’immobile, l’image est redevenue notre syntaxe principale. Elle est aujourd’hui ce langage global qui transcende les frontières et les langues.

C’est dans cet héritage prestigieux que s’inscrit la démarche d’Aeriastory. En s’appuyant sur les nouvelles technicités pour redonner vie à des lieux et des instants oubliés, ce projet transforme la nostalgie d’une carte postale en une expérience vivante du patrimoine. Il ne s’agit pas seulement de restaurer des pierres ou des visages, mais de poursuivre ce geste millénaire : remettre en mouvement le monde pour mieux le comprendre et, par là même, de le réinventer.

Nous espérons que nos actions, innovatrices dans ce domaine, vous permettront  de redécouvrir la puissance de ce lien invisible qui unit les brodeurs médiévaux aux créateurs de demain. Car au fond, que nous gravions la roche ou que nous éclairions des pixels, notre quête reste la même : témoigner de notre Histoire et offrir au futur les images de notre passé.