mercredi 3 juin 2026

L’Aérodrome de Toussus-le-Noble : Un bouclier centenaire pour la biodiversité du Plateau de Saclay

Biodiversité Aeroport de Toussus le Noble
Aeriastory 2026
Face à l’urbanisation galopante et intensive qui grignote l'Île-de-France, les espaces aéroportuaires révèlent un visage souvent méconnu : celui de véritables sanctuaires écologiques.  

Lancée en 2022, et régulièrement suivie, l’étude de la biodiversité sur l’aérodrome de Toussus-le-Noble confirme un constat majeur : cette plateforme mythique et centenaire agit comme un puissant bouclier environnemental, protégeant le territoire de l’expansion bétonnée du Plateau de Saclay et de Satory.

Le "poumon vert" des prairies aéronautiques

À l'échelle nationale, les zones aéroportuaires totalisent près de 38 000 hectares de prairies et d'espaces verts. En petite couronne parisienne, ce chiffre devient crucial : 50 % des prairies restantes sont situées au cœur des espaces aéronautiques.
Vu que 75 % de leur surface n'est pas bétonnée, ces zones offrent des espaces précieux laissés à l’état semi-naturel. À Toussus-le-Noble, l'aérodrome s'étend sur 167 hectares. Il s'inscrit au cœur d'une Zone de Protection Agricole, Forestière et Naturelle (ZPNAF) de 4 115 hectares, dont plus de 2 400 sont exclusivement consacrés à l'agriculture. Le reste, composé de forêts, de cours d'eau et du réseau historique de rigoles, forme un écosystème interconnecté indispensable à la dispersion des oiseaux, des insectes et des plantes.

Biodiversité Aeroport de Toussus le Noble
Aeriastory 2026
Un rempart contre les erreurs d'urbanisation du passé

Le Plateau de Saclay comptait autrefois huit aérodromes ; seul celui de Toussus-le-Noble a survécu. La disparition des autres plateformes s'est traduite par une urbanisation horizontale puis verticale dont on mesure aujourd'hui le coût environnemental. Ces extensions urbaines, dictées par des visions à court terme, se sont avérées préjudiciables, devenant les causes premières du changement climatique local et de l’érosion de la biodiversité. 

En résistant à la pression des promoteurs immobiliers, l’aérodrome de Toussus-le-Noble a permis de sanctuariser le foncier. Il maintient un équilibre vital entre le grand pôle de recherche et d’enseignement de Paris-Saclay, les zones agricoles et les milieux naturels. Loin d'être une contrainte, la bonne gestion de cette biodiversité permet en outre de préserver la faune tout en minimisant les risques animaliers pour la sécurité des vols.

Conjuguer histoire, devoir de mémoire et innovation

Pour l'association Aeriastory, la préservation de ce site ne se conjugue pas au passé. Deux ans après une intervention remarquée, en 2019, auprès de la commission Mémoire de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) sur le thème de l'investissement patrimonial en zone urbaine, les actes ont succédé aux paroles. Des projets multidirectionnels menés avec les élus locaux ont vu le jour et le dernier en 2026 : la réalisation d’une piste pédestre « Entre Ciel et Terre » le long d’une voie douce thématique baptisée « Berceau de l’aviation ».

Mais la nostalgie ne suffit pas. L'objectif est d'écrire une nouvelle page en mettant l’innovation technologique au service de la biodiversité.

Biodiversité Aeroport de Toussus le Noble
Aeriastory 2026
Un impératif pour les générations futures

L’échelle de l’histoire humaine invite à l'humilité. Si l'on ramenait les 4,5 milliards d'années de la Terre à une seule année civile, l'homme de Cro-Magnon n'apparaîtrait que le 31 décembre à 23 h 56. L'ère des énergies fossiles, quant à elle, ne représenterait qu'une fraction de microseconde. Pourtant, en ce laps de temps infime, l'humanité a profondément déréglé le climat et abîmé notre planète bleue.

Face à la compétition mondiale, innover est une obligation pour préserver notre indépendance. Mais pas à n'importe quel prix. Une ligne rouge doit être tracée pour maintenir un environnement sain. L’arrogance d’une suprématie technologique totale sur la nature ouvrirait une boîte de Pandore.

C’est pourquoi l'avenir de l'aérodrome de Toussus-le-Noble repose sur une alliance indispensable entre l'évolution technologique (notamment la décarbonation) et le respect écologique. En s'appuyant sur l'histoire pour éclairer le futur, les acteurs et gestionnaires du site s'engagent dans une trajectoire responsable : réinventer nos comportements pour léguer aux futures générations un espace de vie et d'épanouissement préservé.

Prochainement la vidéo Aériastory sur la biodiversité de la plateforme

lundi 1 juin 2026

Alerte Temporelle : L’application « EVA, Les Tisseurs du Temps » fait peau neuve !

Randonneurs téléchargeant l'appli EVA
Le samedi 30 mai, le Château de la Madeleine à Chevreuse a vibré au rythme de l'aventure ! En famille ou entre amis, de nombreux randonneurs et passionnés ont redécouvert les Yvelines à travers une grande chasse aux "pirates du temps". 

Au programme de cette journée mémorable organisée par les Archives Départementales des Yvelines : 125 enquêtes palpitantes disponibles sur l'application, offrant des énigmes adaptées à tous les niveaux. En résolvant ces mystères, les joueurs ont cumulé des points précieux pour grimper tout en haut du classement général. Les meilleurs scores ont été mis à l'honneur et les 10 meilleurs joueurs de la journée auront le privilège d'être conviés à un événement spécial exclusif au cœur des Archives !

Une refonte totale pour prolonger l'aventure.

Ce grand défi marque le lancement d'une toute nouvelle ère. Menée en collaboration avec la société GeoGaming, la phase de modernisation de l'application ludique est terminée. La nouvelle version d'EVA : "Les Tisseurs du Temps" est 100 % opérationnelle !

Mathilde Deuve, JB Barsamian et l'équipe ADY

Avec le retour des beaux jours, c’est l’occasion idéale de continuer à arpenter le département. L'application reste ouverte à tous, tout au long de l'année, pour vous mener à la découverte de l'histoire, des monuments secrets, des paysages et des figures marquantes qui font la richesse de notre mémoire commune.

Maintenant que le grand défi est lancé, 125 enquêtes vous attendent ! Pour devenir vous aussi un gardien de l'histoire :

1.    Téléchargez l'application EVA : Les Tisseurs du Temps (en scannant le QR code qui correspond à votre environnement Apple ou Google).

      2.   Créez votre pseudo pour intégrer la communauté.

      3.   Explorez et menez l'enquête à votre rythme, en famille ou entre amis.


  
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samedi 16 mai 2026

Les Breguet Br 1150 Atlantic et Atlantique 2 : l'expertise de Toussus-le-Noble au service de la patrouille maritime

CA Jacques Petit
400 Ans Marine Nationale - Lann-Bihoué
Aériastory 2026
L’avion de patrouille maritime Breguet 1150 Atlantic, conçu par les usines Breguet à Toulouse, résulte du programme de l’Otan de la fin des années 1950 destiné à contrer la menace des sous-marins soviétiques. Cet appareil à vocation anti-sous-marine, dont le système d’armes utilisait des technologies électromécaniques, a été livré à partir de décembre 1965 aux marines française et allemande, puis néerlandaise, ainsi qu’à l’Armée de l’Air italienne. Il a été construit en 87 exemplaires.

Une évolution notable en France fut de lui adjoindre des capacités anti-surface par l’emport sous voilure de missiles antiradar AS-37 Martel et un complément d’écoute électronique. À noter, en dehors de son rôle maritime, ses capacités d’éclairage tactique sur zone et de guidage des Sepecat Jaguar de l’Armée de l’Air lors d’opérations sur des théâtres africains dès la fin des années 1970.   

Le Br 1150 Atlantic est le seul avion au monde conçu spécifiquement pour la patrouille maritime. Ses capacités aérodynamiques sont exceptionnelles : sa durée de vol peut atteindre 18 heures et il peut rallier Rio de Janeiro ou l’Afrique du Sud depuis la France. Sa structure est bilobée : la partie supérieure comprend le poste de pilotage et la tranche tactique ; la partie inférieure abrite une soute ouvrable en vol dans laquelle est accroché l’armement (charges, torpilles, missiles) ou des conteneurs de secours maritime. L’équipage est composé de dix à treize personnes selon les missions. Lors des détachements extérieurs, l’avion est autonome, emportant avec lui une équipe de piste et, en soute, le matériel nécessaire à sa mise en œuvre.

Son successeur en France fut l’avion de patrouille maritime Atlantique 2[1], conçu par les Avions Marcel Dassault-Breguet Aviation (AMDBA). À vocation double (anti-surface et anti-sous-marine), il possède une cellule similaire à celle du Br 1150, mais dispose d’un système d’armes nouveau faisant appel aux technologies numériques. Mis en service en 1990, le programme prévoyait 42 avions, mais seuls 28 exemplaires ont été construits, dont 18 sont actuellement en service. Cet avion n’a pas été acquis par les utilisateurs étrangers de son prédécesseur. Il a fait l’objet de modifications successives pour maintenir au plus haut niveau ses capacités de détection et de traitement des données capteurs.

Ces deux avions ont été construits par la Société européenne de construction du Breguet Atlantic (Secbat), qui rassemblait les industriels des pays acquéreurs.

L’on ne peut évoquer ces appareils sans rappeler le souvenir de l’ingénieur du Génie maritime René Bloch. Il mena de main de maître le programme de l’Otan et fut membre, puis président, de l’Académie de Marine ; un bâtiment porte d’ailleurs son nom à Lann-Bihoué. Son successeur à l’Académie de marine, auteur de la présente fiche, avait servi sous ses ordres lors des essais et de la mise en service du Br 1150 Atlantic.

L’une des raisons du succès du programme fut la mise en gestion commune des volants et des rechanges entre les nations utilisatrices. Le Centre international de gestion des matériels Atlantic (CIGMA) était rattaché au Service d’approvisionnement des matériels de l’Aéronautique navale (Saman) à Toussus-le-Noble. Il avait la tutelle de l’Entrepôt international des matériels Atlantic (Sigma), conjoint à l’Entrepôt principal de l’Aéronautique navale (Epan) situé à Cuers-Pierrefeu. Le CIGMA, dirigé par roulement par un officier des nations utilisatrices, était en lien constant avec les bases et magasins des différents pays.

De façon similaire, les échelons techniques des nations utilisatrices relevaient de la Section technique du Service central de l’Aéronautique navale (SC.Aéro/Stech) à Toussus-le-Noble, permettant l'échange en temps réel des informations techniques.

Le rédacteur de la présente fiche Contre-Amiral (2s) Jacques Petit a été chef de cette Section technique (SC.Aéro/Stech) et directeur du Service d’approvisionnement des matériels de l’Aéronautique navale à Toussus-le-Noble.

[1] Note : L'Atlantique 2 n’est pas un avion de marque Breguet, mais Dassault-Breguet.

mercredi 13 mai 2026

Fierté sous la pluie : 40 000 cœurs bretons battent pour les 80 ans de Lann-Bihoué

Aeriastory- 400 ans Marine Nationale
Base de Lann-Bihoué
Le sacre d'un lien indéfectible entre un peuple et son ciel

Ils étaient quarante mille. Une marée humaine, unie par un même souffle, convergeant des quatre coins de la Bretagne pour sceller un pacte de fidélité avec « leur » Aéronautique navale. Le dimanche 10 mai 2026, le tarmac de la BAN de Lann-Bihoué n’était plus une simple piste de décollage : c’était le cœur vibrant d’un peuple fier, battant au rythme des réacteurs. Sous un ciel de granit, là où la pluie se confond avec les embruns, les cirés et les parapluies ont formé un rempart d'une dignité farouche. Rien — ni les trombes d’eau, ni les rafales — n’a pu doucher l’ardeur de ce public breton. En restant debout face aux éléments, ils ont prouvé qu’ils possédaient la même résilience et le même tempérament de feu que les marins du ciel qu’ils étaient venus acclamer.

CV Jean-Michel Aumeunier
Pacha de la Base
La célébration de ce 80e anniversaire a pris une dimension quasi sacrée, s’inscrivant avec panache dans le cadre mémoriel des 400 ans de la Marine nationale. Dans le sillage des démonstrations de force modernes et le frisson des hommages historiques, c’est une véritable communion qui a illuminé la base, transformant ce site stratégique de 800 hectares en un théâtre de rêve à ciel ouvert. Le capitaine de vaisseau Jean-Michel Aumeunier a ainsi vu son ambition se concrétiser : offrir une fête à la hauteur de l'histoire, où chaque visiteur a pu s'approcher au plus près des machines qui assurent, chaque année, 12 000 heures de vol et des missions de secours vitales.

Lors de cette célébration, l’association Aeriastory a été particulièrement fière de pouvoir présenter son exposition et de mettre en lumière un paradoxe passionnant : celui d’une marine qui s'est enracinée durablement dans les terres de Toussus-le-Noble.

Ce fut l'occasion de rappeler la transmission d’un héritage qui a lié, de 1910 à 2012, cette commune francilienne à la Marine Nationale. En faisant revivre ce passé, l'association a offert aux visiteurs l’opportunité de jeter un pont entre cet enracinement terrestre et l'immensité de l'océan.

Expo Aeriastory
à Lann-Bihoué

Tandis que la puissance des Rafale Marine, la précision des Alpha Jet de la Patrouille de France, faisaient vibrer les poitrines. Cette épopée technologique a également affirmé sa dimension européenne, voyant les avions et hélicoptères alliés allemands, britanniques, belges, grecs, lituaniens escorter les nouveaux fleurons français. Entre le fracas du métal et la mélodie du Bagad de Lann-Bihoué, la base n'a pas seulement fêté son passé : elle a gravé dans l'azur et dans l'écume la splendeur d'un lien que rien ne pourra jamais rompre. En quittant les lieux, les 40 000 visiteurs emportaient avec eux la certitude que la passion bretonne pour sa Marine est un horizon définitivement insubmersible.

               

vendredi 8 mai 2026

SPAD - Aussi léger que la soie

Article de Viktor Horvàth dans la revueAranysas

Dans la suite du regard international, sur l'histoire du patrimoine aéronautique français, un troisième article de Viktor Horvàth dans la revue d'aéronautique hongroise "Aranysas"

SPAD - Aussi léger que la soie

Son  importance  n'est  peut-être  pas  immédiatement  évidente  pour  les  lecteurs  intéressés  par  l'aviation  militaire,  car  aucun  avion  de  combat  ne  portait  ce  nom.  Mais  quiconque  s'intéresse  à  l'histoire  de  l'aviation  durant  l'âge  d'or,  du  premier  vol  des  frères Wright  au  Grand  Incendie,  y  retrouvera  un  visage  familier.  Cet  aviateur  d'origine  belge,  aux  côtés  de  Curtiss,  Blériot  et  Farman,  est  une  figure  emblématique  et  authentique  des  premières  tentatives.

L'article au lien : 

https://aeriastory.fr/wp-content/uploads/2026/02/FA-2024-08-SPAD-Viktor-Horvath.pdf





vendredi 1 mai 2026

Entre Terre et Ciel : Une immersion au cœur du berceau de l’aviation

CDRP78 - Aeriastory
Circuit "Entre Terre et Ciel"
Aériastory, association dédiée à la valorisation du patrimoine aéronautique français, est fière d'annoncer la concrétisation du circuit pédestre «Entre Terre et Ciel». 
Véritable trait d’union entre hier et aujourd’hui, ce parcours invite les randonneurs à marcher dans les pas des pionniers sur le plateau de Saclay, considéré à juste titre comme l’un des berceaux de l'aviation. 

Le projet s'inscrit dans une démarche globale de transmission, complétant une exposition qui met en lumière les sites historiques ayant façonné l'essor aéronautique de la région. 
En célébrant les contributions de figures emblématiques telles que REP, les frères Farman, Louis Blériot, les frères Caudron et biens d'autres, Versailles Grand Parc (VGP), le SIAB, le CDRP78 ainsi que les communes de Toussus-le-Noble, Buc et Châteaufort, en partenariat avec Aériastory proposent 
sur un chemin pédestre dédié, une redécouverte, d'un patrimoine d’exception. 

Un voyage au-delà du bitume et de l’innovation

Alors que le plateau de Saclay s’urbanise rapidement, son sol reste imprégné des exploits de ceux qui ont appris au monde à voler. Dès les premiers pas sur le circuit «Entre Terre et Ciel»,  le promeneur est invité à ressentir le frisson des premiers envols.

À Toussus-le-Noble, point d'orgue de ce parcours, l'histoire se lit à ciel ouvert. Par la présence de son aérodrome, et accueilli dès le rond-point par la silhouette d'un biplan Maurice Farman Marine de 1909, le visiteur pénètre dans un lieu où chaque détail architectural raconte une épopée : du bloc technique avec sa terrasse panoramique jusqu'à l'imposant hangar Farman, témoin silencieux des innovations qui ont marqué l'aviation mondiale.

La rencontre de plusieurs époques

Au-delà de l'aventure aérienne, le circuit révèle les strates plus anciennes du plateau. Le tracé mène ainsi à la découverte d’une ancienne digue et de rigoles qui, jadis, alimentaient en eau les jardins royaux de Versailles. Jusqu’à la porte du Trou Salé, le passé lointain de Toussus-le-Noble se dévoile, offrant une perspective unique sur la profondeur historique de cette terre.

Le randonneur empruntera ensuite la rectitude de l’avenue Tulasne — nommée en hommage au commandant du Normandie-Niemen — qui épouse l'ancien tracé du mur du Grand Parc de Versailles et délimitait le terrain de chasse de Louis XIV.

Une escale gourmande au fil de l'histoire 

L'aventure ne serait pas complète sans une halte conviviale. Le circuit « Entre Terre et Ciel » permet également aux randonneurs de ponctuer leur marche par des étapes gourmandes. Ces étapes font découvrir la variété des restaurants qui se sont développés au fil du temps, portés par l'effervescence et le dynamisme qu'ont apportés les pionniers de l'aviation. Des tables historiques aux établissements contemporains, ces lieux de vie témoignent de l'hospitalité légendaire du plateau, offrant aux marcheurs une pause savoureuse dans leur voyage à travers le temps.

Plus qu'une randonnée, une aventure humaine

Ce circuit est le fruit d'une volonté commune de célébrer la diversité des expériences vécues sur le plateau : des premiers vols de Farman aux gros bombardiers reconvertis pour le transport de passagers lors des Trente Glorieuses. À travers ces chemins, l’ambiance humaine et l'esprit d'aventure de l’époque restent palpables.

« Entre Terre et Ciel » n’est pas une simple promenade ; c’est une immersion profonde qui tisse des liens entre l’histoire glorieuse de l’aviation, la richesse environnementale du plateau de Saclay et ses dynamiques actuelles.

mercredi 22 avril 2026

Mai 2026 - Aeriastory à Lann-Bihoué aux 400 ans de la Marine Nationale

Aériastory - 400 ans Marine Nationale
Lann-Bihoué 2026
Mai 2026 - Aériastory à Lann-Bihoué

La célébration des 400 ans de la Marine nationale, les 9 et 10 mai 2026 sur la base de Lann-Bihoué, sera l'occasion pour Aériastory de mettre en lumière un paradoxe passionnant : une marine qui, pour être efficace en mer, s'est enracinée durablement dans les terres de Toussus-le-Noble. 

En 2026, la Marine Nationale franchi le cap symbolique des quatre siècles d’existence. Si l’imaginaire collectif tourne ses regards vers les ports de Brest ou de Toulon, c’est aussi sur le plateau de Saclay, en région parisienne, qu’une partie de l’épopée aéronavale française s’est écrite. Entre l’association Aériastory et les «Marins du Ciel», pour les 400 ans de la Marine Nationale, c'est le rappel d'une transmission d’un héritage qui a lié, depuis 1910 à 2012, la commune de Toussus le Noble à l’écume des mers.

1910 : L’acte de naissance

LV Byasson lors d'un atterrissage dans la plaine de Trappes
Colorisation AeriastorIA 
L’histoire commune entre la Marine et Toussus-le-Noble ne date pas d’hier. Elle s'amorce précisément le 12 septembre 1910, lorsque la Marine passe commande d’un biplan Maurice Farman. Livré à Toussus le 26 décembre de la même année et confié au lieutenant de vaisseau Byasson, cet appareil marque les premiers balbutiements de l’aviation embarquée.

Ce lien historique a été pérennisé par l’installation d’une stèle monumentale au rond-point Toussus/Buc : une réplique à l’échelle 1/1 du Farman de 1910. Véritable « porte de l’histoire », cette structure rappelle aux passants que la commune est le berceau de l’aviation, là où, un siècle plus tard, un Blériot XI croisait un Rafale Marine au Centenaire de l'aéroport lors d'un meeting mémorable en 2007, qui célébrait aussi 60 ans de présence de l'aéronautique navale dans la commune.

L’âge d’or de la B.A.N. Toussus (1947-2011)

Après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, l’Aéronautique navale succède à l’Armée de l’Air et au prestigieux régiment Normandie-Niemen sur le terrain de Toussus. Pendant 65 ans, la Base d’Aéronautique Navale (B.A.N.) va devenir un centre névralgique de la logistique et du support technique.

Farman MF et Aéronavale
Daniel Bechennec - Aeriastory
Plus qu'une simple piste, Toussus abritait des organismes de haute importance :

  • Le SAMAN (Service d'approvisionnement en matériel de l'aéronautique navale), dont le directeur gérait l'ensemble du personnel civil de la filière en région parisienne.
  • Le SC.Aéro (Service central de l’Aéronautique navale), véritable cerveau technique veillant à la disponibilité des moyens aériens de la Marine.
  • L’ERC (Escadrille de Réception et de Convoyage), qui a opéré de 1947 à 1979, assurant le lien entre les usines de construction et les flottilles.

La base fut aussi un carrefour international avec le CIGMA, gérant la logistique du Breguet 1150 Atlantic pour la France, l'Allemagne et l'Italie, ou encore le CERALI, dédié aux débuts du programme Rafale.

Aériastory : Catalyseur de la mémoire

Maquette Farman MF - Toussus le Noble
Aériastory
Depuis le départ définitif des marins en 2011, les traces physiques s'effacent. Aériastory s’est donné pour mission de réhabiliter et depréserver cette mémoire de 65 ans de présence continue.

L'association, membre des "Marins du Ciel" a franchi des étapes majeures : une exposition de 12 kakemonos retrace l’évolution de la base, enrichie par une vidéo historique du major Patrick Vallière, ainsi que celle des 60 ans de l'EAN, d'autres vidéos sur la chaîne Youtube Aeriastory, lors des 100 ans de l'aéroport de Toussus le Noble. Ces documents constituent un trésor patrimonial pour la commune, afin que le souvenir des « Marins du Ciel » ne s’évapore pas dans les brumes du plateau.

Du premier Farman en bois et toile aux chasseurs de haute technologie, l'histoire de l'aéronautique navale reste un jalon essentiel de notre défense.