mercredi 4 février 2026

Immersion au Cœur de l’Excellence : Le BIA à la Base Aérienne 107

Elèves du BIA Collège Maryse Bastié 
à la base 107 Velizy-Villacoublay
Le Brevet d'Initiation Aéronautique (BIA) ne se résume pas à des formules de mécanique de vol ou à l’étude de la météorologie dans des salles de classe. C’est avant tout une aventure humaine et une porte ouverte sur des vocations. 
C’est dans cet esprit qu’Aeriastory a accompagné Mélanie Brugny Robillard et ses 26 élèves du Collège Maryse Bastié pour une immersion exceptionnelle sur la Base Aérienne 107 de Vélizy-Villacoublay.

Un Haut-Lieu Stratégique et un Accueil d’Exception

Dès notre arrivée, le ton est donné. Nous sommes accueillis par le Colonel Pierre Cornetto, commandant de la base. Loin de la distance que pourrait imposer son rang, le Colonel a manifesté un engagement sincère envers la jeunesse et la transmission.

En prenant le temps de retracer l’historique de cette base prestigieuse, il a dévoilé aux élèves les coulisses d'un site unique : une plateforme militaire de haute sécurité, centre névralgique des déplacements gouvernementaux, parfaitement intégrée dans un tissu urbain dense. Un équilibre complexe que le Colonel et ses équipes maintiennent avec une rigueur exemplaire.

Le Choc du Réel : Entre Déminage et Passion

Un autre moment intense de la journée fut sans conteste la visite du centre de déminage. Quitter la théorie pour se retrouver face à une collection d'explosifs — de la grenade historique aux missiles air-air les plus sophistiqués — a provoqué une prise de conscience immédiate chez les élèves.

Ici, les élèves ont découvert un univers souvent redouté, mais qui constitue le quotidien de ces hommes « forgés d’une autre trempe ». Ce qui a frappé l’assistance, c’est la disponibilité de ces experts. Malgré la dangerosité de leur métier, ils ont répondu à chaque question avec une pédagogie et une humilité qui forcent le respect.

Un Final au Pied des Falcon

La visite s'est achevée en apothéose sur le parterre des avions officiels. Les élèves ont pu échanger à bâtons rompus, avec des pilotes, autour d'un Falcon médicalisé, véritable hôpital volant. La magie a opéré jusqu’aux derniers instants, alors que l’arrivée imminente de l’avion présidentiel venait clore cette journée hors du temps.

Un Souvenir Gravé

Plus qu'une simple sortie scolaire, cette journée à la BA 107 restera gravée dans les mémoires comme une rencontre entre des professionnels passionnés et des jeunes dont les yeux se sont tournés vers l'avenir.

Aeriastory salue la générosité de l'armée de l'Air et de l'Espace et la logistique impeccable mise en œuvre par les équipes de la base.  Pour ces 26 élèves, l'aviation n'est plus seulement une matière à étudier, c'est désormais un horizon à atteindre.

Si le succès de cette journée repose sur l'accueil des militaires, il n'aurait pas été possible sans le travail  des enseignants. 
Aeriastory tient à saluer l'engagement des instituteurs et professeurs qui, tout au long de l'année, transmettent avec patience et expertise ces savoirs complexes. Par leur pédagogie, ils transforment des notions de physique et de géographie en une passion concrète, préparant ainsi les élèves à franchir les grilles d'une base aérienne avec les clés de compréhension nécessaires.


dimanche 1 février 2026

Le génie méconnu de Toussus-le-Noble : AIR TOURIST, du ciel à la mer en passant par la route

Kay Harris et Una Deton en entrainement sur Avocette
Coll Donald le Bihan - Colorisation AeriastorIA
Air Tourist, la société basé sur l'aérodrome de Toussus le Noble, connue pour ses avions et qui fabriquait les microcars Avolette, prouve sa polyvalence en faisant traverser la Manche par un Water-Scooter !

Si le nom de Toussus-le-Noble évoque l'aviation et l'histoire des pionniers français, c'est une entreprise locale, AIR TOURIST, qui s'illustre une fois de plus par une audace technique remarquée, et ce, par-delà les airs.

Loin de se cantonner à la commercialisation d'appareils aériens comme les Cessna et Aéro Commander, la Société AIR TOURIST -constituée en 1947-  s'est également lancée dans la fabrication d'engins terrestres et maritimes. Nous l'avions commenté dans notre précédent article pour ses microcars Avolette.
C'est son Water-Scooter AVOCETTE qui attire notre attention cette fois-ci, faisant sensation en réécrivant l'histoire de la traversée de la Manche.

Du hangar à l'exploit maritime

AIR TOURIST, dont les installations étaient un acteur clé de l'aérodrome de Toussus-le-Noble — alors un pôle en plein essor pour l'aviation privée et l'industrie aéronautique —, a réussi le pari de la diversification. 
Le 9 septembre 1956, cet esprit d'innovation a été spectaculairement validé lorsque deux jeunes danseuses anglaises, Kay Harris et Una Deton, ont franchi le redoutable bras de mer à bord de deux Avocette.
L'exploit met en lumière la qualité de fabrication et l'ingénierie de l'engin, conçu sous licence LEPEL. Les machines, équipées de moteurs de 150 cm³ et capables d'atteindre 20 nœuds, ont démontré leur stabilité et leur maniabilité à toute épreuve, y compris face aux vents froids et à la mer agitée en vue des côtes anglaises, lors de cette traversée.

L'Avocette : Le triomphe de la simplicité et de l'innovation

L'Avocette est bien plus qu'un simple water-scooter;  il incarne la philosophie d'ingénierie d'AIR TOURIST : proposer des produits à la fois performants et d'une simplicité désarmante :

  • Coque 100% Plastique : Fini les soucis de corrosion ! Cette coque moderne assure une durabilité maximale.
  • Sécurité Révolutionnaire : Grâce à un dispositif spécial, en cas de chute accidentelle du pilote, l'engin est forcé de tourner lentement en cercles, facilitant la récupération. L'insubmersibilité est garantie.
  • Légèreté et Praticité : Pesant environ 40 kg, le Water-Scooter est facilement transportable sur le porte-bagages d'une voiture, ou remorqué par un simple vélomoteur.

Coll Donald le Bihan 
Colorisation AeriastorIA
Que ce soit pour la promenade (version 50/78 cm³) ou le ski individuel (version 150 cm³), l'Avocette, avec son faible entretien et sa consommation "insignifiante", a suscité un véritable engouement international, de l'Europe à l'Amérique.

AIR TOURIST n’a pas fait que participer à l'histoire de l'aviation ; elle a aussi apporter sa touche au transport, au sport et aux loisirs nautiques.

Une nouvelle fois, un grand merci à Donald le Bihan pour ces informations et documents qu’il nous fait découvrir sur Air Tourist, l'Avolette et maintenant l'Avocette.

vendredi 16 janvier 2026

2026 : Entre bilan et nouveaux horizons à Toussus-le-Noble

Voeux 2026 - Toussus le Noble
Crédit  Aériastory
La traditionnelle présentation des vœux de la mairie avait une saveur particulière cette année. À l'aube de la fin de ce mandat, l'heure est au bilan et aux perspectives d'avenir.

Au nom de l'équipe Aeriastory, je tiens à saluer le travail accompli avec Madame le Maire Vanessa Auroy et son équipe. Ces six années de partenariat ont été marquées par un dialogue de confiance et une volonté commune de faire rayonner nos projets aéronautiques et historiques.

Ravi d'avoir pu échanger lors de cette soirée avec nos partenaires stratégiques — l'aéroport de Toussus (ADP), la BGTA, les élus des communes limitrophes et le tissu associatif local. Ces rencontres renforcent nos liens et dessinent déjà les contours de nos futures réalisations.

Nous abordons 2026 avec enthousiasme et détermination. Que cette année nous apporte l'énergie nécessaire pour mener à bien de grandes ambitions !

mercredi 14 janvier 2026

AeriastorIA, le fil d'Ariane de l'image

AeriastorIA - le fil d'Ariane de l'image
L’histoire de l’humanité ne s’est pas seulement écrite à la pointe de la plume. Bien avant que l’alphabet ne vienne structurer notre pensée, le dessin fut notre premier langage universel. Sur les parois des grottes, nos ancêtres n’ont pas simplement laissé des traces ; ils ont inventé une nécessité vitale : celle de fixer le temps et de transmettre les secrets de la survie. Bien avant le verbe, il y eut le trait, la couleur et la forme comme fondements d’une mémoire collective.

Le projet AeriastorIA est une invitation à remonter ce fil d’Ariane qui relie les premiers chasseurs-cueilleurs aux bâtisseurs du numérique. C’est un voyage à travers une « grammaire du regard » qui n’a cessé de se complexifier. Des cathédrales médiévales, véritables livres de verre et de lumière où le vitrail dictait la morale aux fidèles, jusqu’à la naissance de la presse satirique au XIXe siècle, l’image a toujours été plus qu’une simple illustration : elle a été un outil de pouvoir, un instrument de révolte et un vecteur d’empathie.

Au cœur de cette épopée visuelle se dresse un monument de l’esprit : la Tapisserie de Bayeux. En parcourant ses soixante-dix mètres de broderie, on découvre, avec une émotion presque vertigineuse, que les artisans du XIe siècle utilisaient déjà les codes de la bande dessinée moderne et du storyboard de cinéma. À travers la « case virtuelle » et la décomposition du mouvement, ils ont inventé le reportage de guerre et la propagande visuelle, prouvant que notre besoin de « voir » l’histoire pour y croire est une constante de notre psyché.

Le XXe siècle et la photo ont achevé cette révolution en brisant la fixité du trait. Du 9ème art, miroir de nos espoirs et de nos angoisses contemporaines, au souffle de l’animation qui donne vie à l’immobile, l’image est redevenue notre syntaxe principale. Elle est aujourd’hui ce langage global qui transcende les frontières et les langues.

C’est dans cet héritage prestigieux que s’inscrit la démarche d’Aeriastory. En s’appuyant sur les nouvelles technicités pour redonner vie à des lieux et des instants oubliés, ce projet transforme la nostalgie d’une carte postale en une expérience vivante du patrimoine. Il ne s’agit pas seulement de restaurer des pierres ou des visages, mais de poursuivre ce geste millénaire : remettre en mouvement le monde pour mieux le comprendre et, par là même, de le réinventer.

Nous espérons que nos actions, innovatrices dans ce domaine, vous permettront  de redécouvrir la puissance de ce lien invisible qui unit les brodeurs médiévaux aux créateurs de demain. Car au fond, que nous gravions la roche ou que nous éclairions des pixels, notre quête reste la même : témoigner de notre Histoire et offrir au futur les images de notre passé.

               

lundi 12 janvier 2026

Port-Aviation 1909 : Le pari fou d'Aériastory pour ressusciter le premier aérodrome au monde

Mess de Officiers en rouge
Délimitation de Port Aviation en 1909
Lors de l'intervention devant la Commission Mémoire de la DGAC, en novembre, l’association Aeriastory a lancé une alerte : notre patrimoine aéronautique disparaît sous le béton. 
Face à l'urbanisation galopante, avec les moyens du bord, une solution audacieuse émerge : l’Intelligence Artificielle. 

Un patrimoine en sursis.

Le constat est amer. Que ce soit sur le plateau de Saclay ou ailleurs, les berceaux de l'aviation cèdent un à un la place à l’extension des villes. Trop souvent, ces terrains historiques s'effacent, victimes de la pression foncière ou d'une configuration inadaptée à l'évolution fulgurante de la technicité aérienne.
L’exemple de Port-Aviation, à Viry-Châtillon, est frappant. Le premier aérodrome organisé au monde, autrefois théâtre de prouesses légendaires, n'est plus qu'un souvenir.

De la zone pavillonnaire à la magnificence de 1909

Mess des Officiers - Port aviation

Aujourd'hui, si l'on superpose le cadastre actuel au périmètre d'origine, le choc est visuel : l'épopée des pionniers a été engloutie par un quartier pavillonnaire. Seul vestige encore debout, le Mess des Officiers survit, comme asphyxié entre des jardins mitoyens.
Comment redonner vie à cette épopée disparue ?  

AériastorIA - L'Intelligence Artificielle au service de la Mémoire

Aériastory s'est lancé un défi de taille : reconstruire virtuellement une journée de grande manifestation de cet espace, dans sa grandeur originelle.

  • La source : Des cartes postales d'époque méticuleusement analysées.
  • L'objectif : Recréer une immersion totale.
  • La promesse : Vous transporter, le temps d'une journée, en plein cœur de l'année 1909.
  • "Faire revivre des terrains mythiques de l'aviation, est un pari fou, une aventure technologique et humaine que nous portons à bout de bras pour 2026."

    Soutenez l'aventure

    Ce projet est bien plus qu'une prouesse technique ; c'est un devoir de mémoire. Pour que les générations futures n'oublient pas que c'est ici que l'homme a appris à conquérir le ciel, nous avons besoin de vous.

    Objectif de collecte pour cette première vidéo : 1 500 €. Votre nom (ou celui de votre entreprise) sera inscrit au générique de la vidéo officielle, diffusée fin février sur notre chaîne YouTube.

    Faire un don à AERIASTORY - Helloasso


              

    jeudi 8 janvier 2026

    De l'Avion à la Microcar : L'Avolette, un Mythe Automobile né dans les hangars de Toussus-le-Noble

    Avolette - Air Tourist Toussus le Noble
    coll Donald le Bihan
    Colorisation AeriastorIA
    Dans la France des années 1950, l'heure est à la reconstruction et à l'ingéniosité. L'équation de la mobilité abordable trouve sa réponse non pas dans les grandes usines, mais dans un lieu inattendu, imprégné d'aviation : l'aérodrome de Toussus-le-Noble. C'est ici qu'est née l'Avolette, une microcar qui incarnait l'esprit français d'entreprendre.

    Un Transfert de Licence Aéronautique et une Collaboration Française

    Au milieu des années 50, l'histoire de l'Avolette prend son envol.
    En 1954, le prototype Brütsch Zweihundert de l'ingénieur allemand Egon Brütsch, petit concepteur de concepts automobiles à 3 et 4 roues de Stuttgart, est présenté au Salon de l'Auto de Paris. Le concept séduit Jean Avot, directeur de la société Air Tourist.

    Air Tourist n'était pas un constructeur automobile. Basée à Toussus-le-Noble, son activité principale était l'importation d'avions (notamment les Cessna). Avot achète la licence à Egon Brütsch et décide de convertir une partie de ses installations aéronautiques à la production automobile, baptisant la version française Avolette.

    Pour ce projet, Monsieur Avot fait appel à un ingénieur français de l'époque, Victor Bouffort. C'est lui qui sera chargé de concevoir le châssis tubulaire qui s'insérera entre les deux coques en polyester du véhicule.

    Toussus-le-Noble : Un Hangar au Lieu d'une Usine

    Avolette -  coll Donald le Bihan
    Colorisation AeriastorIA
    Le choix du site est crucial. Loin des chaînes de montage de l'industrie lourde, la fabrication de l'Avolette se déroulait en petite série dans un grand hangar à Toussus-le-Noble. Ce lieu unique explique le caractère artisanal et l'ambiance d'atelier :

    • Le Contexte du Travail : Un journaliste de l'époque décrivait un site rempli de véhicules à "divers stades d'assemblage", suggérant une production manuelle et une approche "atelier de fabrication".
    • Ingénierie de la Légèreté : La carrosserie en polyester (fibre de verre) – un matériau nécessitant un travail de moulage et d'ajustement plus manuel – s'accordait parfaitement à cette production à petite échelle. Ironiquement, les principes de légèreté et de performance appliqués à l'aviation se retrouvaient dans cette petite voiture de seulement 205 kg.

    Dès le Salon de Paris 1956, l'Avolette prend son identité propre. Le nom allemand s'efface, la microcar arbore un phare cyclope et des lignes révisées.

    Avolette - coll Donald le Bihan


    L'Avolette : Une Gamme Modulable et Astucieuse

    L'Avolette offrait une flexibilité remarquable pour l'époque, avec quatre motorisations possibles, selon l'utilisation prévue par le client. L'argument commercial mis en avant sur les salons était d'ailleurs l'interchangeabilité des moteurs :

    • 125 Ydral (souvent associée à une carrosserie jaune)
    • 175 Ydral (souvent associée à une carrosserie bleue)
    • 200 Sachs (souvent associée à une carrosserie rouge)
    • 250 Maico (souvent associée à une carrosserie orange), notamment pour la fameuse version Record De Luxe, la plus performante.

    Ces moteurs 2 temps étaient refroidis par turbine et air pulsé, une solution simple et efficace.

    Quelques options étaient disponibles pour personnaliser la voiture, telles que le toit en plexiglas, les enjoliveurs de roues, une capote, ou un entourage de pare-brise chromé.

    Conçue pour ceux qui osaient la vitesse, la Record De Luxe (souvent la version 250 Maico) était un concentré d'ingénierie légère :

    Avolette - coll Donald le Bihan

    Précisions sur la Production et la Survie

    Selon Donald le Bihan, collectionneur qui nous met sur le chemin de l'Avolette, ce produit de niche assemblé dans ce hangar d'aviation, n'a connu qu'une production limitée (fin 1956 à mi-1957). Les estimations les plus précises sur le projet français d'Air Tourist sont les suivantes :

    Production Totale : On estime qu'environ 30 à 50 exemplaires de l'Avolette ont été fabriqués.  À ce jour, 6 voiturettes sont connues pour avoir survécu. 4 exemplaires sont restés en France, tandis que 2   sont conservés dans des musées aux États-Unis, assurant ainsi la préservation de ce patrimoine unique.

    Cette faible proportion de survivantes confirme que l'Avolette reste l'une des pièces de collection les plus rares et les plus fascinantes de l'histoire des microcars françaises. Le mythe de ce véhicule, né au milieu des pièces d'avions à Toussus-le-Noble, continue de faire rêver les collectionneurs.

    lundi 5 janvier 2026

    L’aviation prend son envol en noir et blanc à la Médiathèque Le Petit Prince

    Expo photos par Jean Bernard Barsamian - Toussus
    en association avec Aeriastory
    Du 7 janvier au 3 février, les murs de la Médiathèque Le Petit Prince de Toussus-le-Noble vibreront au rythme de l’histoire et de l’image à travers une exposition photographique  signée Jean-Bernard Barsamian, en étroite collaboration avec l’association Aeriastory. Fidèle témoin de la vie aéronautique locale, Jean-Bernard nous invite à redécouvrir les avions à travers son regard singulier, celui d’un passionné qui capture l'âme des machines et des hommes depuis près de deux décennies. 

    En ce qui nous concerne, depuis la célébration du centenaire de l’aéroport en 2007 aux commémorations de la Grande Guerre en 2016, jusqu’au récent passage du Neneu en 2018, ses clichés ont immortalisé les moments de grâce d’un site chargé d’histoire.

    Cette passion pour les ailes ne doit rien au hasard. Ancien aide-mécanicien dans l’Armée de l’Air, Jean-Bernard Barsamian a forgé son œil au contact de la matière et de la rigueur technique. Aujourd’hui photographe professionnel, partageant son temps entre le laboratoire des Archives Départementales des Yvelines et le tumulte des meetings aériens, il déploie une approche à la fois neutre et intensément artistique. 
    Sa particularité, née d’un daltonisme assumé, est de s’exprimer presque exclusivement en noir et blanc. Ce choix esthétique devient pour lui un moyen de modifier la perception du spectateur, l’invitant à délaisser la couleur pour se concentrer sur la pureté des lignes, le jeu des contrastes et la profondeur des textures. 
    L’histoire de Jean-Bernard est celle d’une vocation précoce, née entre les bulles de savon et les effluves de révélateur dans la salle de bain familiale transformée en laboratoire de fortune. Initié dès l’âge de 7 ans par un père artisan photographe et peintre, il signe ses premiers reportages sur des chantiers de fouilles archéologiques dès l’enfance. 
    Autodidacte au parcours riche, il a su transformer chaque étape de sa vie — de responsable photo en production à indépendant pour de grands titres et institutions — en une leçon de regard. Cette école « sur le tas » lui a permis de couvrir l’actualité sous toutes ses formes, du sport motonautique aux festivals de jazz, en passant par les campagnes politiques et les reportages humanistes. 

    Au-delà de l’aviation, l’œuvre de Jean-Bernard Barsamian est une exploration de l'intime et du quotidien. Ses recherches actuelles sur l'univers visuel du vin ou ses reportages poignants sur ses racines arméniennes à Gyumri témoignent d'une sensibilité à fleur de peau. Photographe du "fil rouge", il s’est aussi pris au jeu des instants volés dans le RER, transformant ses trois heures quotidiennes de transport en une poésie visuelle faite de reflets, de solitudes et de mains affairées. 
    Inspiré par les maîtres du témoignage comme Robert Capa ou la mélancolie de Raymond Depardon, il s'efforce de capturer l'instant fugace avec une humilité constante. 

    L'exposition à la Médiathèque Le Petit Prince est bien plus qu’une simple rétrospective technique ; c’est une invitation à voyager dans l'univers d'un homme discret pour qui l’image reste le plus beau des langages pour témoigner, créer et, surtout, s’émouvoir.