mardi 6 avril 2021

Mermoz, cet inconnu

Breguet XIV - Rayak / Liban
© coll. FX Bibert
Marcel Migeo, aviateur dans l’armée de l’Air, a choisi de servir au sein de l'aviation française au Levant à la même période que Jean Mermoz.  Tous les deux se sont croisés, s’étant portés  volontaires dans l’Armée du Levant.

Marcel Migeo, affecté à Deir ez Zor, lors de son séjour en Syrie, a confiné ses mémoires, prenant notes de ses états d’âme, des détails et des péripéties de son séjour au bled.  
Il les publiera plus tard dans son livre « D’azur et de sable ».

Du même âge, de même grade, de même formation,  rebelles de caractère, les deux parfaits inconnus, Jean Mermoz et André Migeo, ayant voyagé à la même époque, tout laisse à imaginer les mêmes conditions de transports, de vie et de séjour. 

De Migeo et de cette période il y a son livre et des photos, de Jean Mermoz, pratiquement rien, mis à part ce que Marcel Migeo et Joseph Kessel écrivirent sur lui et de cette période, ainsi que des photos d’époque d’autres pilotes, observateurs et légionnaires ayant fait ce même service à quelques années d’intervalle.

En ce temps, rien ne prédestinait l’un qui sera une figure emblématique, et l’autre un écrivain, bien connu, mais un peu moins célèbre certes, à qui nous devons cette période qui nous est transmise.

Breguet XIV - Mermoz au Levant - Aeriastory
Création Pierre André Biron - Dawnlight

C’est donc au travers du livre de Marcel Migeo « D'azur et de sable» que nous accompagnerons l’aviateur Jean Mermoz dans cette vidéo qui sera bientôt lancée. 
Revivre la scène des événements du Levant en 1922 et 1923, revoir la propagande de la « France des Colonies » et le rôle l’Armée du Levant sur le Théâtre des Opérations Extérieures de « pacification ».

Brioche ou croissant ?

Si le travail de reconstitution de son séjour fut particulièrement exaltant, des interrogations se sont greffées à sa réalisation, comme celle par exemple : Quels insignes portaient les avions de son régiment  à cette période.
Au sortir de la Grande guerre, et suite au dépeçage de l’Empire Ottoman par les grands Vainqueurs, La France s’établissait dans les pays du Levant avec le matériel de guerre ayant servi en Europe.

Archives Légionnaire André Fertray
© coll Jacqueline Vanhoucke
Ainsi, comme nous le rapporte le Colonel Gérard ancien commandant de l’aviation en Syrie en 1927, les unités de l’aviation militaire Française stationnée au Levant constituaient « l’Aéronautique de l’Armée du Levant » jusqu’au 1er Octobre 1923 avant de devenir le 39eme Régiment d’Aviation.

C’est donc sur la base du document d’Air Levant que l’insigne du Coq à la bombe fut répertorié comme étant celui de l’escadrille qui servit à Damas et à Palmyre.

Toutefois, cet insigne cerclé servi en Europe. Il était de tradition que l’armée arrivant en Orient transformât le cercle en croissant. C’est donc ainsi que nous présenterons l’avion de Mermoz dans notre vidéo. Nous avions consulté des experts pour nous en assurer sans avoir confirmation ou certitude. Question pointue dont probablement certains détiennent la réponse.

Insigne de la 1ère escadrille du 39ème RAO stationnée à Rayack (Syrie) - Cette unité a volé sur Breguet 14A2, puis Potez 25 TOE - Cet insigne est valable pour la période allant du 1er octobre 1923 au 1er octobre 1933  - Site Albindenis.free.fr



Insigne de la 52ème escadrille du Levant, valable pour la période allant du 1er juin 1920 au 1er octobre 1923 - Le cercle a été remplacé par un croissant, que l'on retrouve sur de nombreux insignes d'unités en service au Levant - Insigne collection Philippe Bartlett - site albindenis.free.fr

Nous préférons donc en parler dès à présent, en nous excusant par avance si nous nous étions trompés. Ce détail ne changera en rien au cours de l’Histoire ni au séjour de notre inconnu, le futur illustre Jean Mermoz, mais il a mis de l’épice d'Orient, dans nos fréquents échanges avec nos partenaires que nous remercions chaleureusement. 

samedi 27 mars 2021

Daher Aérospace mécène du Farman à Toussus

Gabriel Raffour - DAHER Aérospace
B Muthelet et G Finan - Aeriastory
Nous sommes touchés et honorés par le don du groupe Daher, qui a répondu rapidement à notre appel et s’implique dans la construction de la maquette Farman.

Toussus le Noble est leur nouvelle base de maintenance en région parisienne. Ouverte en janvier 2019, ce nouveau centre de maintenance est dédié au support des avions du groupe, notamment la gamme TBM.

Une présentation rapide de cette société, bien connue dans le monde aéronautique :

Daher est un avionneur et un équipementier industriel et de services.

Tourné vers l’innovation depuis sa création en 1863, Daher est aujourd’hui présent dans 13 pays et s’impose comme un acteur de référence de l’industrie 4.0. Il est devenu avec le rachat de Kodiak le 7eme avionneur d’affaires dans le monde et un des leaders du mono turbopropulseur, avec plus de 1000 TBM et 200 Kodiak livrés à ce jour. Le groupe s’implique par ailleurs en soutenant l’association Morane Saulnier de Tarbes qui reconstruit un MS type L pour une remise en vol prochaine.

DAHER, hier et aujourd'hui
Nous souhaitons remercier Gabriel Raffour, responsable du DaherLab et les équipes support TBM basées à Toussus-le-Noble pour l’accueil qu’ils nous ont réservé à la station de maintenance.

En tant qu’usagers sur cette plateforme, nous pouvons compter dès à présent sur le soutien de l’ACOP, école de pilotage et de Daher, en souhaitant que la plateforme se mobilise rapidement et dans son ensemble à la création de cette nouvelle vitrine à l’entrée de la commune et de l’aéroport





lundi 22 mars 2021

Construisons ensemble !


A vous: administrations, Région, Département, industriels, usagers, financiers, passionnés...

Les résultats de dix mois de travaux communs de l'équipe Mairie/Association Aérisatory sont finalement récompensés. Le Conseil Municipal du 4 mars a approuvé notre projet et le dossier, remis aux services techniques du département, est accepté.

Nous allons ainsi réaliser et finaliser la maquette pour une inauguration, très probablement en septembre prochain.

Pour répartir le poids de ce financement, nous souhaitons votre participation dans un mécénat autour de cette construction.

Une réalisation qui répond à plusieurs objectifs :

  • Pour notre agglomération VGP, elle valorise un patrimoine, symbole d'un secteur actif et dynamique, créateur d'emplois, à l'entrée d'un aéroport mythique et plus que centenaire.
  • Le département renforce son développement dans des voies de déplacements et de circulations douces autour d'une signalétique et d'une thématique sur un plateau "berceau de l'aviation", lieu où 8 aérodromes avaient vu le jour.
  • Les gestionnaires et les usagers de la plateforme investissent dans une vitrine, une porte d'entrée à leur lieu de travail qui symbolise leurs activités.

Si chacun apporte sa participation, notre facture sera moins lourde pour la valorisation partagée d'un patrimoine qui nous concerne tous!

La Mairie nous désigne officiellement pour pouvoir collecter les fonds. Aeriastory pourra ainsi recevoir directement votre contribution soit par chèque, envoyé à notre adresse ou de préférence via notre compte via :

https://www.helloasso.com/associations/aeriastory

 Un reçu vous est automatiquement délivré permettant une déduction fiscale allant jusqu'à 60% du montant qui vous est autorisé et votre nom sera apposé sur la plaque commémorative.  

mardi 16 mars 2021

Hélène Boucher et Michèle Bondin Seignette

 

Michèle Bondin - portrait
Pilote de voltige

Faisant suite à notre article d'avril 2020 :

http://aeriastory.blogspot.com/2020/04/helene-boucher-une-etoile-filante-dans.html

Une première vidéo a été réalisée et remise à l'association "les amis de Yermenonville" à l'occasion de l'ouverture de l'espace muséal et du circuit dédié à Hélène Boucher,  en juillet 2020.

http://aeriastory.blogspot.com/2020/07/helene-boucher-yermenonville-et.html

Cette première version, nous l'admettons, avait quelques lacunes et des faiblesses.

La journée de la Femme qui devait être célébrée le 9 mars à L'Aéro-Club de France était l'occasion de ressortir une seconde version corrigée, basée sur l’expérience acquise lors de la première réalisation.

Toutefois, la situation pandemique du COVID n'a pu permettre sa projection. Ce n'est que partie remise, Les occasions se présenteront.

Michèle Bondin Seignette, cette femme, quand nos chemins se sont croisés en 2007 lors du Centenaire de l'Aeroport de Toussus, cette amie avec qui nous continuons nos activités et dont nous en profitons pour publier son portrait.



jeudi 11 mars 2021

André Migeo et Aeriastory, des moments inoubliables

G Finan, André Migeo, JC Rivière et Michel Verdelet
Reims 2021

Une journée ensoleillée, une circulation fluide, la rencontre entre  André Migeo et  Aeriastory, en mitoyenneté de la Cathédrale de Reims, des signes de sacre, version  aviation qui nous ont marqués.

André Migeo nous a accueillis en toute amitié, à son domicile, pour discuter avec un ami féru d’aviation, Michel Verdelet,  de son père Marcel Migeo, de ses souvenirs et de cette enfance dans laquelle il baigné : Le monde de ceux qui ont façonné l’histoire de l’aviation.

Une rencontre et des discussions autour d’un champagne, Ville de Reims, oblige.

 Saint- Exupéry, Guillaumet, Mermoz, Hélène Boucher, ils étaient parmi nous, dans cette fantastique épopée que Marcel Migeo, son père, a vécu et qu’il a transmis à son fils et à ses descendants.
Ainsi il y va dans la famille Migeo

Cette famille Rémoise a côtoyé les plus grands aviateurs. Marcel Migeo l’ami de Jean Mermoz, d’Henri Guillaumet et de bien d’autres, a écrit des ouvrages remarqués consacrés à Antoine de Saint-Exupéry , Maryse Bastié et les Rostand.  

Membre de la Commission d’histoire, arts et lettres de l’Aéro-Club de France, membre pionnier de l’Association des Vieilles Tiges, membre d’honneur de l'Académie nationale de l’air et de l’espace, ancien président de l’Académie nationale de Reims, cette rapide synthèse résume et éclaire le parcours et les abords d’un homme attachant et de cette famille que nous rencontrons.

Croquis du Breguet XIV
par Michel Verdelet

Marcel Migeo, s’est engagé au 2e régiment de Strasbourg comme Saint-Ex, il partage son goût pour la littérature. Passionné d’aviation, il passe son brevet de pilote à Istres aux même périodes qu’ Henri Guillaumet et Mermoz.

Aussi, il a beaucoup fait pour développer l’aviation de tourisme, organisant en 1937, le premier rallye aérien des vins de champagne. Lors de la Seconde Guerre mondiale,  il intègre comme sergent pilote le centre d’instruction de bombardement.

Dès sa démobilisation, il relate les manques de l’armée de l’air dans un ouvrage intitulé: « les Rogneurs d’Ailes ». Son propos est vif :  «  Si j’ai pensé que mon livre jetterait dans le cœur de beaucoup de Français, de la tristesse, du dégoût, de la révolte, je n’ai  jamais cru que ceux-là imagineraient qu’il y avait dans notre armée de l’air que des hommes veules, lâches ou pourris ».

En 1942, il publie « Batailles dans le ciel » qui obtient le grand prix littéraire de l’Aéro-Club de France, puis en 1945 il écrit « Pour l’honneur des ailes ». En 1949, il fait paraître un livre sur Henri Guillaumet, pionnier de l’Aéropostale, disparu dans le ciel de la Méditerranée en 1941. En 1952, sa deuxième biographie est consacrée à la grande aviatrice Maryse Bastié.

Le film « les ailes du courage » de Jean-Jacques Annaud, projeté en 1996, au Futuroscope  de Poitiers et à la Géode de la Villette, au format IMAX 3D, sur la traversée des Andes de Guillaumet  se sont basés sur ses ouvrages avec une inauguration en présence et avec la participation de son fils André Migeo.

En 1958, il édite son Saint-Exupéry, un travail minutieux, truffé de détails et d’informations qui éclairent sur la personnalité remarquable du Commandant disparu en service aérien commandé près de la côte méditerranéenne. Son ouvrage reçoit le prix Montyon de l’Académie française.

En 1960, « Visibilité zéro » est consacré à l’aviation postale de nuit. Ce livre est également couronné, cette fois par la Société des gens de lettres. En 1973, son dernier livre est consacré aux Rostand, livre distingué par l’Académie française.

Son fils André Migeo qui est le témoin de mémoire, a lui aussi marqué la ville de Reims.  C’est devant un parterre de personnalités rassemblées autour de Catherine Vautrin, présidente de Reims Métropole et du sous-préfet Michel Bernard, qu’il a reçu la médaille d’or de la jeunesse, des sports et de l’engagement associatif « en témoignage de la reconnaissance de l’État envers ses mérites . Depuis 1956, Il s’est pleinement consacré à la jeunesse, au sport, à la culture et à la vie associative, en parallèle à une activité professionnelle et une mission d’élu local.

André Migeo a présidé le centre Saint-Exupéry et le centre international de séjour. Il s’est également impliqué pour la maison de la culture André-Malraux et a créé le centre rémois d’études linguistiques, ainsi que le centre d’initiatives sportives.  

Croquis du projet
initial de l'ouvrage

Quant à l’aviation, dont Reims est un berceau : André Migeo reste un témoin de mémoire pour avoir publié un ouvrage dédié à la vie et aux écrits de son père Marcel et de son influence dans la Région. Une présence remarquée à l'inauguration du Musée Guillaumet à Bouy.

Bouy, cette commune dont nous nous sommes inspirés pour la maquette de l'avion Farman qui sera installée à Toussus le Noble.

Une autre génération de Migeo a aussi les honneurs, avec Hervé le fils d'André, féru de course automobile et une 9e place au Rallye de Monte-Carlo Historique, en 2013.

Une journée exaltante que nous avions terminé, Jean Cosme Rivière et moi-même en lui remettant la première version de la vidéo de Jean Mermoz au Levant, et des bouteilles de vins de la vallée de la Bekaa en souvenir du passage de son père à Rayack.
Une dédicace  à notre attention, avec ses sincères remerciements,  sur le livre d’un aviateur français  en Syrie en 1923, pour avoir su faire revivre « D’azur et de sable ».
Un ouvrage qui devait avoir pour titre : « A l'ombre des Tayeras »

"Tayeras" ? traduction d'avions en arabe, la marque et l’empreinte du Levant dans ce parcours sous le Mandat.

lundi 8 mars 2021

AéroSaclay, Aériastory et Aériapole

Bienvenue à Aristote et German
délégués de l'équipe 7
 au Challenge Aérosaclay 2021
Le millésime 2021 de ce Challenge Aérosaclay  sera à marquer d’une pierre blanche pour Aeriastory.

Pour la première fois, l’Association en partenariat avec la communauté 106 encadreront une équipe d’étudiants de l’université Paris Saclay dans ce Challenge.

Imaginer avec les contraintes d’aujourd’hui un aéroport du futur qui soit idéalement intégré dans son environnement,  c’est un défi et un thème qui cadrent dans le concept d’Aériapole  (lien) , issu du Centenaire de l’aéroport en 2007.

Un brainstorming que nous nous imposerons en coordination avec la communauté 106 basée sur la plateforme et cette équipe d’étudiants en M1 efficacité énergétique à l’Université Paris-Saclay, sur qui nous comptons pour apporter idées et sang nouveau.

Une confiance sur le chemin qui sera tracé, basé sur la pertinence des questions de ces jeunes qui jalonneront le parcours et notre expérience sur le terrain.

Un Challenge Aérosaclay sur lequel nous sommes exprimés, dans nos divers blogs et sur nos réseaux sociaux depuis sa création.

vendredi 5 mars 2021

Toussus le Noble honore sa Mémoire et grave dans le roc, son Patrimoine


Christine des Saints et Nicolas Coutelin
Les élus exposent le dossier

Jeudi 4 mars 2021, Conseil municipal à Toussus le Noble.

A l’ordre du jour : aménagement du rond point à l’entrée de la commune et de l’aéroport pour dynamiser la porte d’entrée à la commune, un lieu mythique chargé d’Histoire.

Dès l’arrivée des élus de l’actuel mandat, en mai 2020, une équipe a été formée pour mettre à l’étude cet aménagement autour de son Histoire du début de l’aviation, de l’installation de Farman en 1909 sur cet aérodrome qui devint le sien.

Pendant 65 ans, ce fut la cohabitation avec l'aéronautique Navale qui installa sa base dans la commune et qui apporta la modernité que nous connaissons aujourd'hui.

Enfin, c'est le développement des circuits de circulations douces et d’une signalétique thématique de développement  territorial qui sera mise en place avec les divers acteurs de la Région.

Des points qui concordent  avec le projet de l’installation d’une maquette d’un Farman 1910 aux insignes de la Marine sur un rond-point fleuri, le long de la piste cyclable aménagée il y a quelques années.

Mme Vanessa Auroy
Maire de Toussus le Noble

Le Conseil Municipal, autour d’un débat ouvert et démocratique, a échangé avec l’équipe chargée de l’étude de ce dossier technique. Sécurité, esthétique, circulation. Tous ces points ont été abordés pour terminer par un vote favorable.

14 ans après le Centenaire de cet aérodrome, ce premier acte vient symboliser la voie de l'Histoire vers le devenir de cet aéroport.

Une porte qui s’ouvre avec des élus réceptifs et vigilants sur un patrimoine fort en potentiel environnemental, aéronautique, agricole et touristique et soucieux d'un équilibre dans son environnement


samedi 13 février 2021

Congrès National Aéronautique à Toussus le Noble - 1946

Congrès National Aéronautique à Toussus le Noble - 1946
photo Gallica-bnf
La proximité de la capitale et la renommée passée de l'aérodrome de Toussus-le-Noble en font le site idéal pour le développement de l'aviation de tourisme et d'affaires. 
Orly est alors l'aérodrome des longs courriers et Le Bourget celui des liaisons européennes, que l'on veut progressivement vouer au fret aérien. 

Les kermesses aériennes et les salons professionnels qui sont organisés à Toussus, connaissent un très grand succès jusqu'au début des années soixante-dix.

Le nouvel aérodrome de Toussus ne ressemble ni à l'ancien aérodrome Farman, ni à Toussus-Paris. 

Cette renaissance peut être datée du 24 octobre 1946, jour où le commandant Henri Tessier, succède au commandant militaire Tromeur et ouvre le terrain à la circulation aérienne publique, ouverture confirmée par l'arrêté ministériel du 6 février 1947 alors que le Normandie-Niemen est encore là pour quelques mois.

Le commandant Tessier cherche à faire de Toussus-le-Noble un aérodrome agréable d'autant que l'idée d'un centre d'activités de loisirs demeure dans les esprits. Les abords sont traités en pelouses et massifs de fleurs, régulièrement entretenus, effaçant progressivement la trace de l'histoire. 
Les sociétés et les aéroclubs qui s'installent sur le terrain participent à l'aménagement de la zone Sud en rénovant les hangars de Toussus-Paris et ceux construits hâtivement pour le Normandie-Niemen, en établissant de nouveaux hangars dont des abris allemands et par des constructions neuves, comme l'élégant bâtiment d'AirTourist.

Pour vanter les mérites de l'aérodrome de Toussus-le-Noble, Henri Tessier retrouve les arguments des frères Farman : l'attrait d'une région à vingt minutes du centre de Paris, le château de Versailles et la vallée de Chevreuse, pour d'agréables promenades aériennes, la possibilité de déjeuner dans un cadre privilégié et original.

22 Avril 1946, première manifestation aérienne de l’Après-Guerre

Le premier Salon aéronautique de France après guerre intervient dans le cadre du deuxième Congrès national de l'aviation qui se tient à la Sorbonne du 15 au 25 avril 1946. Deux mille sept cents congressistes (savants, ingénieurs, industriels, techniciens, ouvriers, civils et militaires) se penchent sur l'avenir de l'aviation française où tout est à reconstruire.

Le lundi de Pâques, 22 avril 1946, le congrès se rend à Toussus-le-Noble pour une présentation d'avions de tourisme et de planeurs.
Tôt dans la matinée, les badauds arrivent et, depuis les barrières de sécurité engagent la conversation avec les pilotes et les constructeurs présents auprès des appareils quand un camion décharge un avion en pièces détachées : comme l'avait fait REP autrefois, en dix minutes, un avion, le SECAT RG60 est monté et mis en place sur la pelouse.

L'après-midi, le public s'enrichit de visages connus : Henri Farman, Maryse Bastié, Charles Dollfus, Robert Morane, plusieurs officiers du Normandie-Niemen dont Robert Marchi,  et même quelques officiers russes, anglais et américains.

Le Ministre Charles Tillon et son fils
 photo Gallica- bnf
Vers 15 heures, Charles Tillon, ministre de l'Armement, arrive avec son jeune fils et se montre soucieux du prix des avions qu'on lui présente : l'État est à la recherche de l'avion d'aéroclub économique.

Une vingtaine d'appareils est présentée en vol: les pilotes les plus avertis rompent la monotonie du spectacle par des démonstrations d'acrobaties ; des planeurs, Guerchais-Roche, Castel-Mauboussin, C800 et PM200, remorqués par des Fieseler, se livrent, eux aussi, à de remarquables manoeuvres de voltige ; un hydravion, le SCAN20 fait plusieurs passages dans le ciel de Toussus.

Ce premier Salon aéronautique de France est regardé comme un succès qui a permis d'évaluer production et les développements nécessaires.

Pour Toussus-le-Noble c'est le début d’une ère prospère : le 20 juin suivant s'y tient en effet, la première fête aérienne de l'après-guerre avec une participation active du Normandie-Niemen, puis les événements aériens s'enchaînent.. .

L’engouement pour l'aviation populaire est resté intact. Les pouvoirs officiels, soucieux de relancer cette aviation, organisent un concours pour un appareil léger, fiable et d'un prix abordable, stimulant la créativité de nombreux ingénieurs.

Comme avant-guerre, par des subventions pour l'achat d'appareils et des bourses de formation, par la détaxe du carburant, par l'affectation de moniteurs d'Etat, ils encouragent le fonctionnement d'aéroclubs qui se multiplient dans tout le pays et de fréquentes fêtes aériennes tentent d'amener un public toujours plus large à la pratique de l'aviation.

Une reprise rapide de l’activité des aéroclubs

Selon le directeur de la formation aéronautique et des sports aériens de 1957, on comptait, en 1938, pour toute la France, 640 avions dans les aéroclubs.

En 1946, date de reprise de l'activité de l'aérodrome de Toussus-le-Noble, il n'y en a plus que 12, mais déjà 319 en 1950.

On retrouve le niveau d'avant-guerre en 1954 avec 641 appareils qui vont, en trois ans, plus que doubler pour atteindre 1 427 avions d'aéroclubs en 1957.

Le premier aéroclub à revenir sur le terrain de Toussus-le-Noble est le club Louis Moulliard. Logé d'abord dans le hangar face aux ruines de l'Aviatic Hôtel, il s'installe ensuite dans un des petits hangars demi-tonneau de la zone Sud.  Le club disparaît en 1950, remplacé par l'aéroclub du Cinéma de Georges Peclet.

Parmi les aéroclubs qui s'installent en 1947, deux sont toujours sur le terrain : l'aéroclub du canton de Sceaux créé en 1937, aujourd'hui Air Europ'Club de Toussus-le-Noble et le Groupe Aérien du Touring Club de France créé en 1930, basé auparavant à Buc.  En 1949, le Groupe Aérien du Touring Club de France ouvre un lieu de restauration et le 20 juillet 1949, une déclaration d'intention d'exploiter un débit de boissons en qualité de propriétaire, successeur de Sorin et Cie pour la licence est fait par par le président du TCF, Henri Gasquet.

Le club Air France arrive en 1952, c'est le troisième plus ancien aéroclub de  Toussus-le-Noble.

À l'opposé, des clubs de cette époque partiront sur d'autres aérodromes comme le club des Cheminots qui va à Guyancourt ou le club Hispano-Suiza, parti à Pontoise.

À Toussus-le-Noble, « il se passait souvent quelque chose, ... c'était un festival de voltige - époque de Max Delhomme de Jean Falloux - l'arrivée d'une course, la venue d'une vedette.. ) témoignent les voisins de l'aérodrome.

Le  trafic aérien est important - on enregistre 1 180 mouvements dans la journée du 11 juillet 1949. Ce trafic s'écoule par la seule piste en grilles qui ne sera bitumée, à même les grilles, que vers 1960 ; les tours de piste y ont la part belle.

Une bande gazonnée de six cents mètres sur cent est alors aménagée en 1950, au sud de la piste en grilles, avec sa propre voie d'accès et permet d'absorber le trafic des avions-école qui peuvent atterrir, deux par deux en léger décalé, dégageant rapidement la piste.

L'aviation, après guerre, attire toujours autant la population. Le dimanche, nombreux sont les clubs qui organisent des baptêmes de l'air avec un franc succès, au point que Jacques Devaux, passé au civil comme chef de la circulation aérienne de Toussus-le-Noble et titulaire d'un brevet de pilote, prête souvent main forte aux moniteurs qui ne peuvent répondre à la demande.

L'aérodrome de Toussus-le-Noble est fréquemment désigné comme lieu de départ ou d'arrivée de compétitions aériennes comme les Tours de France ou les Rallyes internationaux.

Le Tour de France des jeunes pilotes, né en 1953, est organisé par - la Fédération Française de Vol à Moteur, présidée par Jean-Michel Vernes. L'épreuve permet aux jeunes pilotes d'appliquer leurs connaissances et de mesurer leurs capacités sur un parcours en plusieurs étapes. La compétition connaît un tel succès que le nombre de participants doit être limité à une cinquantaine dans les années soixante et une sélection préalable s'effectue sur des circuits régionaux.

Pour la région parisienne, c'est Paul Ducellier, président de l'Union régionale et par ailleurs directeur de la station-service Farman de Toussus le-Noble, qui les organise avec Gaston Bondin (1), commissaire général, instructeur à Toussus.
L'esprit de Toussus-Paris n'est pas absent. Il se retrouve chez les constructeurs amateurs qui continuent à venir essayer leurs appareils à Toussus.  


1 - Gaston Bondin, père de Michèle Bondin-Seignette, femme pilote, membre d'Aeriastory

Extraits « D’azur et d’Or » - Centenaire de l’aéroport de Toussus (2007)

dimanche 31 janvier 2021

Merveilleux Daniel Bechennec !

Affiche Mermoz au Levant
© Aériastory - Bechennec / 2021
Quand Daniel Bechennec est avec nous, nous sommes certains d’avancer dans la bonne direction. 

Ce breton qui ne prend pas de rides est toujours au sommet de son art. Il a une fois de plus sorti crayons et pinceaux pour répondre à notre demande.

Pour la cinquième année consécutive, cet artiste de grand talent nous offre une réalisation culte qui restera dans les mémoires.

                                        Liens :

 Aviation 14-18,

Normandie-Niemen,

Centenaire de l’aviation Civile,

Du Farman au Rafale, à Toussus le Noble 

des événements,  fer de lance d’Aeriastory pour une valorisation du Patrimoine, gravés dans la Mémoire de la culture aéronautique.

Aujourd’hui c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous divulguons l’affiche :

« Mermoz au Levant – l’envol de l’archange »


Cette affiche est une tête de pont dans notre thématique de 2021.
Un projet de reprendre sous forme de vidéo, la description de la scène lors du Mandat Français dans les pays du Levant où Jean Mermoz s’y porta volontaire, et des événements lors de son séjour. 

Une région toujours d’actualité et des événements passés qui nous permettent de mieux comprendre ceux d’aujourd’hui.

Une vidéo qui nous réservera plein de surprises sur une situation, un état des lieux et une propagande d'époque,  portes ouvertes à l’aventure et le façonnage des hommes.



mercredi 27 janvier 2021

l'Elytroplan vole à Toussus le Noble

 

Les Ailes - Janvier 1937
1937, à Toussus-le-Noble, le pilote Darmendrail procède aux essais de l'Elytroplan, construit par Charles de Rouge.
Voici  la dernière nouveauté en aviation : l'élytroplan. 

Curieux appareil.  « C'est un avion sans queue, monoplan, à aile élytre verticale. Il est propulsé par un moteur de 30 CV placé à l'arrière, son envergure est de 8 mètres, sa longueur de 2 mètres, et sa surface portante de 12 mètres. Sa construction lui permet un atterrissage vertical », résumée dans ses grandes lignes, telle est l'invention de M. Charles de Rougé.

L'appareil a été totalement construit par lui, et c'est le pilote Darmendrail qui l'a essayé en janvier 1937 à l'aérodrome de Toussus-le-Noble.

Il paraît que ces essais ont été concluants et que l'inventeur attend beaucoup de cet avion nouveau.
Peut-être.
Car l'aviation n'a pas encore dit son dernier mot. Sans exagérer, et malgré les inventions incessantes dont elle bénéficie, on peut prétendre qu'elle n'a pas atteint sa perfection.
 Il reste dans les détails, et même l'ensemble, bien des progrès à réaliser.

On a déjà beaucoup fait pour la stabilité dans les modèles actuels d'avions, et notamment aussi pour faciliter les atterrissages, souvent dangereux quand il faut les réaliser sur un terrain de petite dimension.

Vidéo polonaise de l'événement :

      

L'atterrissage vertical recherché par La Cierva qu'une mort tragique a surpris, interrompant ainsi la carrière de l'inventeur de l'autogyre, est obtenu, parait-il, et d'une façon parfaite, par cet «élytroplan». Reste à savoir si la stabilité de ce nouvel avion vaut celle de l'autogyre de La Cierva et du gyroplane de Bréguet .

Si la position verticale de cet aileron de « I'élytroplan » ­ est, croyons-nous, un obstacle à l'obtention de grandes vitesses, il n'en est pas moins vrai que cet avion, considéré comme avion de tourisme ou même postal, peut être la formule future de l'aviation pratique et sans danger. Il peut aussi, si son prix de revient est modique, servir à la propagande de l'aviation pour tous.

Car c'est là le but que doit poursuivre l'aviation: donner à chacun la possibilité d'en user, avec le moins de risques possible et le plus économiquement possible.  

Extraits :  Le Monde Illustré – janvier 1937

jeudi 21 janvier 2021

Election du Bureau d'Aériastory

Bureau Aeriastory 2021

Suite à l'Assemblée Générale Ordinaire du 20 janvier 2021 et les membres qui se sont présentés à l'élection du nouveau Bureau pour un mandat de deux ans

le Bureau millésime 2021 sera constitué de :

Président :  Gérard Finan
Vice-président :  Jean Cosme Rivière
Secrétaire :  Pascal Bouchain
Trésorier :  Bruno Muthelet

Membres d’Honneur :
     C.A. Jacques Petit, 
     Jacques Pageix 

La nouvelle équipe continuera à développer avec dynamisme et détermination, les projets proposés au Bilan moral de l'Association. 


PROJETS 2021 :   

  • Clore le projet d’installation de la maquette Farman à Toussus le Noble
  • Développer le fond « René Crozet » avec Anciens Aérodromes
  • Réaliser une vidéo sur  l’envol de Jean Mermoz  
  • Terminer nos propositions au Centenaire du Hangar d’Ecausseville / Normandie avec Dawnlight.
  • Développement d’activités avec la Communauté 106 sur la plateforme de Toussus  
  • Projet avec les Ailes Arcysiennes  
  • Réalisation d’une vidéo en français similaire à celle réalisée pour  Sol Vidal Massaguer et  la Fundació Parc Aeronautic de Catalunya (Barcelone/Espagne).  

Une invitation à ceux qui souhaiteraient nous rejoindre….


jeudi 14 janvier 2021

Dossier Technique du Rond Point Farman

de g à d : Gérard Finan, Christine des Saints, Nicolas Coutelin
 François Cheron, Marcel Renard, Gilles Pancher
Equipe Rond point Farman-Toussus le Noble
Suite à la réunion du 13 janvier en Mairie, concernant le projet de l'installation d'une maquette d'avion Farman aux insignes de Marine, sur le rond point de Toussus,  le dossier technique est finalisé.

Pour l'historique (lien à l'article) 
et depuis la formation de l'équipe (Lien à l'article) le 5 juillet 2020,  les réunions se sont succédées pour aboutir  aujourd'hui, à la présentation d'un dossier technique. Il sera remis très vite, aux Services du Département et obtenir leurs approbations.

Passé ce stade,  c'est le Conseil Municipal qui devra  délibérer et voter l'engagement des travaux.

En ce qui concerne Aeriastory, les motifs et l'objectif que s’était fixée l'association, sont atteints. Sa réalisation reviendra au vote du CM.  

Nous remercions les élus et toute l’équipe associative pour leurs efforts, leurs constances et la célérité qu'ils ont mis dans ce dossier malgré les conditions particulières que le COVID19  inflige.

Ce sera alors une porte ouverte et un appel à toutes les administrations et les entreprises qui souhaiteront épauler la Commune à la construction de cette vitrine aéronautique, à l'entrée du village, porte d'entrée d'un aéroport mythique et centenaire, temple de l'aviation légère, sur une voie de circulations douces thématique.

Pour nous suivre : http://aeriastory.fr

mercredi 13 janvier 2021

Toute notre reconnaissance à André Migeo

Marcel Migeo - Deir el Zor
Crédit photo : André Migeo
Faisant suite à l'article du 20 juin concernant notre rencontre avec Christian Libes-Mermoz, président de l’association Mémoire de Mermoz (lien), Aeriastory s’engage en 2021, dans un projet sous un angle inédit.

Notre travail, les contacts et documents que nous avions accumulés lors de nos précédentes recherches aux pays du Levant, pour remonter la genèse du Normandie devenu « LE Normandie-Niemen » (2018), le Centenaire de l’aviation Civile (2019), pour arriver au Farman de la Marine (2020)  nous ont conduits tout naturellement à la famille Migeo. 

Un retour à  l’Histoire d’un monde disparu, il y a plus d’un siècle, mais toujours d'actualité.

Toute notre reconnaissance à M. André Migeo pour sa confiance. Il a bien voulu nous ouvrir l’album et les pages de l’histoire de son père, Marcel Migeo, aviateur et écrivain qui a servi au sein de l’aviation française du Levant en 1923.  

Il a côtoyé Jean Mermoz, dans le contingent de militaires envoyés sur ce qu'on appelait les T.O.E  (Théâtre d'Opérations Extérieures). Un  mot « opérations » ayant un sens assez vague qui, d'après lui, n'osait pas donner le véritable nom à des occupations de territoires accordées à la France et à l'Angleterre par les traités qui avaient conduit au dépeçage de l’Empire Ottoman.

Comment donc ne pas évoquer « le Destin » (L’éternelle détermination des choses et de leur déroulement à des moments déterminés) dans cet Orient des mille et une nuits. Un parcours qui relie un aviateur, futur écrivain, à un obscur pilote, futur grande figure, que rien ne prédestinait.  

Marcel Migeo, aviateur et écrivain, est un grand nom de l’époque héroïque de l’aviation, même s’il n’a pas la notoriété d’un Mermoz, d’un Guillaumet ou d’un Saint-Exupéry, qu’il a d’ailleurs connus tous les trois.

Pour Aériastory, M André Migeo accepte de nous faire part des souvenirs de son père au Levant durant cette période de déliquescence de l'Empire Ottoman et des troubles d’insurrectionnels levantins teintés "D'azur et de sable"

Un précieux témoignage dans la valorisation d’une Mémoire Aéronautique, qui nous fait découvrir et mieux comprendre, la scène de l’envol de l’archange lors de son séjour au pays de Zénobie.

Un projet sous forme de vidéo, accessible à tous, grâce au travail de génie de nos membres, passionnés.

samedi 2 janvier 2021

NOTRE FÊTE DE TOUSSUS-LE-NOBLE - 1930

Revue Aéronautique de France 1930
source Gallica / bnf
Devant le temps maussade dont nous fûmes gratifiés le mercredi 28, sans aucun doute ceux de nos adhérents qui s'étaient inscrits pour prendre part à l'excursion aéro-champêtre à Toussus-le-Noble ont dû se demander avec quelque anxiété : pluie ou soleil? Les optimistes disaient soleil, les pessimistes; s'appuyant sur la longue série de mauvais jours que nous venions de traverser, opinaient pluie.

Eh bien! Une fois n'est pas coutume, les optimistes ont eu raison et le ciel s'est mis de notre côté. C'est avec un soupir de soulagement qu'en, soulevant nos rideaux, au saut du lit, nous avons constaté que la journée serait belle.

Elle le fut, à tous les points de vue. Température délicieuse sous un ciel modérément ensoleillé, foule  enthousiaste et disciplinée, organisation parfaite grâce à quoi les inévitables grincheux omirent de se manifester. A la Concorde, les départs s'opèrent avec ordre et, à 11 heures précises, le dernier autocar - l'Officiel - s'éloignait, après que le commissaire qui s'était chargé d'assurer les départs - notre sympathique et dévoué Berthe - se fût assuré que nul retardataire ne restait sur le trottoir.

A Toussus, où un millier de personnes s'étaient rendues, qui par les autocars et autobus préparés à l'avance, qui par leurs propres moyens, les restaurants sont vite envahis, tandis qu'une foule immense de pique-niqueurs s'installe sur les gazons heureusement secs et à l'ombre d'arbres fruitiers dont il me serait téméraire de certifier l'espèce ou les espèces - sûrement pas des orangers ni des citronniers.

Fête de Toussus - 1930

A I'Hôtel Aviatic, table officielle. Autour du président de la Ligue, colonel Renard qu'encadrent le colonel Frugier, représentant du ministre de la Guerre, et le lieutenant de vaisseau Pizard, représentant du ministère de la Marine et eu face de qui s'est assis notre aimable vice-président, M. Dubois-Le Cour, encadré de MM. Georges Billoud, représentant du ministre de l' Air et de M. Louis Couhé et Tronchon, maire de Toussus, se sont assis, pèle-mêle, des Membres du Conseil d'administration de la Ligue dont un, notre distingué confrère de Lafreté, représente en même temps l'Echo de Paris, des journalistes, Frach des Ailes, Marchaud d'Excelsior, d'autres encore, des pilotes, dont Lalouette, devenu depuis un faiseur de rois, Burtin, Moreau, Thuau, Salel -  que me pardonnent ceux que j'oublie - et enfin des amis de la Ligue, comme le charmant Malfanti, G. Comoz, intarissable pince-sans-rire, et enfin Oazier, le sympathique directeur de l' Air-Service et qui ne se doutait guère à ce moment-là que, dans la soirée, ses avions allaient battre le record des baptêmes de l'air.

Au champagne, toast  plein d'à-propos du colonel Renard à qui répond, en une improvisation pleine d'humour et d'amabilité, le maire de Toussus qui est " un père pour nous », me confie à demi-voix mon voisin, un pilote de chez Farman. Vers 2 heures, tandis qu'on sirote lentement le café, aussi bien à l' Aviatic que dans les autres restaurants, la fanfare de Châteaufort, que dirige M. Robert, arrive à Toussus et rappelle soudain aux dîneurs qu'ils ne sont pas venus dans ce coin verdoyant de la grande banlieue parisienne uniquement pour se congratuler, bien manger et digérer placidement,

Comme par enchantement, les restaurants se vident, les pique-niqueurs délestés de leurs provisions accourent et les Etablissements Farman sont soudain envahis par 1200 ou 1.500 personnes qui se pressent devant le pavillon où a lieu le tirage de la tombola, dont les 200 lots, étaient autant de baptêmes de l'air. Beaucoup d'heureux, beaucoup plus de déceptions encore, hélas ! Mais on se console vite et chacun, sortant son portefeuille, veut bénéficier d'un « tour d'espace ». On s'arrache les billets et il faut toute I énergie de nos commissaires pour protéger contre l'enthousiasme le comptable de l'Air-Union qui, en moins d'un quart d'heure, épuise le stock de billets de vol dont il s'était muni. Il n'y en a plus. Il en faut encore! On en établit sur des feuillets arrachés d'un premier, puis d'un second bloc, et cela jusqu'au moment où un émissaire accourt en trombe : « N'en délivrez plus! Nous en avons jusqu'au soir». Et, en effet, jusqu'à six heures et demie, les avions décollent, atterrissent, repartent, chargeant et déchargeant les néophytes. Coupet emmène le colonel Renard dans la cage à poules Farman, celle qui, quelques jours plus tard, sera encore à l'honneur, au meeting de Vincennes ; pendant ce temps, à mes côtés, un brave type grogne : « Les autres volent, moi je suis volé », et il m'explique qu'il est arrivé trop tard  à la distribution des billets ; il s'éloigne en murmurant : « Mais, on remettra ça au Bourget, le 5 juillet. » A la bonne heure, j'aime cette bonne humeur et c'est elle d’ailleurs qui caractérisa cette fête populaire dont le succès fut incontestable.

Bonne humeur au bal organisé sous un hangar et où de gentils couples se disputèrent des baptêmes de l'air donnés en prix aux meilleurs danseurs ;  bonne humeur aux courses en sac, en dépit de quelques chutes qui causèrent plus de rire que de mal ; bonne humeur partout !

Et c'est ce que nous avons voulu!

Quand les autocars commencèrent à reprendre le chemin de Paris, vers six heures et demie, près de six Cents assistants avaient été  baptisés et Lalouette, qui est Pourtant un rude bonhomme, déclarait: « je suis fourbu ; j'en ai emmené pour mon compte plus de cent quarante! »
"A quatre par voyage, cela représente une honorable quantité de décollages et d'atterrissages, n'est il pas vrais ?"

Farman F190

Bien entendu, au- moment de  la séparation, on s'est  donné rendez-vous pour l'année prochaine et ce­ n'est certainement pas la Ligue Aéronautique de France qui  manquera le rendez-vous. Seulement, en 1931 gare à l'encombrement.  
Enfin on s'efforcera d'y parer.

 Félicitons-nous du succès de cette réunion. Nous nous étions fixés un but, nous l'avons atteint. Nous avions voulu que  le public entrât en contact direct et intime avec le monde de l'air ; nous  avions voulu  qu'il se familiarisât avec ce prodigieux outil qu'est l'avion et qu'il pût le voir  vivre de près. Les Etablissements Farman, l'Air-Service; le personnel de ces maisons, MM Coupet, Cazier et Aubert en tête, nous ont permis  de réaliser notre dessein au delà  de nos espérances. Qu'ils en soient remerciés.

Et remercions aussi le Service de ­la Propagande de la Ligue et  la dévouée Mme Charton qui en assure le fonctionnement avec tant d'empressement et d'amabilité ; remercions nos jeunes auxiliaires si plein de bonne volonté ; et notre sympathique secrétaire administratif M Boullant, et ces collaborateurs bénévoles que nous retrouvons en toute occasion, prêts à nous aider et de Ieur bonne parole ­et de leur action  vigoureuse, car il faut parfois de la vigueur pour maintenir douze  cents amateurs se disputant un maximum de six cents places.

Hâtons-nous d'ajouter que cette vigueur fut toujours souriante et que personne ne s'est plaint que sous le gant de velours  on ait senti la main de fer. Vais-je nommer tous, ceux qui nous ont assistés : MM. Gass,  Barberou, Prabonrieau, du Conseil d'administration, Berthe, Lamare-Picquot, Mury, Bertrand , Petit, Letmagny frères, Deunèvres, Burger, Hezard, Soubrier, d'autres encore qui ne m'en voudront pas si je ne les cite pas mais ils sont trop nombreux, et nous aurons certainement d'autres occasions de les inscrire à notre tableau d 'honneur. Et dire que j'allais, oublier M. Charton qui  - est-ce enthousiasme pour l'aviation, est-ce  soumission à  l'article- 213 du­ Code civil? ­- nous a prêté, lui· aussi, un concours infatigable et cela toujours avec le sourire.


AVIS

Ceux de  nos adhérents qui désireraient posséder des photographies leur rappelant les fêtes de Toussus et de  Vincennes, peuvent s'adresser à nos bureaux où ils en  trouveront un choix nombreux et varié


Source 
gallica.bnf.fr / BnF