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dimanche 11 octobre 2020

Organismes et titres à Toussus le Noble

Au début des années 1990 les deux titres : directeur du Saman (Service d’approvisionnement en matériel de l’Aéronautique navale) » et commandant de la BAN (Base d’Aéronautique navale) Toussus le Noble (sans traits d’union) étaient adjoints, un capitaine de vaisseau ancien assumant ces deux fonctions(1).

Directeur correspond à un rôle administratif, en particulier une délégation ministérielle de gestion financière, et commandant à un rôle d’encadrement militaire. 

Le directeur du Saman était par ailleurs directeur d’établissement assurant la gestion du personnel civil de l’Aéronautique navale en région parisienne. 


Le Saman relevait du vice-amiral d’escadre, chef du SC.Aéro (service central de l’Aéronautique navale), situé à l’Hôtel de la marine, 2 rue Royale à Paris, conjointement à l’état-major de la marine. Le chef du SC.Aéro était directement placé sous les ordres de l’amiral chef d’état-major de la marine (CEMM). Le chef du SC.Aéro était également directeur du service de l’Aéronautique navale qui adjoignait au SC.Aéro d’autres organismes aéronautiques de la marine, comme le Saman, mais ce titre n’était employé que pour les opérations de gestion administrative. 


Le Saman avait la tutelle des Epan (Entrepôts principal de l’Aéronautique navale de Cuers et de Quimper-Guengat). L’entrepôt de Quimper-Guengat a été déplacé sur la BAN Lann Bihoué.  

 


 La BAN correspond à l’infrastructure de vie courante et de soutien de tous les organismes et personnes implantées sur le site, traditionnellement constituée de services généraux
(2), services opérations (inexistants à Toussus le Noble) et de services techniques. 

Sur la BAN étaient également implantés : 


  • le SC.Aéro/Tech : bureau technique sur Service central de l’Aéronautique navale, dépendant du vice-amiral d’escadre, chef du SC.Aéro situé à l’Hôtel de la marine, 2 rue Royale à Paris conjointement à l’état-major de la marine ; ce SC/Aéro Tech était dirigé par un capitaine de vaisseau ancien, chef du bureau technique du SC.Aéro, et lui-même constitué des :  

    • SC.Aéro/STech : section technique du SC.Aéro, dirigée par un capitaine de frégate, chef de la section technique du SC.Aéro (3) , et constitués des équipes techniques chargées de suivre les aéronefs ou les matériels aériens ; une équipe de personnel allemands et italiens étaient chargés du Br1150 Atlantic et adjointe à cette section ;

    • SC.Aéro/Setma : section d’environnement technique du matériel aérien, dirigée par un capitaine de frégate, chef de la section d’environnement du SC.Aéro, et constitué des équipes chargées de la planification des visites des matériels aériens, de la documentation technique, du matériel technique de soutien aéronautique ;

  • le Cigma : Centre international de gestion des matériels Atlantic, dirigé tour à tour par un officier supérieur allemand, français et italien, directeur du Cigma, et chargé de la logistique internationale des matériels du Br 1150 Atlantic ; il avait la tutelle de l’EIMA (Entrepôt international des matériels Atlantic, situé à Berre puis à Cuers et hors douane) ; 

  • Cerali (Centre Ralale de logistique intégré) créée à la fin de 1992, dirigé par un colonel de l’Armée de l’air, directeur de Cerali, et alors chargé de l’approvisionnement initial des matériels du Rafale


Ensuite le Saman a été distingué de la BAN, il y eu donc

  • un directeur du Saman (capitaine de vaisseau ancien) ;

  • un commandant de la BAN (capitaine de frégate).


La BAN, sur ordre d’un CEMM, est ensuite devenue EAN : établissement de l’Aéronautique navale, toujours commandé par un capitaine de frégate.  Cela n’a pas eu d’effet fonctionnel notable,


Lors des évolutions de la fin de la décennie 1990, le SC.Aéro a été modifié, les équipes des programmes aéronautiques et le bureau logistique rejoignant l’état-major de la marine. 

Le SC.Aéro fut alors constitué du SC.Aéro/Tech et de ses deux sections et restait autorité de tutelle du Saman ; son chef, contre-amiral, alors fut placé à Toussus le Noble. Sa mission principale était le soutien aéronautique et la disponibilité des moyens aériens de la marine. Comme les autres services de soutien de la marine et comme le contre-amiral commandant la force de l’Aéronautique navale (appelé Alavia), il était placé sous les ordres directs de l’amiral chef d’état-major de la marine (CEMM) auquel il rendait compte directement.


Dans les années 2000, le titre de directeur du Service de l’Aéronautique navale (4) était le seul utilisé et celui de chef du Service central de l’Aéronautique navale (SC Aéro) était délaissé.


CA2 Jacques Petit

de l’Académie de marine

 10 octobre 2020.



1. Ce qui fut mon cas de 1992 à 1995.

2. Les services généraux comprennent le service du commissariat chargé de la gestion militaire du personnel (bureau militaire),

des soldes (bureau administratif), de la restauration du ravitaillement en matériel autre qu’aéronautique.

3. Poste que j’ai tenu de 1990 à 1992.

4.  Fonction assumée par mes soins de 1999 à 2001. 


Crédit photos : CA2 Jacques Petit - Toussus 1992 - 1995


mercredi 15 avril 2020

La Base d’Aéronautique Navale de Toussus le Noble


Ecusson BAN Toussus le Noble 🔍
Lors du Centenaire de l’aéroport de Toussus, l’Aéronautique Navale a choisi de fêter communément, 60 ans de présence dans la commune. L’implication de ses officiers et du personnel en ont fait une manifestation exceptionnelle.

A  l’initiative du Major Patrick Vallière, la participation du comité d’organisation et du personnel de l’ATI,  une vidéo a été réalisée sur l’évolution de la Base durant 60 ans. 
Des documents d'archives et une vidéo mise à jour en 2020 par Aériastory pour une commémoration pérenne de l’Aéronautique Navale à Toussus le Noble.

A l’entrée de la base prônait l’insigne de la BAN :

« Son insigne : en forme d’écu : d’azur à deux plumes d’or posées en sautoir, cantonnées d’une fleur de lys, d’une roue dentée, d’un soleil rayonnant et d’une étoile, le tout d’or ; en pointe une terrasse de gueules ; en chef, sur champ d’azur plus foncé, une ancre ailée d’or chargée d’une étoile du même, accompagnée de l’inscription TOUSSUS LE NOBLE en lettres capitales d’or. L’écu est timbré d’une couronne murale à trois tours, le tout d’or. Entre l’écu et la couronne l’inscription BAN. »
Ainsi était décrite l’insigne de la Base d’Aéronautique Navale de Toussus le Noble dans le livre «  Si Toussus nous étais conté » de Jean Lazennec, édité par le SAMAN en 1982. 

On peut s'étonner qu’un établissement de la Marine s'était solidement installé dans cette commune, au milieu des terres depuis de nombreuses années.

Ecusson SAMAN 🔍
Lors de l’après guerre en 1944 il fallait reconstituer l’Etablissement Général de l’Aéronautique Navale (E.G.A.N.) qui pris le nom de Service d’Approvisionnement en Matériel Aéronautique Navale (SAMAN).
Des entrepôts sont créés mais se relèvent rapidement insuffisants. La Direction du SAMAN cherche une autre implantation qui permettrait héberger aussi l’Escadrille de Réception Convoyage (ERC) et d’avoir des liaisons directes et rapides, par avion, avec les bases et les entrepôts.

Plusieurs projets voient le jour et des plans sont établis pour installer le SAMAN à Saint-Cyr, Satory et aux Mureaux. 
C’est finalement à Toussus le Noble que le SAMAN se recase «provisoirement» le 29 août 1947 dans les baraques libérées par le Régiment Normandie Niemen.

Un « changement de portage » intervient au début de l’année 1948. Le Secrétaire d’Etat à la Marine renonce à faire de Mureaux une base principale qui hébergera le SAMAN. 
Le plan d’aménagement des aérodromes de la région parisienne n’y prévoit pas d’installation permettant l’atterrissage par mauvaise visibilité. 
L’implantation définitive se fera donc à Toussus. Casé le SAMAN ne cessera de perfectionner et de moderniser sa Base et ses méthodes.

La présence simultanée sur le site des organismes centraux technique (SC.Aéro/Tech) chargée d’augmenter la sécurité des vols et la disponibilité opérationnelle en suivant au jour le jour l’activité aérienne et la maintenance des aéronefs et des équipements et le SAMAN, ont permis une optimisation globale permanente du soutien des aéronefs de la marine et une activité aérienne à moindre coût ; elle a servi d’exemple au sein de la marine – le Service de soutien de la Flotte (SSF) a été construit sur ce modèle -  ou interarmées (implantation de CERALI sur le site). 

Les concepts de Soutien logistique intégré (SLI) et de Maintien en condition opérationnelle (MCO) des années 1990 structureront ce modèle de soutien.