jeudi 3 avril 2025

Union des forces autour d'une mémoire aéronautique.

Michel Conte, Daniel Simon, Gérard Finan
et le bureau de l'AMVSQY   

Selon l'adage, "ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières."
La dernière assemblée générale des Amis du musée de la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines (AMVSQY) en est une parfaite illustration.

Cet événement a marqué une étape significative dans le rapprochement de différentes associations, notamment avec l'implication de Michel Conte, président des Ailes Arcysiennes et de Gérard Finan, président d'Aeriastory. Cette collaboration, initiée il y a quelques années, porte aujourd'hui ses fruits.

Dans la continuité de la valorisation de la mémoire aéronautique sur un territoire en pleine urbanisation – un élan amorcé avec l'organisation du centenaire de l'aéroport de Toussus-le-Noble en 2007 – de nombreuses associations ont vu le jour et de multiples initiatives ont été menées : publications, vidéos, commémorations, érection de monuments et de stèles. 
Cette dynamique s'est également renforcée par des partenariats avec des associations sœurs, dont le plus récent est ce regroupement avec les Amis du musée de Saint-Quentin-en-Yvelines, amorcé depuis 2021. 

L'AMVSQY ambitionne de faire revivre cette mémoire aéronautique, aujourd'hui effacée par les constructions résidentielles qui ont remplacé les anciens aérodromes du Mérantais et de Guyancourt. 

Deux ouvrages, auxquels Aeriastory et les Ailes Arcysiennes ont déjà contribué, témoignent de cet engagement. 
Ce partenariat constructif et convivial ouvre la voie au développement de projets communs en 2025, dont les détails seront dévoilés prochainement.

mercredi 2 avril 2025

Discours du CA Jacques Petit au 80e anniversaire du décès de l'amiral Ramsay

CA J Petit - M Will Ramsay
Stèle Amiral Sir Birtram Ramsay
Toussus le Noble 2025

Discours du CA Jacques Petit à l'occasion du 80e anniversaire du décès de l'Amiral Ramsay :

Madame le Maire-adjoint,
Mesdames et messieurs les membres de la Légion d’honneur,
Monsieur et madame Will Ramsay,
Cher commandant Beauclerk et chers membres des réserves de la marine britannique,
Mon cher Gérard, mon cher Jacques, mon cher Jean-Cosme et chers membres de l’association Aériastory,
Mes chers concitoyens de Toussus-le-Noble puisque je suis citoyen d’honneur de votre commune,
Mes chers amis,

En me présentant devant vous je pense à mes parents qui ont servi dans l’armée et la marine de Grande Bretagne :

- le médecin général Sir Georges William James qui servit aux côtés du général Montgomery lors des combats d’Afrique contre le général Rommel et fut le modèle du docteur O’Grady dans les ouvrages d’André Maurois Les silences du colonel Bramble et Les discours et nouveaux discours du docteur O’Grady ;

- le commodore Peter Wyatt de la marine britannique qui, à la retraite d’une carrière navale exemplaire, eut la charge du club nautique royal de l’embouchure de la Dart, dans le Devon. Sur les hauts de la Dart est situé le Britannia Royal Naval College, établissement prestigieux qui forme les officiers de la marine britannique.

 Il y a 30 ans, 50 ans après la seconde guerre mondiale, en 1995, alors que je commandais la base d’Aéronautique navale de Toussus-le-Noble, aujourd’hui fermée, avec monsieur le Maire de Toussus, recevions les fils de l’amiral Sir Bertram Ramsay, monsieur David Ramsay et le major général Charles Ramsay ainsi que l’épouse de ce dernier, sur la base et en ces lieux mêmes pour nous souvenir de la carrière si éminente de l’amiral et de cet accident d’avion tragique qui lui a coûté la vie le 2 janvier 1945.

 Avec nous était présent, avec son épouse britannique, Édouard Bret, enseigne de vaisseau de la marine française en service alors dans le Fleet Air Arm britannique, présent le 2 janvier 1945 et qui nous relata en détail l’accident.
C’est à cette occasion que fut érigée la stèle auprès de laquelle nous sommes par la municipalité de Toussus-le-Noble sur une suggestion du commandant de la base.

 Souvenons-nous de l’amiral Sir Bertram Ramsay et de son rôle si éminent lors de la seconde guerre mondiale. Alors placé dans la réserve, commandant de la marine britannique à Douvres, il dirige avec succès l’évacuation des troupes britannique sur la côte des Flandres lors de l’opération Dynamo. Il est ensuite nommé au commandement du corps expéditionnaire d’invasion du Nord-Ouest de l’Afrique et y participa comme adjoint de l'amiral Cunningham. Puis ce fut l’opération de retour en Europe des troupes alliées par la Sicile puis l’Italie. À l’automne 1943, l’amiral Ramsay, replacé en service actif, commence la préparation du débarquement sur le continent européen. Le débarquement des troupes alliées eut lieu le 6 juin 1944 en Normandie, ce fut le grand débarquement de l’histoire. Et l’amiral Ramsay en commandait la partie navale.

Ramsay, d’une vive intelligence est capable d’embrasser dans toute leur ampleur les opérations à venir ; il montre un sens du concret et du réalisable typiquement britannique ; il sait s’entourer des officiers compétents et, par ses directives, tendre son état-major vers des buts opérationnels concrets à tenir dans des délais contraints quelles que soient la complexité et le nombre des opérations élémentaires à ordonnancer. Il sait avec application les mettre en exécution en les adaptant à chaque instant au contexte opérationnel du moment.

Ainsi vient la victoire. C’est grâce à des officiers de sa trempe que la seconde guerre mondiale a été conclue à l’avantage des alliés.

Nous sommes le 2 janvier 1945, ici à Toussus-le-Noble, libérée de l’occupant allemand six mois plus tôt, sur une base sous commandement de l’US Air Force, et où est stationné un détachement Fleet Air Arm, l’Aéronautique navale britannique, et ou servait l’enseigne de vaisseau français Édouard Bret.

Peu avant 11 h l’amiral Sir Bertram Ramsay arrive ; il doit décoller pour rencontrer le général Montgomery à Bruxelles.

Il a neigé, le temps est froid et gris – a gloomy day – comme diraient nos amis britanniques. L’avion, un Lockheed Hudson, a été préparé et déneigé longuement avec les moyens du bord de l’époque, sceaux et balais, les moteurs ont été réchauffés par un point fixe. Tout est prêt.

Le pilote, le capitaine de frégate de réserve Sir George Lewis, est aux commandes ; le second maître volant radiotélégraphiste David Morgan est aussi à bord.

L’amiral est accompagné du capitaine de frégate George Rowell, officier d'état-major chargé de la planification ; son officier adjoint, le lieutenant de vaisseau de réserve Derek Henderson, aide l’amiral à mettre son manteau de vol. Tous montent à bord après que l’amiral ait échangé quelques mots avec l’enseigne de vaisseau français Édouard Bret.
L’avion roule jusqu’à l’Est de l’aérodrome, tourne puis s’élance vers l’Ouest. 

Édouard Bret m’a dit qu’il avait senti dès la course au décollage que cela n’allait pas. L’avion s’éleva tardivement en bout de piste à l’Ouest, décollant en trois point alors que son arrière aurait dû être levé, puis s’inclina sur bâbord et sans accrocher la montée, bascula brutalement vers le sol.

Les secours en accourant vers l’épave constatèrent que les deux membres d’équipage et les trois passagers avaient été tués à l’impact au sol.

Ainsi périt l’amiral sir Bertram Ramsay, grande figure de la marine britannique, artisan et réalisateur illustre du débarquement de Normandie.
La France ne décora pas l’amiral Ramsay, membre des ordres britanniques et alliés les plus prestigieux, mais en fit un dignitaire de la Légion d’honneur en le faisant grand officier, car il avait eu en particulier sous ses ordres, lors du débarquement, du 6 juin 1944 la flottille des navires français de la France libre en plus du commando Kieffer de fusiliers marins.

Cette modeste stèle rappelle le souvenir de l’accident dans lequel il périt.

En présence de monsieur Will Ramsay et de son épouse je voudrai surtout renouveler ici notre attachement à la famille de l’amiral Sir Bertram Ramsay qui est un exemple pour nous tous, surtout en ces moments où la guerre bruisse à nouveau en Europe.

Que sa famille sache bien que, dans ce petit coin de France au sud de Versailles où il vécut ses derniers instants, son souvenir est vivant et que nous gardons précieusement sa mémoire.

Contre-amiral (2s) Jacques PETIT
de l’Académie de marine,
vice-président de la Section locale des membres de la Légion d’honneur,
président de l’Union nationale des combattants de Buc,
ancien commandant de la BAN Toussus le Noble,
ancien directeur du Service d’approvisionnement de l’Aéronautique navale,
ancien inspecteur de l’Aéronautique navale,
ancien chef du Service central de l’Aéronautique navale,
ancien directeur du Service de l’Aéronautique navale.