mercredi 14 janvier 2026

AeriastorIA, le fil d'Ariane de l'image

AeriastorIA - le fil d'Ariane de l'image
L’histoire de l’humanité ne s’est pas seulement écrite à la pointe de la plume. Bien avant que l’alphabet ne vienne structurer notre pensée, le dessin fut notre premier langage universel. Sur les parois des grottes, nos ancêtres n’ont pas simplement laissé des traces ; ils ont inventé une nécessité vitale : celle de fixer le temps et de transmettre les secrets de la survie. Bien avant le verbe, il y eut le trait, la couleur et la forme comme fondements d’une mémoire collective.

Le projet AeriastorIA est une invitation à remonter ce fil d’Ariane qui relie les premiers chasseurs-cueilleurs aux bâtisseurs du numérique. C’est un voyage à travers une « grammaire du regard » qui n’a cessé de se complexifier. Des cathédrales médiévales, véritables livres de verre et de lumière où le vitrail dictait la morale aux fidèles, jusqu’à la naissance de la presse satirique au XIXe siècle, l’image a toujours été plus qu’une simple illustration : elle a été un outil de pouvoir, un instrument de révolte et un vecteur d’empathie.

Au cœur de cette épopée visuelle se dresse un monument de l’esprit : la Tapisserie de Bayeux. En parcourant ses soixante-dix mètres de broderie, on découvre, avec une émotion presque vertigineuse, que les artisans du XIe siècle utilisaient déjà les codes de la bande dessinée moderne et du storyboard de cinéma. À travers la « case virtuelle » et la décomposition du mouvement, ils ont inventé le reportage de guerre et la propagande visuelle, prouvant que notre besoin de « voir » l’histoire pour y croire est une constante de notre psyché.

Le XXe siècle et la photo ont achevé cette révolution en brisant la fixité du trait. Du 9ème art, miroir de nos espoirs et de nos angoisses contemporaines, au souffle de l’animation qui donne vie à l’immobile, l’image est redevenue notre syntaxe principale. Elle est aujourd’hui ce langage global qui transcende les frontières et les langues.

C’est dans cet héritage prestigieux que s’inscrit la démarche d’Aeriastory. En s’appuyant sur les nouvelles technicités pour redonner vie à des lieux et des instants oubliés, ce projet transforme la nostalgie d’une carte postale en une expérience vivante du patrimoine. Il ne s’agit pas seulement de restaurer des pierres ou des visages, mais de poursuivre ce geste millénaire : remettre en mouvement le monde pour mieux le comprendre et, par là même, de le réinventer.

Nous espérons que nos actions, innovatrices dans ce domaine, vous permettront  de redécouvrir la puissance de ce lien invisible qui unit les brodeurs médiévaux aux créateurs de demain. Car au fond, que nous gravions la roche ou que nous éclairions des pixels, notre quête reste la même : témoigner de notre Histoire et offrir au futur les images de notre passé.

               

lundi 12 janvier 2026

Port-Aviation 1909 : Le pari fou d'Aériastory pour ressusciter le premier aérodrome au monde

Mess de Officiers en rouge
Délimitation de Port Aviation en 1909
Lors de l'intervention devant la Commission Mémoire de la DGAC, en novembre, l’association Aeriastory a lancé une alerte : notre patrimoine aéronautique disparaît sous le béton. 
Face à l'urbanisation galopante, avec les moyens du bord, une solution audacieuse émerge : l’Intelligence Artificielle. 

Un patrimoine en sursis.

Le constat est amer. Que ce soit sur le plateau de Saclay ou ailleurs, les berceaux de l'aviation cèdent un à un la place à l’extension des villes. Trop souvent, ces terrains historiques s'effacent, victimes de la pression foncière ou d'une configuration inadaptée à l'évolution fulgurante de la technicité aérienne.
L’exemple de Port-Aviation, à Viry-Châtillon, est frappant. Le premier aérodrome organisé au monde, autrefois théâtre de prouesses légendaires, n'est plus qu'un souvenir.

De la zone pavillonnaire à la magnificence de 1909

Mess des Officiers - Port aviation

Aujourd'hui, si l'on superpose le cadastre actuel au périmètre d'origine, le choc est visuel : l'épopée des pionniers a été engloutie par un quartier pavillonnaire. Seul vestige encore debout, le Mess des Officiers survit, comme asphyxié entre des jardins mitoyens.
Comment redonner vie à cette épopée disparue ?  

AériastorIA - L'Intelligence Artificielle au service de la Mémoire

Aériastory s'est lancé un défi de taille : reconstruire virtuellement une journée de grande manifestation de cet espace, dans sa grandeur originelle.

  • La source : Des cartes postales d'époque méticuleusement analysées.
  • L'objectif : Recréer une immersion totale.
  • La promesse : Vous transporter, le temps d'une journée, en plein cœur de l'année 1909.
  • "Faire revivre des terrains mythiques de l'aviation, est un pari fou, une aventure technologique et humaine que nous portons à bout de bras pour 2026."

    Soutenez l'aventure

    Ce projet est bien plus qu'une prouesse technique ; c'est un devoir de mémoire. Pour que les générations futures n'oublient pas que c'est ici que l'homme a appris à conquérir le ciel, nous avons besoin de vous.

    Objectif de collecte pour cette première vidéo : 1 500 €. Votre nom (ou celui de votre entreprise) sera inscrit au générique de la vidéo officielle, diffusée fin février sur notre chaîne YouTube.

    Faire un don à AERIASTORY - Helloasso


              

    jeudi 8 janvier 2026

    De l'Avion à la Microcar : L'Avolette, un Mythe Automobile né dans les hangars de Toussus-le-Noble

    Avolette - Air Tourist Toussus le Noble
    coll Donald le Bihan
    Colorisation AeriastorIA
    Dans la France des années 1950, l'heure est à la reconstruction et à l'ingéniosité. L'équation de la mobilité abordable trouve sa réponse non pas dans les grandes usines, mais dans un lieu inattendu, imprégné d'aviation : l'aérodrome de Toussus-le-Noble. C'est ici qu'est née l'Avolette, une microcar qui incarnait l'esprit français d'entreprendre.

    Un Transfert de Licence Aéronautique et une Collaboration Française

    Au milieu des années 50, l'histoire de l'Avolette prend son envol.
    En 1954, le prototype Brütsch Zweihundert de l'ingénieur allemand Egon Brütsch, petit concepteur de concepts automobiles à 3 et 4 roues de Stuttgart, est présenté au Salon de l'Auto de Paris. Le concept séduit Jean Avot, directeur de la société Air Tourist.

    Air Tourist n'était pas un constructeur automobile. Basée à Toussus-le-Noble, son activité principale était l'importation d'avions (notamment les Cessna). Avot achète la licence à Egon Brütsch et décide de convertir une partie de ses installations aéronautiques à la production automobile, baptisant la version française Avolette.

    Pour ce projet, Monsieur Avot fait appel à un ingénieur français de l'époque, Victor Bouffort. C'est lui qui sera chargé de concevoir le châssis tubulaire qui s'insérera entre les deux coques en polyester du véhicule.

    Toussus-le-Noble : Un Hangar au Lieu d'une Usine

    Avolette -  coll Donald le Bihan
    Colorisation AeriastorIA
    Le choix du site est crucial. Loin des chaînes de montage de l'industrie lourde, la fabrication de l'Avolette se déroulait en petite série dans un grand hangar à Toussus-le-Noble. Ce lieu unique explique le caractère artisanal et l'ambiance d'atelier :

    • Le Contexte du Travail : Un journaliste de l'époque décrivait un site rempli de véhicules à "divers stades d'assemblage", suggérant une production manuelle et une approche "atelier de fabrication".
    • Ingénierie de la Légèreté : La carrosserie en polyester (fibre de verre) – un matériau nécessitant un travail de moulage et d'ajustement plus manuel – s'accordait parfaitement à cette production à petite échelle. Ironiquement, les principes de légèreté et de performance appliqués à l'aviation se retrouvaient dans cette petite voiture de seulement 205 kg.

    Dès le Salon de Paris 1956, l'Avolette prend son identité propre. Le nom allemand s'efface, la microcar arbore un phare cyclope et des lignes révisées.

    Avolette - coll Donald le Bihan


    L'Avolette : Une Gamme Modulable et Astucieuse

    L'Avolette offrait une flexibilité remarquable pour l'époque, avec quatre motorisations possibles, selon l'utilisation prévue par le client. L'argument commercial mis en avant sur les salons était d'ailleurs l'interchangeabilité des moteurs :

    • 125 Ydral (souvent associée à une carrosserie jaune)
    • 175 Ydral (souvent associée à une carrosserie bleue)
    • 200 Sachs (souvent associée à une carrosserie rouge)
    • 250 Maico (souvent associée à une carrosserie orange), notamment pour la fameuse version Record De Luxe, la plus performante.

    Ces moteurs 2 temps étaient refroidis par turbine et air pulsé, une solution simple et efficace.

    Quelques options étaient disponibles pour personnaliser la voiture, telles que le toit en plexiglas, les enjoliveurs de roues, une capote, ou un entourage de pare-brise chromé.

    Conçue pour ceux qui osaient la vitesse, la Record De Luxe (souvent la version 250 Maico) était un concentré d'ingénierie légère :

    Avolette - coll Donald le Bihan

    Précisions sur la Production et la Survie

    Selon Donald le Bihan, collectionneur qui nous met sur le chemin de l'Avolette, ce produit de niche assemblé dans ce hangar d'aviation, n'a connu qu'une production limitée (fin 1956 à mi-1957). Les estimations les plus précises sur le projet français d'Air Tourist sont les suivantes :

    Production Totale : On estime qu'environ 30 à 50 exemplaires de l'Avolette ont été fabriqués.  À ce jour, 6 voiturettes sont connues pour avoir survécu. 4 exemplaires sont restés en France, tandis que 2   sont conservés dans des musées aux États-Unis, assurant ainsi la préservation de ce patrimoine unique.

    Cette faible proportion de survivantes confirme que l'Avolette reste l'une des pièces de collection les plus rares et les plus fascinantes de l'histoire des microcars françaises. Le mythe de ce véhicule, né au milieu des pièces d'avions à Toussus-le-Noble, continue de faire rêver les collectionneurs.

    lundi 5 janvier 2026

    L’aviation prend son envol en noir et blanc à la Médiathèque Le Petit Prince

    Expo photos par Jean Bernard Barsamian - Toussus
    en association avec Aeriastory
    Du 7 janvier au 3 février, les murs de la Médiathèque Le Petit Prince de Toussus-le-Noble vibreront au rythme de l’histoire et de l’image à travers une exposition photographique  signée Jean-Bernard Barsamian, en étroite collaboration avec l’association Aeriastory. Fidèle témoin de la vie aéronautique locale, Jean-Bernard nous invite à redécouvrir les avions à travers son regard singulier, celui d’un passionné qui capture l'âme des machines et des hommes depuis près de deux décennies. 

    En ce qui nous concerne, depuis la célébration du centenaire de l’aéroport en 2007 aux commémorations de la Grande Guerre en 2016, jusqu’au récent passage du Neneu en 2018, ses clichés ont immortalisé les moments de grâce d’un site chargé d’histoire.

    Cette passion pour les ailes ne doit rien au hasard. Ancien aide-mécanicien dans l’Armée de l’Air, Jean-Bernard Barsamian a forgé son œil au contact de la matière et de la rigueur technique. Aujourd’hui photographe professionnel, partageant son temps entre le laboratoire des Archives Départementales des Yvelines et le tumulte des meetings aériens, il déploie une approche à la fois neutre et intensément artistique. 
    Sa particularité, née d’un daltonisme assumé, est de s’exprimer presque exclusivement en noir et blanc. Ce choix esthétique devient pour lui un moyen de modifier la perception du spectateur, l’invitant à délaisser la couleur pour se concentrer sur la pureté des lignes, le jeu des contrastes et la profondeur des textures. 
    L’histoire de Jean-Bernard est celle d’une vocation précoce, née entre les bulles de savon et les effluves de révélateur dans la salle de bain familiale transformée en laboratoire de fortune. Initié dès l’âge de 7 ans par un père artisan photographe et peintre, il signe ses premiers reportages sur des chantiers de fouilles archéologiques dès l’enfance. 
    Autodidacte au parcours riche, il a su transformer chaque étape de sa vie — de responsable photo en production à indépendant pour de grands titres et institutions — en une leçon de regard. Cette école « sur le tas » lui a permis de couvrir l’actualité sous toutes ses formes, du sport motonautique aux festivals de jazz, en passant par les campagnes politiques et les reportages humanistes. 

    Au-delà de l’aviation, l’œuvre de Jean-Bernard Barsamian est une exploration de l'intime et du quotidien. Ses recherches actuelles sur l'univers visuel du vin ou ses reportages poignants sur ses racines arméniennes à Gyumri témoignent d'une sensibilité à fleur de peau. Photographe du "fil rouge", il s’est aussi pris au jeu des instants volés dans le RER, transformant ses trois heures quotidiennes de transport en une poésie visuelle faite de reflets, de solitudes et de mains affairées. 
    Inspiré par les maîtres du témoignage comme Robert Capa ou la mélancolie de Raymond Depardon, il s'efforce de capturer l'instant fugace avec une humilité constante. 

    L'exposition à la Médiathèque Le Petit Prince est bien plus qu’une simple rétrospective technique ; c’est une invitation à voyager dans l'univers d'un homme discret pour qui l’image reste le plus beau des langages pour témoigner, créer et, surtout, s’émouvoir.

    dimanche 14 décembre 2025

    Exposition au Centre Leclerc de Bois d'Arcy

    Ailes Arcysiennes au Centre Commercial Leclerc
    Bois d'Arcy - Crédit  Aériastory
    C'est sous le signe de la mémoire et de la transmission que l'association Les Ailes Arcysiennes a récemment organisé une exposition au centre commercial LECLERC de bois d’Arcy, concrétisant la volonté de valoriser le patrimoine aéronautique. Cet événement s'inscrit directement dans le cadre du mouvement anthropique développé par Aeriastory lors de la commission Mémoire à la Direction Générale de l'Aviation Civile.

    Une Mutualisation d'Efforts pour l'Histoire et la Jeunesse

    L'exposition a été rendue possible grâce à la mutualisation des efforts avec les associations partenaires, et notamment par le prêt des panneaux thématiques par Aeriastory. Ces panneaux, d'une grande richesse historique et visuelle, étaient centrés sur deux figures emblématiques qui ont marqué l'histoire de l'aviation française : Roland-Garros et Antoine de Saint-Exupéry.

    Il est essentiel de souligner que ces supports ont été spécifiquement conçus pour être à la portée des jeunes et des enfants. La conception visait à simplifier les concepts complexes et à rendre les vies de ces héros de l'air accessibles et inspirantes pour le jeune public. L'objectif était clair : éveiller les vocations et transmettre l'héritage aéronautique aux futures générations, en utilisant une approche pédagogique adaptée.

    Les visiteurs de tous âges, y compris les plus jeunes, ont ainsi pu plonger dans les parcours exceptionnels de ces pionniers. De l'exploit de la traversée de la Méditerranée par Roland-Garros à l'œuvre littéraire et l'engagement de pilote d'Antoine de Saint-Exupéry, l'exposition a rappelé l'impact culturel, technique et humain de ces aviateurs légendaires.

    La Présence Remarquée d'Yves Saint Yves

    Un moment fort de cette manifestation fut la présence de l'historien Yves Saint Yves. Venu partager sa passion et son expertise, il a pu échanger avec le public autour de ses ouvrages dédiés à l'histoire de l'aviation. Sa participation a apporté un éclairage précieux et une dimension supplémentaire à la valorisation de ce patrimoine.

    Note : Ce type d'initiative illustre parfaitement la manière dont les associations peuvent s'unir pour garantir que l'histoire de l'aéronautique continue d'inspirer les nouvelles générations, en utilisant des outils pédagogiques adaptés à l'enfance.

    Un Appel à Poursuivre la Collaboration

    Fortes du succès de cette exposition, Les Ailes Arcysiennes et Aeriastory tiennent à souligner leur engagement à réitérer ces actions. Elles lancent un appel à toutes les autres associations ou organismes qui souhaitent s'associer à cette mission commune : faire évoluer avec elles la valorisation du patrimoine aéronautique.

    Ensemble, ces acteurs démontrent qu'il est essentiel de préserver et de rendre accessible au plus grand nombre le souvenir de ceux qui ont écrit les plus belles pages de l'histoire de l'air.

    lundi 8 décembre 2025

    Jean Mermoz, la Genèse d’un Mythe

    Sergent Jean Mermoz
    La scène de l’envol de Jean Mermoz, surnommé « L’Archange », avait marqué en 2021 le point de départ d’un projet de recherche pour Aeriastory, suite à l’étincelle engagée lors d’une rencontre avec Christian Libes, président de l’association Jean Mermoz.

    L'histoire de Mermoz n'est pleinement connue qu'à travers ses exploits tardifs. Aeriastory a voulu creuser pour mieux comprendre ce qui a précédé le mythe. Pour saisir la genèse de cette figure emblématique, il nous a fallu remonter le temps jusqu’à l’époque des Grands Empires.

    L’histoire humaine a horreur du vide. C’est dans le contexte de la déliquescence de l’Empire Ottoman et de l’émergence de nouvelles opportunités économiques (chemin de fer, pétrole, avion) que les grandes puissances (Angleterre, France, Russie) ont jeté leur dévolu sur le Levant. L’Orientalisme, autrefois limité au commerce ou au rêve, s'est développé avec l'apparition de la photographie et de l'aviation.

    C'est dans ce climat géopolitique bouillonnant du début du XXe siècle que le jeune Jean Mermoz, pilote volontaire dans l’Armée Française du Levant, a séjourné notamment à Palmyre, en Syrie, de 1921 à 1923.

    Sur le rail de D'Azur et de Sable

    Notre recherche sur la période du Mandat a pris un sens nouveau en croisant le destin de l'Archange avec celui de Marcel Migeo. Celui-ci, aviateur dans l’armée de l’air, s'était également porté volontaire pour servir au sein de l'aviation française au Levant à la même période que Jean Mermoz, qu’il a côtoyé.

    Migeo a consigné ses états d’âme, les détails et les péripéties de son séjour dans ses mémoires, publiées plus tard sous le titre évocateur : D'Azur et de Sable. Les deux hommes, du même âge, de même grade et partageant un caractère rebelle, ont vécu dans des conditions de séjour similaires. L’un deviendra une figure de l’histoire de l’aviation, l’autre nous a légué un témoignage essentiel. De Jean Mermoz, il ne reste pratiquement rien de cette période, mis à part ce que Marcel Migeo et Joseph Kessel écrivirent sur lui.

    C'est donc sur le rail du livre de Marcel Migeo que nous accompagnerons Jean Mermoz pour revivre en vidéo, la scène des événements du Levant en 1922 et 1923. Cette démarche permettra de revoir la propagande de la « France des Colonies » et le rôle de l’Armée du Levant sur le Théâtre des Opérations Extérieures de « pacification », sur cet échiquier humain grandeur nature embaumé d’un parfum de jasmin et de poussière du désert.

    Mise à jour du projet (2025)

    La vidéo Aériastory réalisée initialement en 2021 est aujourd’hui revue et remaniée en 2025 afin de mettre plus en évidence le séjour de Mermoz en Orient que de reprendre l’historique de la présence Française et Britannique dans les pays du Levant.

    Les deux versions de la vidéo (longue et raccourcie) se retrouvent sur la Chaîne YouTube Aeriastory.

                 

    mercredi 3 décembre 2025

    L'IA Fait Décoller la Mémoire : Quand le Patrimoine Aéronautique Retrouve ses Couleurs Éclatantes

    Carte postale recolorisée,
    en route pour décoller, si vous cliquez sur la photo!
    AeriastorIA
    Aux prémices de la photographie, les cartes postales figeaient le présent, aujourd'hui l'Intelligence Artificielle, baptisée chez nous "AeriastorIA", s'attaque à la dimension chromatique des archives. Le défi : faire revivre les "premiers instants perdus" de la Mémoire capturés par des clichés d'époque.

    L'ère des pionniers de l'aviation était celle du noir et blanc. Des biplans fragiles, des hangars de bois, et des visages concentrés... 
    Ces fragments essentiels de notre mémoire aéronautique semblaient condamnés au sépia. Pourtant, une révolution technologique orchestrée par l'Intelligence Artificielle est en train de réécrire l'histoire, ou du moins, de la repeindre. L'association Aeriastory, reconnue pour sa mission de valorisation du patrimoine aérien (notamment autour de Toussus-le-Noble, berceau de l'aviation), est aux avant-postes de cette résurrection numérique.

    Une Tradition d'Innovation : De la 3D à AeriastorIA

    L'usage des technologies de pointe pour faire revivre l'histoire n'est pas nouvelle pour l'association. Aeriastory a été pionnière dans l'imagerie virtuelle au service de la préservation du patrimoine.

    Dès 2019, à l'occasion du centenaire de l'aviation civile, Aeriastory s'était déjà illustrée. Avec l'aide du jeune architecte Pierre André Biron, l'association avait réalisé en imagerie virtuelle 3D une prouesse historique : la reconstitution du premier vol civil  en Goliath Farman, parti de Toussus-le-Noble pour Londres en février 1919.

    Cette expertise s'est étendue à d'autres pans de l'histoire, comme la visite virtuelle du hangar d'Écausseville (Manche), où les dirigeables sortaient pour chasser les sous-marins durant la Première Guerre mondiale.

    Cette tradition de l'immersion virtuelle se poursuit aujourd'hui, avec un nouvel outil de pointe.

    AeriastorIA : Le Pinceau Numérique d'Aeriastory.


    Le secret de cette résurrection réside dans l'utilisation de modèles d'apprentissage profond (Deep Learning). AeriastorIA est entraînée sur d'immenses bases de données pour inférer les couleurs d'origine avec une précision sidérante.

    Grâce à cette technologie, les avions, les hangars et les visages des pionniers retrouvent une authenticité chromatique saisissante :

    • Restauration des détails : L'IA nettoie, supprime les rayures et les plis, améliorant considérablement la netteté des clichés.
    • Résurrection des teintes : Elle distingue la couleur du bois des premiers avions Farman, la nuance exacte des uniformes de vol, ou l'éclat des toiles des ailes exposées au soleil, offrant un véritable choc chromatique.

    « L'objectif est de rendre les scènes du passé plus perceptibles et émotionnelles," souligne l'association. "Voir un cliché d'archive colorisé et restauré par AeriastorIA, c'est se connecter directement à l'audace de l'époque. »

    L'IA au Service de la Transmission

    L'impact d'AeriastorIA est crucial pour la transmission de ce patrimoine. L'image colorisée est immédiatement plus engageante, faisant des expositions et des supports numériques d'Aeriastory un pont accessible vers le passé.

    Pour compléter cette immersion visuelle, Aeriastory a déjà fait un premier pas vers une approche multisensorielle en ajoutant une nouvelle playlist sur sa chaîne

    Frémissement d'ailes

    Cette initiative vise, à terme, à capter et à mettre en mouvement le frémissement de ces premiers instants de l'envol des pionniers. L'image colorisée, restaurée et reprend vie, reconstituant la base visuelle d'un grand projet de redynamisation de la mémoire aéronautique.

    Ce mariage entre le passé glorieux de l'aviation et l'Intelligence Artificielle d'aujourd'hui prouve que la meilleure façon de préserver la mémoire n'est pas seulement de la conserver, mais de la faire revivre avec tout son éclat.

    Aeriastory continue de rechercher des clichés rares pour son programme AeriastorIA. Si vous possédez des vieilles cartes postales ou photos aéronautiques, votre mémoire peut retrouver ses couleurs .