![]() |
| Travaux ADP Piste Toussus Pierre Bocandé (ADP) - Gérard Finan (Aériastory) |
Une visite au cœur de l'histoire
L'association Aeriastory
souhaite remercier vivement Pierre Boncandé, manager des aérodromes
d’aviation générale (Groupe ADP), ainsi que son équipe, pour nous avoir organisé une
visite exceptionnelle d'un chantier ultra sécurisé.
De visu, nous avons pu constater l’ampleur des travaux et « toucher du doigt » ce qui, jusqu’à présent, n’était qu’une page d’histoire.
Cette immersion a permis de confirmer la superposition des
techniques utilisées par le Génie américain pour créer l'aérodrome A-46.
De l'herbe à l'acier : Une consolidation par étapes
Avant l'arrivée des Alliés, le plateau de Saclay avait déjà été
stabilisé par les Allemands, notamment par l'assèchement de l'étang du Trou Salé. Sur cette base, les
Américains ont procédé par étapes :
1.
L'urgence (Le SMT) : Pour une ouverture en 24 heures,
les ingénieurs ont d'abord déployé du SMT (Square Mesh Track). Ce grillage métallique en
rouleaux offrait une solution de déploiement ultra-rapide pour l'accueil des chasseurs, à la Libération.
2.
La consolidation (Le PSP) : Avec le QG d'Eisenhower, basé au Trianon Palace de Versailles, et le transport militaire, pour supporter des avions plus
lourds, la piste a été renforcée par du PSP (Pierced Steel Planking). Ces plaques d'acier
perforées ont créé l'armature rigide indispensable au ravitaillement allié.
.jpg)
PSP et SMT dégagés sous la piste de Toussus
Aériastory
Un chantier sous haute surveillance : 2 000 tonnes de ferraille et
de risques
.jpg)
Aériastory
Le constat de terrain est sans appel : après 82 ans, les plaques
PSP et le SMT sortent de terre totalement
défoncées et tordues par des décennies de contraintes mécaniques.
L'ampleur de l'extraction est massive : environ 50 000 plaques, soit un poids total avoisinant les 2 000 tonnes d'acier, sont aujourd'hui
envoyées au rebut pour recyclage.
Mais ce terrassement ne se fait pas sans danger. Une équipe de dépollution pyrotechnique
est impérativement présente sur le terrain. Leur mission est de sécuriser
chaque mètre carré décaissé, les bombardements de 1944 ayant laissé dans le
mille-feuille géologique de la piste des probables vestiges explosifs.

Pavillon construit par les américains à Toussus le Noble
Un patrimoine visible : Des pavillons de style colonial

L'héritage de 1944 reste aussi ancré par les maisons construites
pour les officiers du 439th Troop
Carrier Group et les officiers de liaison du quartier général
d'Eisenhower (Versailles).
Ces habitations au style colonial
continuent de servir de résidences. Elles ont accueilli successivement les
commandants de l'aéroport, les officiers de l'Aéronautique navale, et sont
aujourd'hui occupées par le personnel d'ADP ainsi que des résidents privés.
Un don pour la mémoire
Malgré l'envoi massif au recyclage, des pièces symboliques ont été
sauvées et remises à la Commune de Toussus. Une plaque sera offerte à Aeriastory par le Groupe ADP. Ce vestige
restera le témoin concret de l'époque où Toussus était identifié sur les Aeronautical Charts du US Army Map
Service sous le code A-46.
.jpg)

