Rayak et la
genèse du Normandie, nous démontre la complexité historique du lieu tout au
long du siècle dernier pour nous faire remonter aux accords de Sykes-Picot et comprendre les nombreux protagonistes en présence

Le but était de relier Beyrouth à Damas, faisant de Beyrouth l'accès de la Syrie à la mer et contrecarrer ainsi le projet britannique de relier Damas à Jaffa.
Le
Proche-Orient est alors découpé, malgré les promesses d'indépendance faites aux
Arabes, en cinq zones :
2. zone
arabe A, d'influence française comportant le Nord de la Syrie actuelle et la
province de Mossoul ;
3. zone
rouge britannique, d'administration directe formée du Koweït actuel et de la
Mésopotamie (actuel Irak sans la région de Mossoul) ;
4. zone
arabe B, d'influence britannique, comprenant le Sud de la Syrie actuelle, la
Jordanie actuelle et la future Palestine mandataire ;
5. zone
brune, d'administration internationale comprenant Saint-Jean-d'Acre, Haïfa et
Jérusalem. La Grande-Bretagne obtiendra le contrôle des ports d'Haifa et
d'Acre.
Rayak, dans la plaine de la Bekaa, se trouve dans la zone bleue française à 62 km de
Beyrouth.
De par sa position, la ville comporte de nombreux équipements publics : un aéroport militaire, une caserne, une gare de chemin de fer sur l'ancienne ligne Beyrouth-Damas construit par une société française en 1895.
De par sa position, la ville comporte de nombreux équipements publics : un aéroport militaire, une caserne, une gare de chemin de fer sur l'ancienne ligne Beyrouth-Damas construit par une société française en 1895.
La ligne d’une longueur totale 117 km, dont 92 km au Liban
a été construite par la Société des Chemins de fer Ottomans économiques de
Beyrouth-Damas-Hauran. Le même consortium qui construisit le chemin de fer
Damas-Hama et prolongements qui vont jusqu'à Alep où il se raccorde au chemin de
fer Berlin-Bagdad construit par un groupe à dominante allemande.
Les gares et les maisons des gardes-barrières sont des copies
d'ouvrages français, les rails et le matériel de voie sont belges, les
locomotives à vapeur sont suisses. La voie franchit la chaîne du Mont-Liban et
culmine à 1 400 mètres. Les locomotives à crémaillère sont nécessaires.

Suite à l'invasion de la France par la Wehrmacht en 1940, les deux territoires passent sous l'autorité du régime de Vichy et accueillent des détachements de la Wehrmacht destinés à attaquer les possessions anglaises voisines.

Le premier groupe aérien de chasse de la France libre
(Groupe de chasse Alsace) y est créé le 15 septembre 1941. Sur une initiative
du général VALIN, le Groupe de Chasse n°3 “Normandie” est créé à Rayak, le 1er
septembre 1942.