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lundi 11 mars 2024

Le Domaine de Bel Air à Bièvres


L’Association Aériastory est honorée d’apporter sa contribution à la valorisation historique, en cours, du "domaine de Bel-Air" à Bièvres.

Le château de Bel Air qui fut construit par Louis XIV pour sa première grande favorite, Louise de LA VALLIERE (1644-1710), est mitoyen de la BA 107.

Lors des événements de 1870-1871, Bel Air subit deux occupations. 
La première pendant la guerre franco-allemande de 1870, Bièvres est occupée durant 6 mois par l’armée allemande. Le château de Bel Air devient le quartier général des prussiens. 
La seconde occupation se situe aux premiers jours de la Commune. Il sera le quartier général du chef de l’expédition contre les révoltés de Paris. 

En avril 1889, la propriété est vendue. 
Les propriétaires consentent un legs envers les Missions Etrangères de Paris. Il en est fait don puis, suit la construction d’un séminaire, qui devient un lieu de formation des prêtres missionnaires. 

Goering à Buc
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le séminaire est l’objet de réquisitions, il est transformé par l’autorité militaire comme hôpital et porte alors le nom « d’hôpital complémentaire V.R.78 » jusqu’au 12 juin 1940 ; puis lors de l'occupation, les Allemands en prennent possession du domaine le 20 juin. La Luftwaffe occupera le site jusqu’en 1944. Le Général Goering y aurait séjourné lors de ses passages, en revue des aérodromes de Villacoublay, Buc et Toussus, lors de la bataille d'Angleterre.
 
A la Libération, l’armée américaine prendra le relais jusqu’au 14 mars 1946. 

Le 15 juin 1966, le domaine de Bel Air fait l’objet d’un arrêté de classement à l’Inventaire des Sites. En 1982, le projet d’acquisition de Bel Air par le Ministère de l’Intérieur est à l’étude. Il est réalisé en 1984. 

La C.R.S. n°8 y est installée à Bièvres depuis le 15 mai 1986 et partage le site avec le RAID.

mercredi 2 août 2023

L’aérodrome de Toussus le Noble, de l’occupation allemande à la Libération.

Allemands au Chateau Landolff
Toussus le Noble
 L’aérodrome de Toussus-le-Noble, aérodrome privé déjà prospère avant la première guerre mondiale, s’était maintenu au lendemain du conflit et avait continué son développement sous l’impulsion de la Maison Farman.

Toutefois, la seconde guerre mondiale impose une modification radicale et durable, dans l’aspect de l’aérodrome ou dans son statut et passe d’un aérodrome privé à un aéroport ouvert à la circulation aérienne publique.
Début juin 1940, l’aérodrome Farman achève de se replier sur la Rochelle et l’armée française quitte les lieux le 15 juin 1940.

Lors de l’occupation allemande des terrains d’aviation de Toussus-le-Noble, Les Allemands entreprennent d’aménager le terrain en utilisant tout l’espace disponible, englobant les deux aérodromes, Farman et Toussus-Paris, en allant au-delà de leurs limites.
Les terrains de Buc et de Toussus-le-Noble qui souvent décrits sous une même dénomination  n’ont jamais été réunis en un seul sauf sur les cartes d’Etat Major des militaires, vu leurs proximités.

L’étang de Trou Salé est asséché et les Allemands s’établissent d’autorité, sur les terrains agricoles qui bordent le champ d’aviation suivant l’ancien mur du Grand Parc, future zone Sud. Ils y tracent des routes et y montent des hangars.

En juillet 1940, avec les Dornier 17 et les Heinkel 111 d’une unité météorologique, la Weksuta 51, au service des unités de bombardiers de la région parisienne, l’aérodrome de Toussus-le-Noble passe sous le commandement du lieutenant-colonel Friedrich Vollbracht qui y installe l’état major d’une escadre de chasse lourde (ZG2), équipée de Messerschmitt BFll0. Ces unités sont affectées sur le front russe, après la bataille d’Angleterre,

Toussus-le-Noble, qui était cadre d’écoles militaires françaises à la veille de la première guerre mondiale, devient, en 1941, celui d’une école de chasse allemande.
La Jagdflieger Schule 5 arrive en région parisienne, le 27 mai 1941. Composée de trois escadrilles, la troisième est basée à Toussus-le-Noble jusqu’en octobre 1942. Elle devient ensuite l’escadre de chasse 105. Les avions basés sont des biplaces d’entraînement Arado 66 et 96, des NAA57 ainsi que des Messerschmitt BF109 et des Focke-Wulf 190.

Le 11 août 1944 a lieu un premier bombardement américain et la libération de Toussus-le-Noble le 24 août 1944. 

Le 445th Heavy bombardment group americain, de la eighth Air Force , mentionne les renseignements des terrains de Buc et de Toussus, comme suit :

Paris-Buc (FR) (alias Buc, Toussus-Buc, Toussus-le-Buc) (48 45 55 N – 02 07 22 E) : aérodrome situé au nord de la France à 19 km au sud-ouest de Paris, à 1,5 km au nord-est du village de Toussus le Noble et à 1 km au sud du village de Buc. Les aérodromes de Buc, Toussus-le-Noble et de Guyancourt sont proches les uns des autres.

Buc a été utilisée par la firme Potez pour tester des avions avant la chute de la France et devient alors la base principale des unités de reconnaissance à longue portée allemande  desservant la
Luftflotte 3

Dimensions : env. 1 000 x 660 mètres. Piste: surface gazonnée avec d’importants travaux de drainage effectués par le Lw. et voies de zones de dispersion.  Infrastructure: installations complètes d’entretien et de soutien avec 4 grands et petits hangars sur les côtés Nord et Est du champ, ateliers et hangars .

Le personnel est logé dans le Château Haut Buc et une villa terrain avec d’autres dans le village de Buc. Ainsi qu’à Toussus au Chateau

Dispersion : il y avait 24 petits abris d’avions couverts en juin 1943.

Défenses: il y avait au moins 5 positions légères de Flak en juin 43. Une grande partie du périmètre de l’aérodrome était entourée de barbelés.

Satellites et leurres : Magny-les-Hameaux-Mérantais (48 44 N – 02 03 E) champ de satellite ou de dispersion suspecté juste à côté de l’extrémité ouest de la zone Paris-Buc. Répertoriée par la Luftwaffe comme opérationnel en juin 1944.

Remarques: 20 avril 41 : l’aérodrome emploie 1 537 travailleurs non allemands.

Le 27 oct 43: la reconnaissance photographique a montré que le grand hangar rectangulaire été enlevé ainsi que 2 petits abris couverts de la zone de dispersion ouest.

Bombardement Américain
Buc- Toussus
Du 15 juin 1944 au 12 aout 1944 les terrains furent bombardés successivement :

15 juin 44: bombardé par 21 B-24 Liberators. 22 juin 44: bombardé par 36 B-24. 25 juin 44: bombardé par 11 B-24. 12 août 44: bombardé par 67 forteresses B-17.

16 août 44 : l’évacuation et la démolition de l’aérodrome ordonnées par la Luftflotte 3.

Unités opérationnelles ayant servies sur ces plateformes : Wekusta 51 (juillet 40 – 42 septembre) ; JG 51 (juin 40); Stab juillet – 44 août); 1.(F)/Aufkl.Gr. 123 (40 juillet – 43 juin); 3.(F)/Aufkl.Gr. 123 (juillet 4 (F)/Aufkl.Gr. 33 (juin-sept. 42); 1.(F)/Aufkl.Gr. 121 (juin 43 – août 44)

L’aérodrome de Toussus-le-Noble est occupé par l’armée américaine à partir de septembre 1944 et jusqu’à l’été 1945 (officiellement réquisitionné du 17 novembre 1944 au 1er septembre 1945) sous le code A46. Les Américains qui ne trouvent qu’une piste en herbe, prévoyaient d’en réaliser deux – une, NO-SE, d’environ 1100 mètres et une autre, NE-SO, de 1000 mètres – comme l’indique une carte Secret, éditée le 9 novembre 1944. Seule une piste NE-SO de 1050 mètres, en grilles métalliques, est créée par les Ponts et Chaussées en 1945. Le terrain, sous le commandement du capitaine Michael Adams, est utilisé essentiellement par des avions de liaison et occasionnellement pour le ravitaillement d’avions de chasse. Trois pavillons d’habitation sont édifiés à cette époque: l’un dans le parc du château pour le commandant Adams, un près de l’entrée de l’aérodrome et un autre près du club house, occupés ensuite par les autorités civiles de l’aérodrome.

Normandie-Niemen au Chateau Landolff
Photo Mémorial Normandie Niemen
Les réquisitions dues à la guerre s’étendent en réalité sur un domaine plus vaste que les deux anciens terrains d’aviation de Toussus et touchent des terres agricoles comme celles de la ferme d’Édouard Lacher, lui imposant de telles contraintes qu’elle ne pourra survivre. Victime de sa proximité avec l’ancien champ d’aviation, ses terrains seront expropriés en 1952 au profit de l’ Aéroport de Paris, après le décret d’utilité publique du 30 octobre 1951 pour le maintien et l’installation de l’aérodrome de Toussus-le-Noble.

Quand les Américains quittent Toussus-le-Noble. L’aérodrome est à nouveau réquisitionné à compter du 1er septembre 1945 au profit de l’armée de l’Air française et le 29 septembre, le ministre de l’ Air décide d’y installer le Normandie-Niemen qui y sera basé pour une période de 18 mois avant leur départ à Rabat-Salé en 1947.

En préparation une vidéo, "Des Allemands à l’aéroport à la Libération de Toussus le Noble"

mardi 14 février 2023

Projet sur l'avenir d'un fort porté par une dynamique militaire et aéronautique

Blériot XI Pégoud au dessus
d'un fort Séré de Rivières
 A l'abandon depuis 50 ans, l’Etat propose au travers d’un appel à projets, dont il sera seul décisionnaire, de mettre en vente le Fort du Haut-Buc.

Cette décision sera basée sur une évaluation d'enjeux multiples. 
Plusieurs promoteurs se sont penchés sur la faisabilité du projet. Certains ont approché Aeriastory.

Appréhender un territoire porté par une dynamique aéronautique et militaire, c'est donc dans ce cadre qu’ont entrepris Aeriastory et ses partenaires de construire un projet de réhabilitation du fort du Haut Buc. Ce patrimoine désaffecté depuis plus 50 ans nécessite une recherche d'équilibre dans son environnement.

Tout au long de nos démarches, notre étude a évolué grâce aux contacts multi-générationnels et multi-directionnels, tous secteurs publics et privés confondus.

De même, la présence du lycée Franco-Allemand, à proximité du fort. a joué un rôle symbolique dans le montage du projet.  Suite au traité de l'Elysée en 1963, de trois lycées Franco-allemands qui ont vu le jour, c'est le seul inauguré en France, les deux autres se trouvent en Allemagne.

Ce patrimoine nous questionne sur la manière de le transmettre aux futures générations. Il correspond à notre Histoire en général et aéronautique en particulier, notre culture, nos conflits. Il devrait contribuer à  notre coopération en Europe et renforcer notre relation avec notre voisin allemand

Echanges avec des lycéens
du Franco Allemand
L’architecture de ce fort militaire influence notre environnement. Il est bâti sur un site exceptionnel, se positionnant sur un territoire « Berceau de l’aviation et de l'Aéroparc Blériot, limitrophe de l’aérodrome Farman ». 

La valorisation de ce site dans son environnement actuel est notre enjeu, pour citer un texte de l’UNESCO: “Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes et des femmes, c’est dans l’esprit des hommes et des femmes que doivent être élevées les défenses de la paix.

C'est par le ciment de la Culture que nous construisons ce projet afin de rendre vivants les témoignages du passé et évoluer vers un avenir confiant et constructeur.

Brainstorming avec les collégiens
du Lycée Franco-Allemand
Conserver, protéger ce patrimoine en aménageant des lieux de rassemblements polyvalents forgera notre identité culturelle. Sa mise en valeur catalysera la créativité et soutiendra l’identité de notre plateau.

Cette approche telle nous la concevons serait le liant et une source d’attractivité touristique et économique, un lieu qui dynamiserait les rencontres musicales, artistiques, artisanales, historiques et culturelles multi-générationnelles.

Ce projet donnera envie de comprendre l'Histoire. Il soutiendrait le tourisme durable et culturel et répondrait aux demandes des communes et des associations. Il aura sa place aux journées du Patrimoine.

Quelque soit l’issue, ce site ne pourrait rester dans cet état végétatif, dans une région en plein développement.

Vidéo de son état en 2008, qui subit un délabrement constant :