mardi 12 août 2025

Une vidéo exceptionnelle : l’Aviatic renaît de ses cendres

Aviatic Hotel 1912 - Coll privée Pascal Créach
Colorisée Aeriastory
Merci à Jérôme Grosse d’Anciens Aérodromes, qui nous offre l'opportunité de découvrir une vidéo exceptionnelle où l'Aviatic Hôtel reprend vie. 
Ce document de 45 minutes, filmé par les Allemands durant l'occupation en 1941, fait partie d’une bande vidéo plus longue. (10 heures)

Aeriastory a choisi de ne diffuser que le passage qui concerne directement la région. Nous y avons ajouté les musiques de Carl Orff, Carmina Burana et Lilly Marlène par Suzy Solidor. Le choix de cette bande-son est en accord avec l'époque et l'ambiance particulière du lieu durant l'occupation. 

Ce film, notre unique témoin du prestige de cet endroit aujourd'hui disparu, nous plonge au cœur d'une époque surprenante et d'une première partie de l'occupation quand l'impressionnante armée allemande, en envahisseur, a joué de la séduction, pour ensuite, tomber dans l'horreur. 
Mais ça c'est autre histoire.

De 1913 à 1940, l'Aviatic Hôtel fut l'un des établissements les plus luxueux de la région. Situé face aux aérodromes REP et Farman, il était étroitement lié à l'essor de l'aviation. Son emplacement stratégique en a fait un lieu de rendez-vous incontournable pour les aviateurs et les constructeurs aéronautiques, notamment Farman, qui l'utilisait dans ses brochures publicitaires pour attirer les adeptes du tourisme aérien. Les clients pouvaient y déjeuner sur une grande terrasse couverte tout en admirant le ballet des aéroplanes.

Un luxe raffiné et un service impeccable

L'Aviatic Hôtel offrait un confort et un raffinement sans pareil. Le rez-de-chaussée abritait des pièces spacieuses, comme un salon-bibliothèque, une salle de billard et un bar. La salle à manger, pouvant accueillir 120 convives, était en bois de chêne, et la vaisselle, en porcelaine. La verrerie en cristal, dont 52 services à champagne, et l'argenterie de la maison Christofle ajoutaient une touche d'élégance et de raffinement.

Les seize chambres principales étaient équipées de lavabos en porcelaine et de linge de qualité. Le décor intérieur témoignait d'un grand luxe : douze grands tableaux à l'huile, des vases japonais, des lustres imposants, un piano, un phonographe et même un modèle réduit d'avion, aussi coûteux que le billard.

Le personnel était à l'image de l'établissement : le maître d'hôtel était anglais et les femmes de chambre étaient suisses. Cette prospérité, qui a duré de 1913 à 1940, a pris fin avec le début de la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire d’une famille et une fin tragique

Après la Première Guerre mondiale, la direction de l'hôtel-restaurant fut confiée au couple Mandeville. Robert James Mandeville, un citoyen britannique et ancien mécanicien du Royal Flying Corps, dirigeait l'établissement avec son épouse, Louisa. La clientèle de l'hôtel était souvent composée d'aviateurs anglais de passage.

L'histoire de l'hôtel s'est brutalement arrêtée en 1940 lorsque les propriétaires ont fui l'invasion allemande. Lors de la Libération de Paris, alors que les Allemands fuyaient, le bâtiment fut incendié. Il est resté en ruines pendant vingt ans avant d'être acquis par un particulier pour y construire une habitation privée.

Dernière minute:
Certains ne pourront visionner cette vidéo. Cette version a été bloquée pour cause de la piste audio Carmini Burnana du WDR Sinfonieorchester Rundfunkchor - Nous procédons à une modification par d'autres version, de cette piste audio.

Avec toutes nos excuses !

             


Une seconde version avec de meilleures probabilités :