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Avolette - Air Tourist Toussus le Noble coll Donald le Bihan Colorisation AeriastorIA |
Dans la France des années 1950, l'heure est à la reconstruction et à
l'ingéniosité. L'équation de la mobilité abordable trouve sa réponse non pas
dans les grandes usines, mais dans un lieu inattendu, imprégné d'aviation :
l'aérodrome
de Toussus-le-Noble. C'est ici qu'est née l'
Avolette, une microcar
qui incarnait l'esprit français d'entreprendre.
Un Transfert de Licence Aéronautique et une
Collaboration Française
Au milieu des années 50, l'histoire de l'Avolette prend son envol.
En 1954, le prototype Brütsch Zweihundert de l'ingénieur allemand Egon
Brütsch, petit concepteur de concepts automobiles à 3 et 4 roues de Stuttgart,
est présenté au Salon de l'Auto de Paris. Le concept séduit Jean Avot,
directeur de la société Air Tourist.
Air Tourist n'était pas un constructeur automobile. Basée à
Toussus-le-Noble, son activité principale était l'importation d'avions
(notamment les Cessna). Avot achète la licence à Egon Brütsch et décide de
convertir une partie de ses installations aéronautiques à la production
automobile, baptisant la version française Avolette.
Pour ce projet, Monsieur Avot fait appel à un ingénieur français de
l'époque, Victor Bouffort. C'est lui qui sera chargé de concevoir le châssis
tubulaire qui s'insérera entre les deux coques en polyester du véhicule.
Toussus-le-Noble : Un Hangar au Lieu d'une Usine
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Avolette - coll Donald le Bihan Colorisation AeriastorIA |
Le choix du site est crucial. Loin des chaînes de montage de l'industrie
lourde, la fabrication de l'Avolette se déroulait en petite série dans un grand
hangar à Toussus-le-Noble. Ce lieu unique explique le caractère artisanal
et l'ambiance d'atelier :
- Le
Contexte du Travail : Un journaliste de l'époque décrivait un site rempli de véhicules à
"divers stades d'assemblage", suggérant une production manuelle
et une approche "atelier de fabrication".
- Ingénierie
de la Légèreté : La carrosserie en polyester (fibre de verre) – un matériau
nécessitant un travail de moulage et d'ajustement plus manuel –
s'accordait parfaitement à cette production à petite échelle.
Ironiquement, les principes de légèreté et de performance appliqués à
l'aviation se retrouvaient dans cette petite voiture de seulement 205
kg.
Dès le Salon de Paris 1956, l'Avolette prend son identité propre. Le nom
allemand s'efface, la microcar arbore un phare cyclope et des lignes
révisées.
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Avolette - coll Donald le Bihan
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L'Avolette : Une Gamme Modulable et Astucieuse
L'Avolette offrait une flexibilité remarquable pour l'époque, avec quatre
motorisations possibles, selon l'utilisation prévue par le client.
L'argument commercial mis en avant sur les salons était d'ailleurs l'interchangeabilité
des moteurs :
- 125 Ydral (souvent
associée à une carrosserie jaune)
- 175 Ydral (souvent
associée à une carrosserie bleue)
- 200 Sachs (souvent
associée à une carrosserie rouge)
- 250 Maico (souvent
associée à une carrosserie orange), notamment pour la fameuse
version Record De Luxe, la plus performante.
Ces moteurs 2 temps étaient refroidis par turbine et air pulsé, une
solution simple et efficace.
Quelques options étaient disponibles pour personnaliser la voiture, telles
que le toit en plexiglas, les enjoliveurs de roues, une capote, ou un entourage
de pare-brise chromé.
Conçue pour ceux qui osaient la vitesse, la Record De Luxe (souvent la
version 250 Maico) était un concentré d'ingénierie légère :
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Avolette - coll Donald le Bihan
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Précisions sur la Production et la Survie
Selon Donald le Bihan, collectionneur qui nous met sur le chemin de l'Avolette,
ce produit de niche assemblé dans ce hangar d'aviation, n'a connu qu'une
production limitée (fin 1956 à mi-1957). Les estimations les plus précises sur
le projet français d'Air Tourist sont les suivantes :
Production
Totale : On estime qu'environ
30 à 50 exemplaires de l'Avolette ont été
fabriqués. À ce jour,
6
voiturettes sont connues pour avoir survécu.
4 exemplaires sont
restés en
France, tandis que
2 sont
conservés dans des
musées aux États-Unis, assurant ainsi la
préservation de ce patrimoine unique.
Cette faible proportion de survivantes confirme que l'Avolette reste l'une
des pièces de collection les plus rares et les plus fascinantes de l'histoire
des microcars françaises. Le mythe de ce véhicule, né au milieu des pièces
d'avions à Toussus-le-Noble, continue de faire rêver les collectionneurs.