A. Bergantz, G. Finan, V. Auroy, M. Brugny Forum Associations Toussus le Noble 2026
Le forum annuel des associations est
maintenant derrière nous. Chaque année, cette manifestation est riche en
rencontres qui nourrissent les projets en construction de l'association
Aeriastory.
Nous tenons
tout d'abord à remercier Mme le Maire Vanessa Auroy et son équipe. Elles sont
toujours à l'écoute de nos réalisations et nous soutiennent dans les actions menées
par l'association.
C'est autour
d'un travail commun que l'association Aeriastory et la commune de Toussus
œuvrent pour que la valorisation et la promotion de notre patrimoine
contribuent au développement culturel comme économique d'une commune riche en
histoire et ouverte à l'innovation.
Nous
remercions également Mme Anne Bergantz pour sa visite et les échanges que nous
avons pu avoir. Une nouvelle page s'ouvre sans doute dans nos relations, dont
nous sortirons mutuellement enrichis — un développement anthropique cher à
notre philosophie.
Ces
synergies et cette dynamique partagées ouvrent dès aujourd'hui de
nouvelles voies avec les associations locales et des communes voisines, pour
la création de nouveaux partenariats et projets.
Un patrimoine vivant, c'est une économie en mouvement !
Valoriser notre patrimoine n’est pas
un luxe, c’est l’affaire de tout un territoire. Et nous avons besoin de vous !
L'association Aériastory s'investit
sur le terrain pour restaurer et faire vivre un patrimoine qui dépasse
largement les frontières de notre seule commune. Ce travail bénéficie à
l'ensemble du bassin de vie. Pourtant, décrocher le moindre soutien reste un combat permanent.
Dans une région en forte urbanisation où la valorisation
de notre patrimoine se dilue, il est temps de voir plus grand : le patrimoine
ne s'arrête pas aux panneaux d'entrée d’une commune. Nous voulons mobiliser les
intercommunalités pour faire de notre mémoire locale un véritable moteur de
développement culturel et touristique intercommunal.
Face à la frilosité des guichets uniques, notre véritable force, c’est vous.
Pour réveiller l'ensemble des acteurs publics du
territoire de devenir des partenaires actifs, nous devons démontrer la force de
notre ancrage populaire.
L'association ne prend plus les chèques au vu des frais bancaires exorbitants pour frais de gestion de compte.
A la Médiathèque Le Petit Prince pendant tout le mois de septembre. Venez découvrir une épopée qui a lié le plateau de Saclay à l'écume des mers.
Ce regard vers l'histoire résonne fort avec l'actualité locale, suite à l'échec en juin 2026 de l'Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI) portant sur les 3,8 hectares de l'ancien Établissement Aéronautique Naval.
En 2026, la Marine nationale franchit le cap symbolique des quatre siècles
d’existence. Si l’imaginaire collectif tourne ses regards vers les grands ports
militaires de Brest ou de Toulon, c’est aussi à Toussus le Noble, qu’une page de son épopée aéronavale s’est écrite.
Durant tout le mois de septembre, la Médiathèque Le Petit Prince
accueille l’exposition « De Farman à l'Aéronautique Navale »,
conçue par l’association Aériastory.
À travers 13 kakemonos, les visiteurs sont invités à découvrir comment une marine, pour
être efficace en mer, s'est enracinée durant 65 ans dans les terres de
Toussus-le-Noble.
Du premier Farman aux chasseurs de haute technologie
L’histoire commune s'amorce le 12 septembre 1910 avec la commande par la
Marine d’un biplan Maurice Farman, livré à Toussus le 26 décembre et confié au
lieutenant de vaisseau Byasson : le tout premier pas de l’aviation embarquée
française. Pérennisé aujourd'hui par la stèle à l’échelle 1/1 du
rond-point Toussus/Buc. En 2007, lors du Centenaire de l'aéroport et des 60 ans de présence
de la Marine, le ciel de Toussus voyait d'ailleurs se croiser un Blériot XI
d'époque et un Rafale Marine supersonique.
Illustration Daniel Bechennec Aériastory
L’âge d’or de la B.A.N. Toussus (1947-2011)
Succédant en 1947 à l’Armée de l’Air et au prestigieux régiment Normandie-Niemen,
la Base d’Aéronautique Navale (B.A.N.) de Toussus s'est imposée pendant plus de
six décennies comme le cerveau logistique et technique de la flotte aérienne
militaire. L'exposition retrace le rôle majeur d'organismes stratégiques qui y
ont siégé :
Le SAMAN (Service
d'approvisionnement en matériel de l'aéronautique navale), gérant le
matériel et le personnel civil francilien.
Le
SC.Aéro (Service central de l’Aéronautique navale), veillant à la
disponibilité opérationnelle des appareils.
L’ERC (Escadrille
de Réception et de Convoyage), assurant de 1947 à 1979 la liaison
entre usines et flottilles.
Le CIGMA
& le CERALI, véritables carrefours internationaux pour le Breguet 1150 Atlantic
(avec l'Allemagne et l'Italie) et le programme Rafale.
Transmettre la mémoire pour éclairer l'avenir
Depuis le départ des marins en 2011, les traces physiques du site
s'effacent. Membre des « Marins du Ciel », Aériastory œuvre pour préserver cet héritage.
Analogie fonctionnelle - capillarité des transports AeriastorIA
Aujourd'hui,
l'actualité locale de l'ancien Établissement Aéronaval (EAN) de
Toussus-le-Noble — suite à l'échec de l'Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI)
de l'État en juin 2026 — illustre parfaitement cette thèse. Vouloir réhabiliter
ce site de 3,8 hectares sans repenser sa connectivité et sans l'adosser à sa
vocation aéroportuaire est une impasse.
Cette situation fait écho à la publication de notre manifeste en
février 2026, « La France Aérienne
: Quand les Capillaires Régionaux Éviteraient l'Infarctus des Hubs », qui
posait un diagnostic clair : la vitalité de nos territoires et la fluidité de
notre économie dépendent d’un maillage d'aérodromes régionaux forts, agissant
comme des capillaires indispensables pour éviter la congestion des grands hubs
et des métropoles.
Donner vie à un ensemble sans pouvoir l’irriguer mène tout
naturellement à une asphyxie aux conséquences graves et irrémédiables.
Le
constat : L'impasse et la congestion routière
L’échec de l’AMI initial à Toussus-le-Noble démontre, une fois de
plus, que des projets d’urbanisation ou d'activités classiques, déconnectés des
réalités d'accès locales, ne peuvent pas fonctionner. À l'heure où la commune
engage la rédaction d'une Orientation d'Aménagement et de Programmation (OAP)
pour l'intégrer au Plan Local d'Urbanisme (PLU), nous devons regarder la
réalité en face :
Le réseau routier actuel de la boucle de la Seine et du plateau de
Saclay est déjà saturé. Modifier le PLU pour y implanter une zone d'activités
économiques et/où résidentielles, sans infrastructure de transport dédiée, ne fera
que générer une congestion additionnelle insupportable pour les riverains et
contre-productive pour les entreprises et les nouveaux arrivants.
Notre
vision : L'intégration aéroportuaire et la multimodalité décarbonée
Tous les projets municipaux menés depuis 2012 ont été voués à
l’échec. Pour qu’un opérateur durable s’installe et que le projet de
reconversion de l'EAN réussisse, le site doit capitaliser sur sa force
principale : son intégration directe dans l'activité aéroportuaire et
technologique de l'aérodrome.
Pour résoudre l'équation de l'accessibilité sans asphyxier le
village de Toussus-le-Noble, et suite à notre participation à la commission
intercommunale sur l’avenir du territoire et ses mobilités, nous préconisons
une rupture technologique dans la mobilité locale :
·Le chaînon manquant de la mobilité :
Relier efficacement et de manière décarbonée le site de l'EAN et l'aérodrome
aux axes de transports structurants du plateau de Saclay (RER, future Ligne 18
du Grand Paris Express).
·La combinaison Urbanloop / Milla :
oUrbanloop : Pour assurer une liaison propre,
rapide, en site propre et sur rails légers, minimisant l'emprise au sol tout en
garantissant un débit constant et automatisé vers les pôles de transport.
oLes navettes autonomes Milla :
Pour offrir une granularité fine, assurant le transport du « dernier kilomètre
» à la demande pour les salariés, les usagers de l'aérodrome et les habitants
du village.
L'EAN,
futur laboratoire de la transition
L'OAP qui s'apprête à être rédigée ne doit pas être un simple
outil de contrainte d'urbanisme, mais le manifeste d'une ambition.
En alignant la reconversion de l'EAN avec les besoins logistiques
et technologiques de l'aviation de demain (décarbonation, maintenance de
pointe, drones, aviation d'affaires électrique) et en sécurisant ses accès par
une boucle de mobilité innovante (Urbanloop / Milla), Toussus-le-Noble deviendrait le symbole d'une capillaire aéronautique moderne, fluide et
respectueux de son environnement.
Depuis 2012 dans le concept Aeriapole, nous n'avons cessé d'apporter des propositions pour le développement de ce terrain, l'histoire de l'EAN et nos suggestions modifiées en fonction de l'évolution dans le temps.
S’entourer de compétences reconnues et élargir le dialogue : c'est
tout le sens de notre proposition pour connecter l'innovation du ciel à l'intelligence du sol.
En cette période de canicule et de vacances estivales, Aeriastory — dans le cadre du concept "Aeriapole", acteur ancré dans son territoire et son environnement —
prend un bol d'air en évoquant un espace aujourd'hui disparu : le centre nautique
et la zone de baignade des étangs de La Minière.
Il n'y avait pas que l'aérodrome de Guyancourt qui a disparu.
Bien avant de devenir un havre de paix prisé des
promeneurs, le site a marqué l'histoire de la région.
Pierre Curie écrivait
déjà à propos de ses promenades aux étangs :
"Oui, je me souviendrai toujours avec reconnaissance des bois de la Minière ! C’est, de
tous les coins que j’ai vus, celui que j’ai le plus aimé et où j’ai été le plus
heureux. Je partais souvent le soir, et je remontais la vallée, je revenais
avec vingt idées en tête"
Dans les années 1960, la vallée de la Bièvre présentait pourtant par endroits des
zones marécageuses entourées de broussailles impénétrables où pullulaient
moustiques et grenouilles. Contre les partisans d’une « forêt-cathédrale »
réservée à la seule production de bois, l’ingénieur des Eaux et Forêts Paul
Kerjean souhaitait ouvrir le massif forestier de
Versailles aux habitants de la région.
Pour réaménager la vallée, il profita du relief et de
la présence des anciens étangs pour remodeler le cours de la Bièvre.
Paris
était alors un vaste chantier : on y perçait le boulevard périphérique, les
autoroutes, les parkings et les sous-sols des grands ensembles. Paul Kerjean
eut l'idée brillante de mettre à disposition la vallée aux entrepreneurs de BTP
qui cherchaient des décharges pour leurs déblais.
Moyennant une redevance de
1,75 franc par mètre cube, des milliers de camions déversèrent près de 400 000 m3 de terre. Ces remblais servirent à consolider les digues et à aménager les
berges des étangs. Les premiers crédits d’État complétèrent ensuite le
financement, peu avant l’inauguration officielle en juin 1965.
"Scintillantes à travers les arbres,
une, deux, trois taches claires. Trois lacs", écrit un journaliste dans Paris Match (n° 1059 du 23 août
1969, dans un article intitulé « Comment est né "Paris-sur-plage"
»). Des voiles, des rameurs. Les
enfants jouent sur une immense plage de sable très blanc et très fin. Du vert
sombre des feuillages, au bord de l’eau, on entend les exclamations des pêcheur
Le vent apporte
la musique du manège. Une troupe de cavaliers passe… Cet endroit de rêve sous
la canicule est né de la passion, de l’obstination et de la ruse d’un ingénieur
des Eaux & Forêts."
Paris-Plage -Etang de la Minière- 1965-1975 Coll. Didier du Souich - Aeriastory
À
son apogée, la base de plein air et le centre nautique créés au milieu des
années 1960 accueillaient plus de 100 000 visiteurs par an. On y pratiquait la
voile, le pédalo, la pêche et la baignade, jusqu'à ce que cette dernière ne
soit définitivement interdite en 1975 pour des raisons de sécurité et de
qualité de l'eau.
Aujourd'hui, bien que les aménagements nautiques aient
disparu, les étangs de La Minière constituent un espace naturel protégé d'une
grande richesse, pour la variété de son avifaune
aquatique. Une invitation à la promenade.
Dans la suite du regard international, sur l'histoire du patrimoine aéronautique français, l'article de Viktor Horvàth dans la revue d'aéronautique hongroise "Aranysas"
Le conte des trois frères Farman
L'usine française était l'une des plus réputées de l'âge d'or de l'aviation. Elle a battu de nombreux records lors des compétitions de l'époque avec ses biplans. Presque tous ses modèles étaient d'excellente qualité : les accidents et les catastrophes typiques de cette période ont épargné ses pilotes. Pendant la Première Guerre mondiale, comme toutes les entreprises, elle a cherché à décrocher d'importantes commandes, mais la concurrence était alors féroce.
Quoi qu'il en soit, dans un premier temps, Farman était quasiment synonyme de reconnaissance, et s'est ensuite essayé à la production de bombardiers.
En
ce mois d’août, Aeriastory fête le premier anniversaire d'AeriastorIA. Une année riche en découvertes, en partages et en
rencontres passionnées autour de notre patrimoine commun.
L'exposition en décembre 2025 « Les Berceaux de l’aviation »,
organisée lors de la semaine culturelle « L'Envol sur un Air de Trappes », a parfaitement
illustré cette dynamique : prendre de la hauteur et mettre en lumière
l'histoire aéronautique locale. Pour notre équipe, cet événement a constitué un
formidable élan.
Des réalisations concrètes pour transmettre l'Histoire
Notre objectif est simple : rendre l'histoire de notre patrimoine aéronautique,
accessible à tous, notamment grâce à notre chaîne YouTube et à la rubrique « Frémissements d’ailes » :
·Port-Aviation :
Notre première vidéo (8 min) a posé les bases en racontant le destin de ce site
mythique.
·L'aérodrome de Guyancourt :
Un nouveau documentaire de 11 minutes vient de sortir pour vous immerger dans
ce lieu emblématique.
Un pont entre le passé et l'avenir de nos territoires
Avec le développement urbain et le renouvellement des populations,
le souvenir des pionniers du ciel s'estompe progressivement dans nos communes "Berceaux de l'aviation".
Si leurs noms bordent aujourd'hui des rues ou des places, leur histoire demeure
souvent méconnue des habitants.
Aeriastory souhaite être un partenaire privilégié pour ces collectivités et leurs
élus. Nous proposons aux municipalités des outils pédagogiques et
attractifs pour :
·Valoriser l'identité locale et enrichir le patrimoine
culturel commun.
·Créer du lien social en partageant cette histoire avec
les nouveaux arrivants.
·Concilier cadre de vie moderne et préservation de la mémoire.
Travaillons ensemble ! Nous voulons réconcilier les villes avec leur propre passé et sollicitons les municipalités à offrir à leurs habitants ce capital d'histoire commune.
Nous vous invitons à venir découvrir nos documentaires (Port-Aviation,
Guyancourt et bientôt Châteaufort !) sur YouTube et faisons vivre ensemble la
mémoire aéronautique du plateau de Saclay !